Tintin en Amérique

Histoire

Dans Tintin en Amérique (1932), le héros confirme sa vocation de redresseur de torts, en s'opposant au mafioso Al Capone, aux gangsters de Chicago et aux fripouilles de tout acabit. Déjà, Hergé témoigne d'une vision généreuse du monde, stigmatisant par exemple des Blancs envers les Indiens Peaux-Rouges. La renommée de Tintin s'étend au-delà de l'Atlantique. Si bien que lorsqu'il arrive à Chicago, en pleine prohibition, tous les bandits et malfaiteurs associés lui préparent une réception des moins confortables. Tintin devra user de tout son courage et de toute son intelligence pour survivre !

Une histoire de couvertures

Les débuts d'Hergé nous permettent de découvrir des "variations" au regard des couvertures des albums. Tintin en Amérique sort de presse en 1932. L'album naquit sous une première couverture dont l'illustration à l'encre de chine et gouache a été vendue aux enchères à prix d'or (voir chrono 2 page 110). Cette couverture était labellisée Les Aventures de Tintin, reporter du Petit Vingtième en Amérique.

En novembre 1937, l'album sortit une nouvelle couverture avec une petite image collée représentant Tintin à cheval. Le nom Casterman (qui figure déjà dans l'édition de 1935) y est aussi mentionné. Last but not least, la couverture que l'on connaît (pleine page) qui ornait déjà la dernière édition noir et blanc de Tintin en Amérique.

Du noir et blanc à la couleur

Tintin en Amérique figure parmi la série des neuf albums nés sous un ciel noir et blanc. Durant plus de dix ans de 1932 à 1942, l'album connaîtra 11 éditions. C'est aussi la dernière aventure publiée sous le drapeau du Petit Vingtième. Durant cette prériode, plus de cent cinquante mille albums Tintin noir et blanc ont été imprimés, reliés, diffusés et écoulés. En 1945 démarra la mise en couleurs, l'album se trouva alors remanié. Dans la nouvelle version parue en 1946, beaucoup d'améliorations au niveau de la narration des images furent apportées.

1e édition N&B de 1932 / 2e plat P3 / Page de titre de l'édition O.gé.O.
Édition de 1935 / édition de 1937 + 4 hors-texte couleur / édition de 1940
1e édition couleur de 1945 / 2e plat B1 de la 1e édition couleur / 10e édition couleur de 1957

Une influence littéraire et un souci de documentation

Pour scénariser Tintin en Amérique Hergé a été influencé par des lectures et notamment l'ouvrage de G. Duhamel Scènes de la vie future (1930) qui est une critique ouverte et virulente contre le mode de vie américaine, l'automatisation, le modernisme ahurissant, la taylorisme et la fabrication à la chaine, la banalisation.

Pour restituer la vie dans l'Amérique de l'époque, Hergé a aussi utilisé le magazine Crapouillot qui a été édité un numéro spécial consacré aux États-Unis.

Cinématographie

"Jamais le dessin d'Hergé n'a autant donné l'impression d'être directement influencé par le cinéma que dans les planches de Tintin en Amérique" (Chronologie d'une œuvre, Ph. Goddin, T2, page 87).

Hergé recourt à diverses techniques avec des effets de caméra faisant évoluer le cadrage (plan) au fil des vignettes. Cinématographique par excellence, l'ensemble extrait de la planche 76 (Chronologie d'une œuvre, Ph. Goddin, T2, page 83) ou la scène extraite de la planche 81 où le lecteur voit ce que Tintin ne voit : la main du bandit qui saisit une bouteille.

Du côté de Swift

"Les établissements Sliftsont une caricature à peine déguisée des authentiques usines Swift& Cie", établies à Chicago actives dans le domaine de la viande et qui excellaient déjà dans l'automatisation et l'organisation du travail à la chaine. "Les équipements d'abatage et de mise en conserve sont à ce point automatisés que certains n'hésitent pas à évoquer la fameuse machine qui, recevant un porc vivant par un bout, fournit des saucisses à l'autre bout ".

Chronologie d'une oeuvre - Philippe Goddin - T2 - page 105

Al Capone, l'ennemi public numéro 1

Al Capone est le seul méchant des Aventures de Tintin ayant réellement existé et intervenant sous son vrai nom. En fait Al Capone apparaît déjà dans les Aventures de Tintin au Congo dans un trafic de diamant. Cette deuxième aventure laisse clairement entendre que Chicago est la prochaine étape du reporter.

Chronologie d'une &

Ce nouveau terrain de jeu est aussi celui d'Al Capone et de sa bande qui règnent en maîtres sur des trafics de tout genre. C'est dans Le Crapouillot d'octobre 1930 consacré aux États-Unis que l'on peut découvrir une photo d'identité sur laquelle Alphonse « Scarface » Capone ressemble davantage à un ténor italien à succès qu'à l'ennemi public numéro 1.

Un autre méchant sans nom : Rastapopoulos

C'est l'intelligence au service du mal. Il accède au titre très envié de meilleur ennemi de Tintin. Il est plébiscité à chaque sondage pour le titre du plus méchant.

Il apparaît pour la première fois dans Tintin en Amérique même s'il n'est pas nommé lors de la réception donnée à l'honneur de Tintin. Roberto Rastapopoulos, un magnat de l'industrie cinématographique, figure parmi les invités, aux côtés de Pikefort alias l'explosive Mary Pickford.

L'album le plus vendu

Tintin en Amérique est le n°1 au hit parade de vente des titres de la collection des Aventures de Tintin. Il dépasse de peu Tintin au Congo et On a marché sur la Lune qui occupent respectivement la deuxième et troisième marche du podium.

Vos contributions (50) Contribuer
dahliableuemardi 15 août 2017 à 17:43
Curieusement, (planche 30) Hergé fait rouler ses convois (dont la locomotive de Tintin) sur la voie de gauche, alors qu'aux USA, le sens de circulation des trains est inverse : ils roulent à droite.
+1
tara093lundi 10 juillet 2017 à 20:53
super génial
Ben-oitdimanche 7 mai 2017 à 14:13
Bof...
nicnolmercredi 8 juin 2016 à 10:44
@jacquesherve : le "château médiéval" participe à cette dénonciation tous azimuts de "l'univers" et du "rêve" américains à laquelle procède Hergé tout au long de la partie "américaine" de l'album ... Car prenons définitivement acte que l'incursion "amérindienne", en un "folklore" apparemment "naïf" (qui, naguère encore, a servi "d'argument" à telle avocate canadienne pour en remettre une couche sur le prétendu "racisme" du GENIAL créateur du "petit Tintin" - voir mon commentaire du 18 mars 2015 -), est prétexte à aggraver cette dénonciation, les "Peaux Rouges" étant traités moins que du "matériel humain" (comme le sont les ouvriers des usines "Slift") : du "bétail" voué à être déporté manu militari (TEA, 29-III-2) sitôt que leurs" territoires de chasse" deviennent un Eldorado pétrolier de profit "privé" (TEA, p. 29-I et II)) ...

Dénonciation plus sévère encore que le bolchevisme des "Soviets" ... Le capitalisme sauvage, davantage abhorré, est , de fait, considéré comme plus néfaste que le communisme dans la mesure où, représentant la perte du qualitatif au profit du "quantitatif", ses "réussites", apparentes (on en sait quelque chose avec les crises à répétition "made in USA" - la dernière datant de 2008 ! -), vont concourir décisivement à séduire, après 1945, une Europe foudroyée par une guerre qui, au contraire, a permis aux Etats-Unis de se refaire une "Santé" après une crise économique mondiale partie de CHEZ EUX !!!

"Ici, tout est faux" assène Georges Duhamel dans "Scènes de la vie future" - 1930 - ... Scènes devenues plus que jamais REALITE à l'heure où, désormais vassalisée, "l'Europe" s'apprête à adopter le TTIP ... De même que, peu avant, le pseudo chevalier, prétexte à la publicité des "Conserves "Le Chevalier" (TEA, 49-III-3), le pseudo "château médiéval" symbolise dès lors mieux que jamais cet univers en carton pâte ... "Château" ... "Donjon" ... "Oubliettes" ... "souterrain" ... participent à une pseudo "reconstitution" du VRAI passé de ces vagues d'immigrants ayant fuit l'Europe ... Quant aux armures, épées, armes et écus médiévaux, meubles et bibelots emplissant le "château", ils illustrent le douteux commerce de richissimes étatsuniens devenus acquéreurs des trésors vénérables de la "Vieille Europe" (comme ils disent !), les liasses de "billets verts" servant "d'arguments" auprès d'Européens paupérisés (*) !!!

(*) Enid Blyton s'en est faite la sévère dénonciatrice dans "Le Club des Cinq et le coffre aux merveilles" ("Five on finniston farm" - 1960 -) ...
+2
jacqueshervelundi 6 juin 2016 à 09:56
Pardon : l'animal et non l'animateur qui n'est autre que le peu scrupuleux directeur Tom Hawake dont Milou est le premier à porter un jugement négatif. Notons que le chef n'est autre que celui qui procédait dans un château fort à un enlèvement d'animaux... sans doute pour servir d'ingrédients pour les usines Slift. Détail curieux : on est surpris de voir un château médiéval au pays de l'oncle Sam.
+2
jacqueshervelundi 6 juin 2016 à 09:50
@nicnol :

Concernant l'abattage des animaux et les têtes qu'on peut apercevoir : bien vu !!! Notons que Hergé n'a pas fait apparaître de bovins en train de meugler. Toutefois dans la vignette où apparaît un bovin sur le tapis roulant on peut supposer que l'animateur est en train de meugler vu son regard qui est plus neutre dans l'édition couleurs. Mais Hergé a masqué le gros clou ou burin par un phylactère et on ignore l'existence de vé procédé d'abattage qu'on devine après avoir lu la version en noir et blanc d'origine.

Notons que les Américains vont jusqu'à introduire la nourriture irradiée, ce qui est peu rassurant !
+1
nicnollundi 11 avril 2016 à 12:21
@jacquesherve : oui : un système de "roulement" actionnant un marteau frappant de son haut un burin "promu" à défoncer le crâne de chaque animal (TEA, 102-I-1 - Petit-vingtième n° 33 du 18 août 1932) !!! Notons qu'ensuite, sur la même page, en II-1, défilent des wagonnets suggérant à la vue des têtes de bœufs !!! Violence de l'abattage associée à la mécanisation de la mort et qui, non reproduite dans la version colorée finale, n'est alors malheureusement plus que ... "suggérée" ... Ne nous voilons cependant pas la face ... n'avons-nous pas tous, en notre enfance, été manipulés par les "mythes" innocents du "Far West", leur manichéisme (l'Indien est TOUJOURS le "méchant" face au "bon" pionnier" et à "l'héroïque" cavalier) ou frémi aux "exploits" de "Buffalo Bill", tristement célèbre massacreur de bisons ... ?

Ce macabre "défilement" de crânes est susceptible de fournir en guise de "suggestion", un élément de réponse à votre question touchant à la séparation des os ... Quant aux abats ... attendu que les usines "Slift" ne font pas dans la dentelle (c'est le MOINS que l'on puisse dire (*) !), considérons qu'ils sont mélangés à la viande supposée "saine" (corned-beef, saucisses, saindoux etc ...) et "proposés" à la "consommation" !!!

(*) un ouvrier en grève ne parle-t-il pas de chiens,de chats et de rats servant ... "à fabriquer le pâté de lièvre" (TEA, 54-II-2) ? Cette remarque, comme la grève et le motif ... "dérisoire" qui l'a déclenchée, associent étroitement l'homme à l'animal, identification promue par Tom Hawake, le directeur de "Slift" et, par-dessus lui, tramée par les patrons du trust de la viande, en col blanc immaculé et cravate rutilante, prodigues en dollars corrupteurs et plus infects que les "bandits de Chicago", objets premiers de la lutte de Tintin qui, eux au moins ont, si j'ose dire, "l'honnêteté" de leur malhonnêteté !!!

La visite de Tintin aux établissement "Slift" a manifestement été inspirée à Hergé par ses lectures du "Crapouillot" et notamment, dans le numéro d'octobre 1930, par l'article de Claude Blanchard intitulé "L'Amérique et les Américains" dénonçant férocement le mirage trompeur du "rêve américain" et décrivant Chicago comme "la capitale du crime où l'assassinat est accepté, dégusté comme un ragoût, servi tous les matins par les journaux" !!! Dans le même article, Claude Blanchard évoque sa visite aux abattoirs de Chicago et exprime sa peur rétrospective d'une chute dans la machine dévorante et sa transformation "en viande de boucherie et saigné par un boeuf" !!! Cette dénonciation du "rêve" sera reprise par Chaplin dans "Les Temps modernes" (1936) ...

86 ans plus tard, le "rêve américain", par delà ses fausses valeurs et sa bouffe frelatée (vouée à envahir l'Europe dans le cadre du traité transatlantique), offre plus que jamais le mortel spectacle de son féroce darwinisme social et retentit des détonations "libérées" par le deuxième amendement du "Bill of Rights" !!!
+2
jacqueshervelundi 4 avril 2016 à 11:31
Avez vous remarqué un détail lorsqu'un boeuf est sur le tapis roulant dans la version noir et blanc ? On a une nette idée de la façon dont on abat les bovins chez Slift.
+3
jacqueshervedimanche 15 novembre 2015 à 20:12
Notons que le fonctionnement de l 'usine Slift montrant un boeuf entrant pour être abattu pour finir en saucisses ou en corned beef est un peu absurde. Si le directeur Tom Awake explique que tout se fait automatiquement on se demande comment les machines peuvent séparer les os ou les abats.
+5
jacqueshervedimanche 15 novembre 2015 à 20:05
A noter que la couverture actuelle reprend un des hors textes de 1937 .
+4
jujusnqueensamedi 14 novembre 2015 à 19:30
Tintin est trop beau en cow boy !
julienfanahmardi 27 octobre 2015 à 17:37
C'est mon livre préféré.
+5
jacqueshervelundi 11 mai 2015 à 00:07
Notons que lorsque Tintin est arrêté pour avoir assommé par erreur un agent de police, le chef en apprenant que c'est lui le relâche, ce qui peut s'avérer naïf. On se demande comment peut-on relâcher - même s'il s'agit de Tintin dont on sait qu'il a déjà capturé des malfaiteurs - un homme qui a frappé un représentant de la loi ? Tintin n'aurait-il pas donné des explications aux policiers lors de son transfert ?
+3
jacqueshervelundi 11 mai 2015 à 00:03
On note en dehors d'Al Capone des personnages qu'on apprécie parmi les méchants. Je mettrai au premier rang Bobby Smiles en raison de son intelligence et de son allure de gentil puis le chef qui dirige Tom Awake qu'on voit au château où Milou a été enlevé avant de le voir avec une canne épée. Je déteste cependant le détective de l'Hôtel qui est incompétent.
+2
jacqueshervejeudi 7 mai 2015 à 20:52
Après "Tintin au Congo" et (pour d'autres raisons, "L'Etoile mystérieuse"), voici que "Tintin en Amérique" est à son tour victime de tentatives de censure !!! ===> Dans ces conditions pourquoi ne pas émettre des censures concernant certains albums d'Astérix comme la façon de parler du pirate Baba ou la nationalité du messager qui sert de communication dans les bureaux de Coquelus dans Le Bouclier Arverne ! L'album Tintin en Amérique est poignant de vérité !
+2
nicnolmercredi 18 mars 2015 à 10:11
Après "Tintin au Congo" et (pour d'autres raisons, "L'Etoile mystérieuse"), voici que "Tintin en Amérique" est à son tour victime de tentatives de censure !!! Dans un article du "Huffington Post" (journal canadien d'information gratuit édité exclusivement sur Internet), "info" reprise dans "Le Figaro" et "Libération", nous apprenons que l'album a été retiré temporairement des rayons d'une librairie de la chaîne "Chapter's" à Winnipeg avant que d'être remis en vente, la direction assurant qu'un livre n'est retiré de la vente que s'il incite à la violence, contient de la pédophilie ou présente des instructions sur la fabrication d'armes ...

Le motif ... ? Cet album "dégage une vision péjorative des Autochtones qui sont appelés 'peaux rouges' par Hergé", selon Radio Canada, lundi 16 mars sur son site !!! Et, aux dires d'une Winnipégoise, Leslie Spilet, avocate des "plaignants, il "alimente les stéréotypes. Les Indiens sont présentés comme des êtres sauvages et dangereux, des êtres que l’on doit craindre" tandis que "le petit Tintin qui est là, sans défense" ... "fait écho au racisme que nous subissons ici".

Motifs, allégations IMBECILES !!! Si l'on peut reprocher au Hergé de l'époque les limites et l'objectivité toute relative de sa documentation (l'épisode des Indiens - TEA, p. 16 à 29 - a été inspiré de la partie intitulée "Chez les Peaux-Rouges du Nouveau Mexique" du numéro du très anti conformiste "Crapouillot" d'octobre 1930, dû à Claude Blanchard), comment ne pas NIER à nouveau le prétendu "racisme" d'Hergé ... quelle que puisse être la faiblesse du scénario présentant les "Pieds-Noirs" (et en tout premier lieu leur "Sachem", la "Taupe au regard perçant") d'une naïveté telle qu'ils sont les dupes des allégations mensongères de Bobby Smiles à l'égard du "jeune guerrier blanc" au "coeur plein de haine" et à la "langue fourchue" venu "dépouiller la noble tribu des Pieds-Noirs de ses territoires de chasse. J'ai dit ! ..." (TEA, 19-III-1) !!!
Est-ce vraiment de la faiblesse, d'ailleurs ? Cette manière de faire du scénariste Hergé ne concourt-elle pas précisément à la préparation du contraste saisissant entre Tintin et les VRAIS "méchants blancs" ... ces businesmen qui, de fait, vont dépouiller les Pieds Noirs ?!!! ET leur condamnation ...

La VRAIE richesse de "Tintin en Amérique" réside dans la dénonciation, d'un humour féroce, du capitalisme sauvage étatsunien montré comme plus néfaste encore que le socialisme précisément dans la mesure où, corrompant le qualitatif, il exalte le règne du quantitatif d'où sortira la "société de consommation" !!! Et, le moins que l'on puisse dire est qu'il existe bien peu de différence entre les gangsters "de Chicago" et les "chevaliers d'industrie", TOUS des BLANCS, utilisant les mêmes méthodes d'argent (les dollars pleuvent autour de Tintin !) et de violence !!! Ils sont même encore plus IGNOBLES, mettant la "légalité" de leur côté !!! On le voit dans la chute, d'un réalisme cru, de "l'épisode indien", quand les "Pieds-Noirs" sont chassés manu militari de leurs "territoires de chasse" par un businessman étatsunien, propriétaire de la "Petroleum & Cactus Bank Cy LMTD" (TEA, 29-IV-1) avec, pour tout dédommagement ... 25 $ (lors que "le petit Tintin" s'en est vu proposer jusqu'à 100.000 ... assurément parce que ces "chevaliers d'industrie" prennent "naturellement" ce "old boy" pour un des leurs) !!!

Moeurs "libérales" qui n'étaient que trop en usage dans le "pays de la Liberté" !!! Car là se trouve dénoncée par le "raciste" Hergé (qui n' a pas attendu une Leslie Spilet - ni surtout eu besoin de "moralisateurs" de son acabit - pour le faire) la "différence" entre "Autochtones" amérindiens et les "Américains" ... de même que l'inhumanité de cette vie frénétique, agressant les valeurs traditionnelles de la "vieille Europe" (ce que traduit l'érection de cette ville "moderne", surgie de terre en UN jour, sur les anciens "territoires de chasse" des Pieds Noirs - TEA, 29-III et IV - où "le petit Tintin", faisant figure "d'hurluberlu" avec son "travesti" du "Far-West" - TEA, 29-IV-2 -, n'a désormais plus sa place) !!! Humour hergéen qui VOIT loin et dont la "leçon" est pleinement confirmée ... de nos jours, en la mondialisation sauvage "made in USA", entendant traiter les populations du Monde d'une manière PIRE encore que, jadis, les "Peaux-Rouges" ... parqués dans des "réserves" offrant des analogies inavouables (et inavouées !) avec des "camps de concentration" ...

Profondément remanié en 1945, toute trace de "mixité raciale" fut en outre éliminée de l'album à la demande de l'éditeur avant sa publication aux Etats-Unis en 1973 !!! C'est cette dernière version qui est désormais disponible sur le marché ... et qui ne suffit cependant toujours pas à dédouaner, par delà la mort, un des plus GRANDS artistes du XXème siècle, d'accusations INEPTES !!! Car le "racisme" dénoncé par Mme Spilet est consubstantiel au "Système" étatsuno-anglo-saxon dénoncé par Hergé et qui ne pouvait manquer de polluer le Canada ayant épousé les mêmes ANTI "valeurs" ... C'est à l'essence même des structures de son pays qu'elle DEVRAIT s'en prendre et non à un homme de GÉNIE entré dans l’Éternité de l'Art !!!
+3
antony001lundi 2 mars 2015 à 18:20
La course poursuite en train est cool mais ca se serait passer tout autrement si on se saurait pas aperçu que tintin a pris la locomotive ... le détective de Chicago est cool aussi ......
+3
nicnolmardi 30 décembre 2014 à 14:36
Pour comprendre et goûter comme il le mérite "Tintin en Amérique", il convient de savoir et/ou de mesurer que, dans la conception primitive de l'album (et que respectera en grande partie la version colorée finale), outre George Duhamel ("Scènes de la vie future" - 1930 -) ou Josef von Sternberg ("Les Nuits de Chicago" - 1927 -) Hergé, qui n'avait pas encore visité les Etats-Unis, s'est documenté dans "Le Crapouillot", ce magazine anti conformiste de l'entre-deux-guerres dont il était un lecteur assidu, dénonçant les "bluffs" de la Première guerre mondiale et mettant au jour le fonctionnement réel des gouvernements et l'influence des puissances d'argent sur le monde politique, ouvert à des journalistes et pamphlétaires "de droite" ou "de gauche" !!! En somme, une anticipation de ce qu'est, pour nous, "Médiapart" ... en incomparablement plus SAVANT, cependant, tant le fond, la forme et le style de ces articles témoignaient de la maîtrise de la langue française par leurs auteurs et de leur érudition !!!

L'article de Claude Blanchard ("L'Amérique et les Américains") du numéro du "Crapouillot" d'octobre 1930 inspire tout particulièrement la peinture de Chicago, "la capitale du crime où l'assassinat est accepté, dégusté comme un ragoût, servi tous les matins par les journaux" (p. 31 du numéro) qu'illustre d'emblée, de manière saisissante, le garde-à-vous du policier (et le salut respectueux du bourgeois ... non repris dans la version finale - TEA, 1-I-1 -) devant le bandit masqué au revolver encore fumant. Outre le personnage historique d'Al Capone, très peu exploité cependant (inculpé pour fraude fiscale le 05 juin 1931, il est condamné le 24 octobre 1931, soit au moment où commence l'histoire), Hergé s'inspire du gangster, lui aussi réel, de George Bugs Morau, pour créer son "Bobby Smiles", rival d'Al Capone, auquel est consacré un tiers de l'intrigue. qui s'élargit à la réunion du pseudo "Comité Central d'Aide et de Secours aux Gangsters Nécessiteux" groupant, en un "front uni" contre le "trouble-fête Tintin", une anti "Assemblée" de bandits aux mines plus patibulaires les unes que les autres (TEA, 57-II-1) !!!

A Claude Blanchard, Hergé emprunte entre autres l'idée de fusillade d'un immeuble à l'autre (TEA, 14-III-2 et 3), la peinture très "couleur locale" des Indiens (inspirée de la partie "Chez les Peaux-Rouges du Nouveau Mexique"), les voitures blindées et autres enseignes publicitaires (dont celle des "Conserves Le Chevalier" ou de "Coca Cola" ... au milieu d'un cimetière de voitures accidentées - TEA, 49-III-3 et IV-1 -), les lynchages, l'anecdote de l'alcool frelaté ou celle des abattoirs de Chicago où l'on débite n'importe quoi comme viande à la consommation (qu'évoque la grève pour cause de baisse des prix du rachat "des chiens, des chats et des rats qui servaient à fabriquer le pâté de lièvre" - TEA, 54-II-2 - sauvant la vie à Tintin et Milou promis par Tom Hawake, complice du chef de la bande de "l'Enlèvement S.A." (TEA, p. 50 à 56), à être réduits en "corned-beef" - TEA, 53-IV-2 et 3 et 54-I-2 - et les annonces de maints chiens et chats "disparus" ironiquement affichées à l'entrée des usines "Slift"- TEA, 56-IV-2 - ...) !!!

Vision très pessimiste de l'Amérique donc, conforme à celles de Georges Duhamel (dont le prophétique et implacable réquisitoire dénonce une Amérique déjà "vieille" et sans "maturation réelle") et de Claude Blanchard (ce dernier confessant à quel point il a été agressé dans ses propres valeurs par cet univers, combien aussi cette vie frénétique lui a semblé inhumaine) et que l'Europe (les masses de citoyens ... non les politiciens de l'UE) est à même de conscientiser ... après avoir vécu depuis 1945 dans "l'illusion" du "mythe" étatsunien et du "rêve américain" (incarnés "au mieux" par J.F. Kennedy, président très surfait qui a dû son élection notamment à l'intervention occulte de Sam Giancana, tueur de la pire espèce et parrain de la mafia de Chicago, puis par Bill Clinton, aux frasques sexuelles et faux serments télévisés déshonorant sa Présidence, et le triste Obama,) ... jusqu'au réveil sonné par Georges "W" Bush ET ledit Obama, Prix Nobel de la "Paix" le plus belliqueux de toute l'Histoire du "Nobel" ...

De cette condamnation pourfendant le prétendu "pays de la Liberté" et des "droits de l'Homme" et que renforce un humour grinçant (sans autre forme de procès, on pend "sept nègres" ou on en lynche 44 - TEA, 34-II-2 et 46-II-3 -), je ne retiens guère, en fait de comique, que les intermèdes burlesques, désopilants au possible, des deux policiers yankees pourchassant Tintin et se cognant l'un dans l'autre (TEA, 8-III-2) ... annonce d'un pareil choc des Dupondt dans l'Île Noire (IN, 6-II,2), du Sheriff ivrogne écoutant, béat, les "infos" distillées par la radio avant que, se proposant "d'arrêter l'innocence d'un pendu ... hic ... non ... la pendaison d'un innocent ..." (celle de Tintin) - TEA, 36-IV-1 -, s'en aller s'effondrer, complètement saoul, sous l'affiche promettant une répression de l'ivresse publique d'une "sévérité implacable" (TEA, 36-IV-3). Aussi, celui des deux pionniers, Slim et Bill, multipliant les épithètes catastrophistes (TEA, p. 31 à 33), de cette militante de la "Société Protectrice des Animaux" à laquelle Tintin doit de ne pas périr, écrasé par un train (TEA, p. 41), du "détective Mike Mac Adam", préposé à la recherche de Milou enlevé (TEA, p. 45, 46 et 58), dont la suffisance et la vantardise, s'égalant à l'incompétence, anticipe là aussi, celles des Dupondt ou encore (participant cependant à cette dénonciation d'une Amérique de carton pâte ou dérobant à l'Europe son passé - ainsi du "château médiéval", siège de "L'Enlèvement SA" -), "l'exhibition" de "l'homme le plus fort du monde : Monsieur Bolivar (Hippolyte)" (TEA, 60-I et II) !!!
+3
omri guezmardi 16 décembre 2014 à 13:00
Top 5
sirvenosamedi 26 juillet 2014 à 11:38
Le grand paradoxe de "Tintin en Amérique" : le plus vendu et pourtant le moins bon.
+1
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