La Saga de Tintin (et Hergé) aux Amériques !

Dossier ~ mercredi 28 décembre 2011 ~ 5 commentaires
Illustration de Tintin et Milou dans Central Park

Presque 80 ans déjà ! Tintin fait sa joyeuse entrée dans les salles de cinéma américaines. Quelque 80 ans plus tard, Tintin revient en Amérique. Faisons un petit retour en arrière pour mieux connaître les liens entre Tintin et le Nouveau monde.

1932 :

C'est en 1932 que Tintin en Amérique sort de presse. L'album naquit sous une première couverture dont l'illustration à l'encre de chine et gouache a d'ailleurs été vendue aux enchères à prix d'or. Tintin en Amérique N°1 des ventes, une couverture qui vaut de l'or ! Au palmarès des albums les plus vendus depuis la création de la Série des Aventures de Tintin, Tintin en Amérique a la palme.

Petit Vingtième de 1932

1926-27 : American dream - Daily Comics et Hollywood

Dans les bureaux du journal Le Vingtième Siècle, alors qu'il faisait ses débuts de dessinateur pour le supplément illustré pour enfants, Hergé découvrait les comics américains (notamment Bringing up Father par Geo Mac Manus) dans des journaux mexicains. Les Daily comics vont influencer son travail notamment par l'utilisation des phylactères. Le cinéma d'Hollywood ne le laisse pas indifférent, au point qu'il a créé ses premières histoires comme un producteur de studios américains en signant même Hergé moving pictures. Quand l'envie est trop forte, la tentation dépasse la fiction et peut devenir réalité...

Illustration de United Rovers Totor

1948 : Le grand écran - Walt Disney Productions

En 1939, un journaliste demande à Hergé pourquoi il ne se met pas au dessin animé. « C'est la question que l'on me pose tout le temps», répond-il. Cette question ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd et dès 1946, Tintin et Milou seront pour la première fois sur grand écran dans Le Crabe aux pinces d'or (film version poupées). Avec Le Crabe aux pinces d'or, Tintin s'anime pour la première fois. Incarné par une poupée comme les autres personnages, sa voix est fluette et ses mouvements maladroits, mais le film, image par image, respecte scrupuleusement, planche après planche, le contenu de l'album. L'initiative est risquée et s'avèrera un gouffre économique pour le producteur, mais sera toutefois porteuse d'un message pour le dessinateur. Déterminé, Hergé écrit une lettre à Walt Disney pour lui demander de réaliser un dessin animé à partir de ses aventures.

Illustration de Tintin avec Mickey

Malheureusement, le père de Tintin va recevoir ses albums en retour; avec un refus justifié par le fait que le programme de production est bouclé pour les quatre prochaines années. Si Hergé a très vite compris la force des images sur grand écran, Tintin ne pourra pas réaliser son American dream. Le rêve américain va vite déchanter.

1959 : Le petit écran  -  Larry Harmon Pictures Corporation

Chassez-le du grand écran, il reviendra sur le petit! Comme son héros, Hergé est tenace et cette fois, avec l'aide de Raymond Leblanc et de sa société Belvision, le destin américain de Tintin passera entre les mains de professionnels de l'animation. Les Studios Hergé reçoivent la visite de Larry Harmon, President of Larry Harmon Pictures Corporation, et de Charlie Shows, scénariste aux célèbres studios Hanna-Barbera. Ils sont célèbres pour avoir respectivement joué, scénarisé ou produit Laurel et Hardy et Tom et Jerry. Bis repetita, le père de Tintin découvre rapidement le fossé entre les deux cultures ! Certes, Tintin est un héros polyvalent, mais de là à le métamorphoser en super-héros, il y a un pas difficile à franchir...

Larry Harmon

1959-1960 : Golden Press publie Tintin

Ne soulève pas un poids trop lourd pour toi (Le livre du Siracide) peut-on lire dans la Bible ! Après l'échec du celluloïd, Hergé se rabat sur le papier pour conquérir l'Amérique et tenter de séduire le public américain ! L'initiative vient d'un français, George Duplaix, qui correspond avec Pierre Servais, représentant de l'éditeur Casterman. Duplaix propose de publier Les Aventures de Tintin via une société dénommée Golden Press. Cette société est spécialisée dans les ouvrages pour la jeunesse. L'idée est de publier successivement les différents albums selon l'ordre de parution établi par Methuen pour le marché anglais. Pour l'occasion, une nouvelle traduction est mise en chantier et Golden Press se réserve le droit de choisir d'autres noms pour les personnages. Toutefois, il n'est pas question de changer la traduction de ceux des protagonistes, sauf pour Milou qui est censé s'appeler «Buddy». Buddy ne verra jamais le jour et Snowy sera immortalisé.

En 1959, quatre aventures  -  Le Sceptre d'Ottokar, Le Crabe aux pinces d'or, Le Secret de La Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge  -  sont publiées pour la période de Noël. Les ventes sont loin des attentes, seulement 8000 copies vendues environ par titre ! Golden Press ne désespère pas et mise sur la parution de deux nouveaux titres  -  Objectif Lune et On a marché sur la Lune  -  pour inverser la tendance ! Pourtant, il n'en fut rien. Tintin ne décrocha pas la lune et Golden Press dut se résigner à renoncer à publier Tintin aux USA. Le mystère demeure quant à la raison exactede cet échec ! Plusieurs facteurs sont évoqués pour expliquer cette contre-performance. D'abord, le prix élevé de l'album y est peut-être pour quelque chose ! Ensuite, Golden Press a manquéd'une vision à long terme pour Tintin et peut être sous-estimé la nécessité de mettre en place un marketing adapté.

Pour l'anecdote, les albums de Golden Press étaient vendus en deux formats : un format cartonné laminé et un autre toilé couverture rigide «Goldencraft» édité pour bibliothèques publiques américaines. Ces éditions furent également les premières dont le dos fut imprimé. Les éditions Golden Press sont très recherchées en raison de leur faible tirage et du nombre limité de titres publiés. Elles étaient imprimées aux US par des presses américaines du Wisconsin. Autre curiosité de cette première édition américaine est le sort qu'on y réserve au capitaine Haddock. Pour satisfaire le marché américain, le penchant d' Haddock pour la boisson a été quelque peu édulcoré dans les pages des albums pour de ne pas choquer le public américain. Dans Le Crabe aux pinces d'or, on peut également observer qu'un personnage natif d'Afrique noire a été remplacé par un portoricain.

1966-1979 : Children's digest

Le magazine Children Digest est publié la première fois en 1950. A l'instar du Reader Digest, ce magazine petit format propose un condensé d'histoires illustrées, d'articles et de bandes dessinées ainsi que des activités ludiques pour enfants publiés de par le monde. De 1966 à 1979, ce magazine publie chaque mois Les Aventures de Tintin. Son large tirage, +/- 700.000 exemplaires, contribue assurément à la notoriété de Tintin Outre-Atlantique.

1971 : Hergé aux US

En 1971, Hergé décide de se faire son petit tour d'Amérique. Il passe par Chicago là où quarante ans plus tôt, Tintin avait combattu Al Capone et les syndicats du crime. Il poursuit son voyage en passant par Los Angeles, Las Vegas, Kansas City, Washington et New York. Lors de ce voyage, Hergé ne manqua de s'arrêter dans la réserve indienne des Sioux Ogalallas, à Pine Ridge. Il voulut voir de ses propres yeux ces indiens qu'il avait mis en scène dans Tintin en Amérique.

Hergé à New-York - Copyright G Durand - Coll Le Lombard

1972 : Hergé de retour à NY

Hergé s'envole pour New York. Il s'agit d'un voyage d'abord d'un voyage d'affaires. Hergé se rend au 1er Congrès International de la Bande Dessinée qui se tient du 22 avril au 1er mai 1972. Lors d'une réception au City Hall, Hergé dédie une planche originale au maire de New York, John Lindsay. Sur cette planche, nous pouvons lire Tintin visiting (ting) New York. Dans la même foulée, Hergé produira aussi un autre dessin deTintin et Milou déambulant dans Central Park.Hergé rencontre une première fois Andy Warhol dont il admire le travail. Hergé a le soin de combiner affaires et plaisirs et s'en va visiter Disneyworld. Il fait ensuite une large boucle qui le mène aux Bahamas et le ramène à Toronto et Montréal pour affaires cette fois.

Illustration réalisée à l'occasion du voyage d'Hergé à New York

1974-present day : Little Brown

Quinze ans après la parution du premier titre chez Golden Press, l'éditeur américain Atlantic Little Brown réussira là où Golden press avait échoué, et ce grâce, essentiellement, à la parution des aventures de Tintin dans le Children's Digest, qui popularisa le héros belge. Malgré une tentative de Golden Press de revenir à la charge, le destin de Tintin aux US est maintenant dans les mains de l'éditeur Little Brown. Celui-ci signe avec Casterman au début des années 70 et commence à publier les Aventures de Tintin en 1974. Tintin reste encore peu connu en Amérique du Nord : il ne s'y est vendu au total que 5 millions d'albums en cinquante ans, alors que, dans le monde, les 24 albums d'Hergé totalisent chaque année 1 million d'exemplaires vendus» (source : Les Echos, Anne Feitz).

1982/83 : un rendez-vous manqué, un projet avorté

A la fin de l'année 1982, Alain Baran, alors secrétaire particulier d'Hergé est contacté par Pierre Servais, chargé des relations internationales de «Tintin» chez Casterman. L'impensable deviendrait possible! En outre l'impensable n'est pas n'importe qui! Steven Spielberg, himself, souhaiterait adapter Tintin au cinéma, dixit Kathleen Kennedy, productrice associée à de nombreuses productions de Steven Spielberg. Ce dernier a découvert Tintin grâce à Melissa Mathison, scénariste, entre autres, de E.T. L'extraterrestre.

Alain Baran

Hergé, bien que malade, est heureux de cette nouvelle. Une délégation belgo belge se rend, sans Hergé, à Los Angeles en janvier 1983. Dominique Maricq raconte dans son ouvrage Tintin à l'écran, cette saga hollywoodienne et très people où les noms hypothétiques de Sean Connery, de Jack Nicholson, Henry Thomas et Christophe Lambert sont avancés pour le casting de ce film live !

Tintin à l'écran par Dominique Maricq

Comme dans tout bon scénario américain, il y eut un dénouement imprévisible, tragique et triste. Steven Spielberg qui s'apprêtait à rencontrer Hergé, apprit son décès le 3 mars 1983. The show must go on et Steven Spielberg se rendit toutefois à Bruxelles pour une visite de travail et découvrit à l'occasion les crayonnés du maître de la BD belge. S'ensuivit alors la signature d'un volumineux contrat d'option pour une période définie contre rémunération. Au cours de la période considérée, le producteur avait une exclusivité pour adapter l'œuvre au cinéma, écrire le scénario et étudier la faisabilité du projet cinématographique. «Alors que l'option arrivait à son terme, Steven Spielberg renoncera en estimant que son adaptation n'était pas à la hauteur de l'œuvre d'Hergé !». (Dominique Maricq, op.cit, p. 56)

1991 : une nouvelle génération de «lecteurs»

Tintin revient sur les écrans au début des années 1990, sous l'impulsion d'une ambitieuse coproduction franco-canadienne. Les Aventures de Tintin font l'objet d'une série télévisée d'animation (18 X 45' et 3 X 24'). L'ambition est à la mesure du budget : 100 millions de francs (1€=6.55957FF) soit 15.244.901,72 euros. La série est diffusée mondialement en général sous la forme de 39 épisodes de 24 minutes. A l'instar du Children's Digest, la diffusion de la série sur les networks américains (HBO, The Family Channel, Nickelodeon, Cartoon Network) va aussi contribuer à la notoriété de Tintin Outre-Atlantique. Les petits américains goutent aux charmes des Aventures de Tintin. Merci la TV.

2002 : Le Scoop

La Libre Belgique, citant l'Agence Belga, a en effet annoncé qu'un accord de principe avait été signé entre Moulinsart, DreamWorks, la société de production de Steven Spielberg, et Universal Pictures.

Steven Spielberg et Peter jackson

C'est Peter Horemans, directeur général de Moulinsart, qui a donné cette information, ajoutant que cette super-production serait «dans la veine d'Harry Potter», ce qui signifie sans doute qu'elle coûtera beaucoup d'argent. A cette époque, il était question d'un film live et non d'un film basé sur la technique d'images de synthèse ou CGI (Computer generated Images).

2007 : partition à quatre mains dans une nouvelle dimension

L'union fait la force ! Tout belge digne de ce nom connaît cette devise. Pour la première fois dans sa carrière, Steven Spielberg s'apparie pour réaliser un film. Un film qui devrait se décliner selon le principe d'une trilogie ! Qui en est la cause ? Notre cher Milou ! Cherchant à animer le compagnon de Tintin pour les besoins du film live, Steven Spielberg se tourne vers Peter Jackson et son studio Weta Digital : le réalisateur et producteur américain découvre alors les bienfaits des techniques des images de synthèse et de la captation des mouvements (motion capture). Le film live devient un film en relief 3D, avec des images de synthèse recourant à la technologie de la captation de mouvements !

2011 : Steven Spielberg will be back !

Comme dans les bons films hollywoodiens, le héros ne renonce jamais et cette fois, son jusqu'au-boutisme sera honoré ! Steven Spielberg reçoit l'insigne de Commandeur de l'Ordre de la Couronne le 22 octobre 2011 lors de la première mondiale des Aventures de Tintin, Le Secret de La Licorne à Bruxelles, soit presque 10 ans après la signature du nouveau contrat et 30 ans après la première option.

A qui sait attendre, le temps semble ouvrir ses portes... Cette fois les salles de cinéma sont grandes ouvertes et Tintin est à l'affiche !

9 décembre 2011 :

Tintin pose le pied en Amérique du Nord ! Il s'agit d'une grande semaine pour notre reporter qui s'en retourne au pays des cow boys. Tintin en Amérique... sur le grand écran ! Après la déconvenue de 1948, avec Walt Disney qui en refusant aimablement l'adaptation des Aventures de Tintin, ruinait les espoirs hollywoodiens d'Hergé, le fils va-t-il "venger" le père et faire une joyeuse entrée aux Etats-Unis. Après Montréal, Tintin goûte finalement aux joies du tapis rouge à New York le 9 décembre 2011.

Tintin au cinéma à NY

21 décembre 2011 :

Le film Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne de Steven Spielberg a réalisé 2,3 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis mercredi, au premier jour de son lancement, (source : boxofficemojo). Il s'agit d'un départ plutôt en douceur qui le place «cinquième des entrées pour son premier jour. Il est distancé par d'autres grosses sorties (Mission impossible..., The Girl with the Dragon Tattoo (Millenuim), Sherlock Holmes 2 et Alvin and the Chipmunks 3)» source : www.drjones.fr

Vos contributions (5) Contribuer
minakisamedi 24 mars 2012 à 10:07
super !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
niconimdimanche 1 janvier 2012 à 23:33
Je préfère la série "Jo,Zette et Jocko" à Tintin en Amérique. La conquête de l'Ouest américain n'a guère réussi à Hergé ,malgré de gros efforts de presses et de gros contrats.
Au pays de l'oncle Sam, on préfère plutôt la guerre sur bande magnétique.
Même,le film récent,cousu sur mesure par un as du genre,n'a pas fait recette.
A noter sa visite à New York,sa rencontre avec Andy Warhol et son passage à Disneyworld.
Pour ma part,je préfère les dessins animés de Belvision qui sont plus en phase avec le monde d'Hergé.
Un long article pénible à lire.
Niconim.
+1
patofvendredi 30 décembre 2011 à 17:37
Comme j'ai déjà expliquer dans une autre contribution, Tintin en Amérique sera un succès plus que mitigé car la mentalité américaine ( lire anglo-saxonne ) ne s'intéresse pas`à un héros qui n'est pas des leurs.. De plus , Spielberg a sorti 2 films en Amérique, le deuxième sera un succès puisqu'il décrit un récit de guerre et qui dit guerre ,dis succès aux USA. Pour la suite. on aura dans plusieurs lunes ..... Spielberg croyais faire les frais de son film avec les recettes européennes et ce fut choux blanc.. Si Hergé avait été américain, le succès serais présent, foi de québécois.
+1
bouzouksvendredi 30 décembre 2011 à 17:31
En terminant l'article ci-dessus, l'on remarque Tintin et Milou en compagnie de Mickey...
Cela me fait penser au nouveau film "la Couleur des Seintiments" et à un article du MAD, de Daniel Couvreur, à ce sujet "à toutes les nounous de la terre" est-il intitulé.

Je cite un extrait, amusant et... révélateur :
"Au début du XXème, la famille Disney habite le Missouri et le jeune Walt s'accroche aux jupes de sa nounou (noire de peau) comme à une bonne étoile.
Les jours de déprime, quand le moral est bas, la nounou chante :
"Pourquoi cette petite souris des champs, le dimanche matin mets-tu tes chaussettes ? Pourquoi petite souris des champs, mets-tu des gants blancs ?"
W. Disney se souviendra de cette comptine au moment de créer Mickey Mouse qui fera sa gloire et sa réussite. Il confiera sa destinée à la petite souris de sa nounou, avec des chaussures, des gants blancs..."

Vous la connaissiez vous, cette histoire digne d'un conte de fée ?

"A toutes les nounous de la terre : merci ! Les enfants du monde vous embrassent sous le gui."
+2
bouzouksvendredi 30 décembre 2011 à 11:48
"bad news from the States"...

"Confirmation, après notre article de ce mardi, "Les Aventures-La Licorne" termine sa 1ère semaine d'exploitation avec un chiffre médiocre : 17,7 millions de dollars, qui le place en 5ème position des films proposés aux USA" (source 24 hrs en 1 coup d'oeil - Soir 30/12/11)
C'est pas le style de la maison Spielberg, ce genre de contre-performance... mais il est vrai que les ricains ne connaissaient pas Tingting et que pour beaucoup d'entre eux, il "manque d'action", et pourtant, il en avait remis une sacrée couche pour la finale, l'ami Steven...
Y aura-t-il une suite ? (j'ai lu quelque part qu'il était question de l'Etoile) : un mystère, quoi.
Qui pourrait fonctionner, après tout en... 2012 (mdr) !
+3
Choisissez un pseudo
Entrez votre email
Entrez un mot de passe
Choisissez un pseudo entre 5 et 12 caratères.
Valider mon inscription
Dans quelques secondes vous allez recevoir un email de confirmation.
 
Vous pouvez dès à présent vous connecter avec vos identifiants.

OK