Le Crabe aux pinces d'or

Pierre Fresnault-Deruelle est professeur d'Histoire de l'art à l'Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Il est l'auteur de l'ouvrage "Hergé, la profondeur des images plates" publié par les Éditions Moulinsart.

"Le Crabe aux pinces d'or "page 15 B4

1re action : Tintin entre par le hublot dans la cabine du capitaine. Il vient de la nuit "matricielle" où gronde la mer(e) et pénètre dans la lumière.

2e action : Le poursuiveur (le héros) et le poursuivi (le malfaiteur) sont réunis dans la même case...

3e action : Son visage est rond et lisse comme toujours, et - la situation le veut - ses traits, plus que jamais, sont poupins....

4e action : ".... la main crispée sur son litron, Haddock n’est encore qu’une brute imbibée d’alcool que le jeune homme – patient et compatissant – prendra en charge, inversant les rôles.

5e action : La surprise, magnifiée par le fait que le héros domine le méchant (la surprise est une "sur-prise").

6e action : "Le jeune reporter, ensuite, qui n’a pas encore pris la mesure de la nouvelle situation dans laquelle il est déjà partie prenante. Milou, enfin qui sur les épaules de son maître, ne fait que redupliquer la surprise de Tintin. Effarement donc.

Vos contributions (32) Contribuer
sergelouzsamedi 18 février 2017 à 14:02
I
jacqueshervelundi 13 février 2017 à 14:56
Jus de réglisse ! dit le capitaine Haddock. On est loin de penser que ce nom en flamand ou marolien sera donné à un Émir !
jacqueshervelundi 13 février 2017 à 14:52
Concernant le terme Roumi n'y aurait il pas une allusion aux Romains ? Quant aux propos émis par le Sheik Patrash Pacha on peut comprendre son comportement et son soulèvement contre une société moderne ou de consommation ( on note une similitude avec Ridgewell concernant sa position face à ce type de société ). Sa passion pour les aventures du jeune reporter contribuera à renoncer à se venger. Cependant je reprocherai son absence dans Coke en stock aux côtés de l'émir Ben Kalish Ezab.
nicnolmercredi 7 décembre 2016 à 16:36
Revenant sur l'éternel et récurrent "débat" relatif au prétendu "racisme" de Hergé et ayant désolément obligé celui-ci à s'auto censurer en supprimant de savoureuses "insultes" du capitaine Haddock (voir mes commentaires précédents), il y a lieu de constater qu'il est UNE insulte, cette fois à charge des Arabes et des Maghrébins, dont la présence n'a jamais été supprimée par Hergé non plus qu'elle n'a suscité la moindre indignation de ses contempteurs, que ceux-ci soient issus de l'immigration africano-maghrébine ou relèvent des "bonnes consciences" autochtones si aisément effarouchées et pratiquant en "virtuoses" un manichéisme à "géométrie variable" !!! Il s'agit du vocable "roumi" par lequel les Européens sont désignés à quelques reprises dans les albums ayant pour cadre le Sahara ("Le Crabe aux pinces d'or") ou la péninsule arabique ("Tintin au pays de l'or noir" - "Coke en Stock") :

1° "Çà y en a le jeune roumi, mon lieutenant ... " (CPO, 33-II-2) ;
2° "D'abord le jeune roumi : c'est le meilleur tireur" (CPO, 37-I-3) ;
3° "Seigneur, il y a là deux roumis qui demandent à te parler. Ils ont dit qu'ils étaient chargés d'une petite enquête" (CPO, 56-III-3) ;
4° "J'arrive de Khemkhâh, puissant cheik. J'y ai appris que la police venait d'arrêter un jeune roumi" (ON, 16-i-2) ;
5° "Il faut faire évader ce jeune roumi et me l'amener ici" (OR, 16-I-3) ;
6° "Voici le jeune roumi que les partisans ont libéré puissant cheik" (ON, 17-III-1) ;
7° l'annonce faite en arabe à l'Emir Ben Kalish Ezab, annonçant très probablement "un jeune roumi" (ON, 34-IV-3) ;
8° "Où est Mohammed Ben Kalish Ezab ? Là-bas, près du mur, avec le jeune roumi" (ON, 37-III-2) ;
9° "Là ! ... Des types ... et il y a deux roumis avec ..." (CES, 33-I-1).

C'est qu'il convient de savoir que ce vocable, désignant les Européens non musulmans (les "Infidèles", selon la "loi" coranique !), est d'un cheminement linguistique complexe. Issu de "rum", se rapportant au départ aux Grecs, descendant du fils aîné d'Isaac, Esaü, il a ensuite désigné les Byzantins, notamment dans le Coran avant de devenir, en tant que "romi", synonyme de pèlerins (sous-entendu chrétiens - ces "Infidèles" ! -) à partir du XIIème siècle et revêtir un sens carrément péjoratif à partir du XIXème siècle, signifiant en Afrique du Nord "envahisseurs chrétiens et/ou européens" ... Toutefois, la PREMIERE invasion est signée "ARABE" ce, dès le VIIIème siècle (soit bien AVANT que les ... "roumis" ... ne mettent un pied en territoire musulman). Cette menace musulmane terrorisera l'Europe chrétienne durant TOUT le Moyen Âge et les "Temps modernes" (chute de l'Empire gréco-byzantin - 1453 - conquête de la péninsule balkanique et du royaume de Hongrie - sièges de Vienne - 1529 - 1683 -) lors que les Croisades, si constamment décriées par l'Humano-droit-de-l'hommisme et "l'historiquement correct", commencées à l'extrême fin du XIème siècle (1096), se sont éteintes au crépuscule du XIIIème siècle (1291 - chute de Saint-Jean d'Acre -) !!!

Remarquons que "roumi", côtoyant des paroles de (fausses) bienvenue (*) se mue en insultes autrement plus graves dans "l'échelle" des ANTI valeurs musulmanes ... Ainsi de "Fils de chien galeux" ou "Espèce de chien" agrémentant l'accueil de Tintin dans "Les Cigares du Pharaon" (CDP, 14--IV-3 et 15-III-2) ; "Chien d'Infidèles" à l'adresse des Dupondt (menacés d'être écorchés tout vifs) dans "Le Crabe aux pinces d'or" (CPO, 56-IV-2) !!!

(*) Ainsi, le "Sois le bienvenu, jeune étranger ... Et béni sois-tu d'avoir embrassé notre noble cause ! ..." par lequel le Sheik Bab El Ehr, croyant avoir affaire à un occidental "gauchiste", accueille Tintin en OR, 17-III-2 ... Pas question de "roumi" avant le retournement de situation ...

Et que dire de "l'accueil" de Patash Pasha dans la version originelle des "Cigares du Pharaon" (CDP, 35-I et II) :

1° "Ah ... ! Ah ... ! Voilà ce chien de chrétien ! ... Ces étrangers que je hais ... que je hais ! ..."
2° "Tous périront, entends-tu ? ... Tous ... Patrash Pasha te le dit ! ... Toi aussi tu mourras ! ... Les hommes du désert ne veulent plus d'étrangers chez eux ... Ils veulent être maîtres chez eux ! ... Est-ce que nous allons chez vous, nous ?" ;

Ces paroles, faisant montre d'une authentique xénophobie, d'une HAINE religieuse et de racisme, seront retirées dans la version finale ... On imagine le TOLLÉ qui se serait manifesté si Hergé les avait laissé subsister ou seulement "édulcorées" ... Pourtant, le moins que l'on puisse dire est qu'elles anticipaient étonnement NOTRE Temps ... Entre autres "slogans", il suffit de méditer sur ce que postule les sigles "NTM" et "NTF", utilisés en guise d'insultes et résonnant comme des menaces ...
SuperMatt007mercredi 12 octobre 2016 à 15:41
Cette album est le plus important dans la Siri tentant car le capitaine Haddock entre en scène
+1
lerossignolmardi 15 septembre 2015 à 14:08
Un épisode évidemment "culte" du fait de l'apparition du Capitaine Haddock qui prendra au fil du temps une importance de plus en plus grandissante !
Symbole de cette indéfectible amitié qui deviendra "à la vie, à la mort", un petit détail dont je ne sais s'il a été relevé ici : lors de la mémorable crise de larmes du Capitaine en pensant à sa "pauvre vielle mère ", il n'y a en évidence qu'une bouteille et qu'un seul verre sur la table.
Or, lorsque 'Allan et ses complices font irruption dans la cabine et questionnent durement Haddock pour savoir où se cache Tintin, on voit bien en évidence...deux verres !!!!
Hasard ou pas ? Hergé a t-il voulu sous-entendre que notre héros aurait pour la seule et unique fois de sa vie accepté un verre de whisky comme pour sceller une sorte de pacte ????
+1
jacqueshervejeudi 4 juin 2015 à 15:12
On appréciera le personnage du Capitaine Haddock dans ce récit même à bord du Karaboudjan. Il fait preuve de sympathie en ne disant pas à Allan et à Jumbo que Tintin s'était réfugié sous le lit. Allan aura d'ailleurs du fil à retordre en voulant le faire parler mais en vain car à la vue des planches il croira que Tintin est retourné dans la cale.

Le Capitaine Haddock fera de même lorsqu'il est prisonnier à Bagghar au risque de recevoir des coups de bâton supplémentaires de ne pas révéler où se trouve Tintin.

On aime aussi le décor marocain très bien maîtrisé dans cet album. On peut supposer que la ville de Tanger ait servi de modèle.
antony001vendredi 17 avril 2015 à 15:46
c'est mon préféré de livre tintin!...il est trop cool!!!
+2
nicnolmardi 24 mars 2015 à 12:35
@marcchalet : cette "Dame blanche" est une référence hergéenne directe à l'opéra-comique éponyme de Boeldieu, livret de Scribe, d'après Walter Scott ... Entité mystérieuse du château des comtes d'Avenel et, pour les paysans du coin, esprit protecteur de la famille d'Avenel et de la localité attenante située "quelque part" dans les montagnes d'Ecosse (la composition de "L'Île Noire" est toute récente) ...

L'air que, saoulé par les vapeurs du vin, ânonne un Tintin affaissé sur les marches de la cave (Haddock pour sa part entonnant la tyrolienne après avoir tonitrué "Je suis le roi de la Montagne", sans-doute chanson de Casimir Meister sur des vers d'Ignace Baron !) est une ballade chantée à l'Acte I - Scène V évoquant la légende en question et dont on peut se demander à cette époque de la vie d'Hergé, époux de Germaine Kieckens et farouche adepte depuis ses années de scootisme du respect intangible de la parole donnée, jusqu'à quel point il convient de mesurer ce que pouvaient éveiller pour lui les deuxième et troisième strophes :

En tout lieu protégeant les belles,
Et de son sexe ayant pitié,
Quand les maris sont infidèles
Elle en avertit leur moitié !
Volage époux, coeur inconstant
Qui trahissez votre serment
Prenez garde !
La dame blanche vous regarde,
La dame blanche vous entend.

Sous ces voûtes, sous ces tourelles,
Pour éviter les feux du jour,
Parfois gentilles pastourelles,
Redisent doux propos d'amour !
Vous qui parlez si tendrement,
Jeune fillette, jeune amant,
Prenez garde !
La dame blanche vous regarde,
Le dame blanche vous entend.

Cette "Dame blanche" n'offre-t-elle pas aussi quelque analogie avec "Bianca" (Blanche) Castafiore, cette "dame", cantatrice de son état, rencontrée tout récemment par Tintin lors de l'Affaire du "Sceptre d'Ottokar" ... ?

Singulier en tout cas que, pour un homme réputé ne pas apprécier le chant lyrique, apparaissent ces constantes références à l'opéra, à l'opéra comique et/ou opérette !!! Car, outre l'éternel "Air des Bijoux" du "Faust" de Gounod (apparaissant pour la première fois dans "Le Sceptre d'Ottokar" et hantant obsessionnellement plusieurs albums), on en trouve plusieurs tout le long des albums :

1° "Sur la mer calmée" ("Un bel dì vedremo") : "Madame Butterfly", de Giacomo Puccini dans "Les Cigares du Pharaon" (Philémon Siclone) ;
2° "Non, mes yeux ne te verront plus..." : "L'art la splendeur mortelle" de l'opéra "Benvenuto Cellini", d'Eugène Diaz toujours dans "Les Cigares du Pharaon" (Philémon Siclone) ;
3° "Toréador, en ga-a-a-arde! Toréador Toréador Toréador et trala-la-la-la la la la la un oeil noir te regaaaaaaarde" : "Air du Toréador" de l'opéra "Carmen" de Georges Bizet dans "L'Oreille Cassée" (le conservateur du musée ethnographique) ;
4° la GENIALE contrepèterie entre Tino Rossi, "chanteur de charme", et un certain "Rino Tossi" tenant le rôle de Boris Godounov (allusion à l'opéra "Boris Goudounov" de Modeste Moussorgski), mentionné ironiquement par le biais d'une publicité affichée sur un kiosque que vient de heurter le capitaine dans "Le Trésor de Rackham le Rouge" ... En fait, ladite affiche figurant en biais, n'est offerte qu'au lecteur, l'attention du capitaine étant fixée, en forme de "point d'orgue" de l'article du journal "La Dépêche" qu'il vient de lire, par le slogan publicitaire "Les informations de la Dépêche sont des informations qui frappent" (TRR, 2-II-3 et III-1, 2) ... Soit la convocation et l'expression de deux formes d'humour hergéen (direct - La Dépêche" - et indirect - "Rino Tossi" -), le second anticipant et contrepointant le premier !!!

Le burlesque convoqué par cette contrepèterie est TRIPLE :

a) en le contraste entre un artiste lyrique et Tino Rossi qui, certes, ne devait pas son succès à la puissance de son organe (c'est plus que jamais le cas de nos jours, des milliers de pseudo "artistes", "Stars" dérisoires aux "voix" fluettes ou éraillées atificiellement répercutées par les formidables moyens électroniques d'amplification !) ;
b) en la tessiture des voix (basse profonde pour le supposé "Rino Tossi" et ténor très léger pour Tino Rossi) ;
c) en le contraste suggéré par la voix "chaude", méditerranéenne, de Tino Rossi et, en dépit d'un patronyme à consonance italienne, ce "Rino Tossi" censé assumer le rôle terriblement exigeant de Boris Godounov, nécessitant une sonorité et une couleur de "basse russe" ;
Burlesque qui pourrait bien signifier une allusion secrète au peu de cas que faisait Hergé (à l'instar d'un Montherlant parlant, dans son "L'équinoxe de Septembre", d'une "France rendue à la belote et à Tino Rossi" après "Munich 1938") pour le "chanteur de charme" en question ... ;

5° "Ninon qu'il est doux de valser avec vous" : chanson écrite par Jean Daris (Ninon, je vous aime) sur l'air de la valse viennoise Gold und Silber (L'or et l'argent) de Franz Lehár, compositeur autrichien d'opérettes (Tintin, entraînant dans la valse Tournesol sous le regard ébahi du capitaine Haddock dans "Le Trésor de Rackham le Rouge") ;
6° auto-assimilation d'Haddock avec un pseudo "virtuose Haddockskoff" dans "Objectif Lune" (après avoir entonné "l'Air des Bijoux" !) ;
7° allusion directe (et humoristique) à "Avant de mourir" : sérénade de Georges Boulanger (de son vrai nom Ghiță Bulencea, compositeur roumain de musiques de films, musique légère et musique de variété) retransmise par "Radio Klow" avec l'orchestre "Tani Scala" dans "On a marché sur la Lune" (remarquons que Haddock assure aux Dupondt pleurnichards, que la musique, "cela donne du cœur au ventre" ...) ;
8° nouvelle allusion à l'opéra "Madame Butterfly" par la Castafiore, parlant du "ténor" ayant prétendument "laissé sa casquette" (en réalité, celle de Haddock) pour tromper la vigilance du colonel Sponsz dans "L'Affaire Tournesol" ;
9° en dépit de son aversion (ou sa peur ?) pour la Castafiore, Haddock "remet cela" au début des "Bijoux de la Castafiore", parlant de "ce cher Rossignol milanais" et entonnant "L'Air des Bijoux" ;
10° mention, dans le même album, de plusieurs auteurs d'opéras (Rossini, Puccini, Verdi, Gounid - pardon Gounod - !) puis, de "La Gazza Ladra", opéra de Gioacchino Rossini, la première œuvre sérieuse composée après "La Cenerentola" ... Cette dernière mention représente le moyen scénaristique employé par Hergé pour résoudre "l'énigme" de la disparition de l'émeraude ;

Ce, sans compter maintes références à des chants populaires dont les célébrissimes "Le Soleil a rendez-vous avec la Lune" de Charles Trénet dans "Le Temple du Soleil" que SURPASSE en fait de comique hergéen, "Boum, quand vot' moteur fait boum", parodie du "Boum, quand votre cœur fait boum" du même Trénet dans "Tintin au pays de l'or noir" !!!
+3
nicnolvendredi 26 décembre 2014 à 19:41
S'agissant des "insultes" du capitaine Haddock, on ne peut que déplorer le fait qu'Hergé ait été obligé de s'auto censurer en supprimant carrément toute allusion à un prétendu "racisme" latent supposé s'exprimer à travers la logorrhée haddockienne ... et condamner sans ambages l'inquisition des activistes "droit-de-l'hommistes" des diverses "associations" faisant profession de "lutte" contre le prétendu "racisme" et la prétendue "xénophobie" du génial créateur de Tintin !!!

Que trouve-t-on, en effet, dans "Le Crabe aux pinces d'or" en fait de "preuves" alimentant l'accusation de "racisme" et de "xénophobie" imputée à Hergé par ces "inquisiteurs" d'un nouveau genre et qui, pour paraphraser Albert Camus, ne font que placer leur fauteuil dans le sens non pas de l'Histoire mais ... de "l'éternel présent" ?

a) le marin noir chargé de surveiller le hublot dans la cabine du capitaine Haddock, qui se fait surprendre par Tintin puis molester par Allan. Dans la version définitive, il remplacé par un Blanc (CPO, 18-II-3) ;
b) un marin juif (on le reconnaît à la kippa, cette calotte portée traditionnellement par les Juifs pratiquants), subit le même sort, un instant plus tard ;
c) la présence d'un colosse également noir (dans la version originale tout au moins car, dans la version colorée, il s'agira d'un Maghrébin -) bastonnant copieusement le capitaine Haddock ligoté, incapable de se défendre autrement qu'en hurlant ;
d) le torrent d'injures et de malédictions que Haddock, armé d'une bouteille de vin, adresse à son bourreau quelques temps après ... Soit :

"Moricaud ! ... Anthracite ! ... Noix de Coco ! ... Zouave ! ... Cannibale ! ..." ... que suivent aussitôt "Anthropopithèque" ! ... Commerce Noir ! ..." puis, au moment où ils surgissent du souterrain, sous les yeux d'Omar Ben Salaad et des Dupondt interloqués : "Paltoquet ! ... Anacoluthe ! ... Invertébré ! ... Jus de réglisse ! ..." et que concluent, sur le port : "Canaille" ! ... "Vampire ! ..." ... avant que l'officier de police éteigne cette débauche d'épithètes par un coup de matraque !!!

En quoi consiste cette auto censure (aussi malheureuse que celle de "Coke en Stock") ? De même que pour le marin du Karaboudjan, en la mutation du bourreau (Noir puis Maghrébin) en un Blanc à la mine tout aussi patibulaire et en la suppression des injures offrant quelque analogie avec la négritude et que remplacent d'autres, exemptes de tout présupposé "raciste" ... Cette suppression autorise dès lors l'élimination de "Il faut arrêter ce nègre" et l'adoption d'un TRES pauvrement commun "Il faut arrêter cet homme" ...

D'où, aussi, la disparition définitive, sans autre forme de procès (c'est le cas de le dire !) de "Moricaud ! ... Anthracite ! ... Cannibale ! ... Commerce Noir ! ..." et l'adoption de "Emplâtre ! ... Doryphore ! ... Iconoclaste ! ...Ectoplasme ! ..." ... Soit, l'atténuation d'un crescendo AUDITIF, clé de l'élément COMIQUE, à l'efficacité si EVIDENTE dans la fameuse case de la fuite des Berabers ("miraculeux" que ces derniers n'aient pas été remplacés par quelque bande d'irréguliers ou déserteurs Blancs ... -) ... sans compter une perte dans la dimension CARICATURALE propre à la bande dessinée, dans le graphisme comme dans le script !!! Cette importance du phénomène "AUDITIF" est rappelé par Hergé dans son interview par Numa Sadoul (in "Entretiens avec Hergé, p. 78) quand il affirme que "la sonorité est ce qui détermine le choix du vocabulaire de Haddock" ...

Il n'est que de déclamer silencieusement (de manière à activer la résonance dans l'oreille interne) puis, tout haut, la litanie originelle et ensuite, de procéder de la même manière avec celle, "corrigée", pour se convaincre de la saveur de l'efficacité COMIQUE de la première et de la chute malheureuse au sein d'une authentique "Steigerung" (vocable allemand signifiant notamment "exacerbation", "enchérissement") sonore dans la seconde !!!

Voilà où mène l'IMBECILLITE de la CENSURE !!! Et constatons qu'Hergé associe désormais la violence et le mal non plus à un groupe ethnique extérieur (qu'il soit noir ou maghrébin) mais à son propre groupe ethnique blanc ... chargé de toute la responsabilité des "malheurs" supposés des ethnies allochtones ... lors qu'il serait urgemment temps de s'aviser (voire de rappeler ou - bien plus probablement ! - d'apprendre) que, bien avant le "commerce triangulaire" européen vers les Amériques, les Arabes et autres Barbaresques pratiquaient le "Commerce Noir" aux dépens des Africains ET la très lucrative traite des Blancs en Méditerranée !!!
omri guezmardi 16 décembre 2014 à 13:09
Merci
seb20005vendredi 18 avril 2014 à 07:51
Superbe album! C'est mon préféré tout simplement parce que c'est dans cet album qu'apparaît le capitaine haddock, et je trouve qu'il apporte un touche d'humour qui manquait.
jacqueshervedimanche 25 août 2013 à 12:55
L'idée de faire apparaître un capitaine dans l'univers de Tintin avait été pensée dès "Tintin au pays de l'Or Noir'' qui devait prendre le relais du Sceptre d'Ottokar. Une partie du récit fut écrite avant d'être repris en 1948. C'est pour cela qu'on voit apparaître un capitaine dans "Au Pays de l'Or Noir". Les capitaines de navire dans la version originale des Cigares du Pharaon auront servi pour mettre au point le personnage Allan vu que ceux-ci effectuaient du trafic en tous genres !
tintinspiderdimanche 25 août 2013 à 11:06
le crabe aux pinces d'or est l'un de mes preferes.
+1
jacqueshervesamedi 24 août 2013 à 15:19
Hergé aura mis au point une excellente thérapie pour les Ivrognes à travers l'épisode du désert. Cependant, je serai amené dans la rubrique des personnage à regretter l'absence de fiche au sujet de Allan Thompson qui fait partie des "méchants" que je préfère.
vava1mardi 19 février 2013 à 11:44
VENGEANCE!!! VENGEANCE!!!!!! Ce moment-là me tue. Ah! Ce cher Capitaine nous amuse dès sa première apparition. Au début, c'est un boulet ivrogne, qui nous fait bien rire. Il ne fait que des bêtises dans celui-là. Malgré cela, on s'attache vite à lui. Tintin a eu une bonne influence sur lui. J'aime cette bd pleine d'action et d'humour.
tintinflimsamedi 24 novembre 2012 à 21:43
Il a était mon premier livre de Tintin, et c'est mon préféré avec la rentrée du Capitaine qui est toujours amusant ^^
tomtombmardi 6 novembre 2012 à 14:00
17/20: l'incroyable album l'inoubliable apparition du trés cher capitaine Archibald Haddock, alcoolique plutôt dépressif et rigolo. 2eme apparition de Allan le machiavélique. Je trouve le scénario impeccable et très bien organisé. De Bruxelles jusqu'a Bahgar (je ne sais plus l'écrire) cet épisode des aventures de tintin est dans mon top 5 !
biancacastafmercredi 18 juillet 2012 à 22:45
J'adore cet album aussi. Merci Hergé!!!
+1
milou50700dimanche 6 mai 2012 à 11:23
C'est mon préféré j'adore quand le capitaine s'énerve !
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