Le Sceptre d'Ottokar

Histoire

Le Sceptre d'Ottokar(1939) est un coup de force d'Hergé qui vise l'Allemagne dans cette aventure. La découverte d'une serviette oubliée sur un banc conduit Tintin à Prague, puis en Syldavie.Tintin va sauver la Syldavie et le Royaume d'un coup d'État fasciste.

Au sujet de l'album

"C'est un ami qui m'a donné l'idée de cette histoire. Elle raconte un Anschluss (en allemand "annexion, rattachement") avorté, au grand dépit du malfaisant Müsstler. On y trouve aussi, avec la dualité des jumeaux Halambique, le thème des frères ennemis. Et c'est encore la naissance du Colonel Boris Jorgen, aide de camp du roi de Syldavie". ( Numa Sadoul, Tintin et moi, Ed. Casterman, p.153 )

Un penchant pour la perfection

Pièce de musée

La couverture du Sceptre d'Ottokar reproduite ci-joint mérite toute votre attention. C'est en effet une version 1942 remaniée par Hergé lui-même !

Il vous suffira de la comparer avec celle ci-contre pour réaliser à quel point, grâce au parchemin dans lequel Hergé l'a disposé, le titre saute littéralement aux yeux. Un détail, ce parchemin ? Pas vraiment...

Du neuf sur les Dupondt

Garde-robe

Pardon ! les fixe-chaussettes des Dupondt constituent assurément les éléments les moins connus de la panoplie vestimentaire des deux détectives.

À vrai dire, ces accessoires tombés aujourd'hui en désuétude n'apparaissent qu'à une seule et unique occasion : lorsque, mis en lambeaux par l'explosion d'une bombe, les pantalons des Dupondt laissent découvrir le bas de leurs jambes.

Avec "plaisirskaïa"

La Syldavie sans peine

Ne cherchez pas la Syldavie sur la carte : elle ne s'y trouve pas. Hergé a inventé ce petit royaume pour les besoins de son récit et, comme vous le constaterez en lisant la brochure que consulte Tintin, lui a forgé une histoire et même une langue.

Issu du patois bruxellois, dont il intègre les composantes française et néerlandaise, le Syldave fait de nombreux emprunts aux langues slaves. C'est ainsi que, par exemple, "gendarmerie" se dit "gendarmaskaïa". Facile, non ?

La diva et le securit

Attention aux décibels

Cette aventure marque l'apparition du personnage féminin : Bianca Castafiore de la Scala de Milan. La première rencontre entre Tintin et Bianca ne se passe pas très bien. Voyez plutôt !

Tintin est quelque peu sonné par cette voix qui n'a pas son pareil. Heureusement que les vitres de la voiture sont sécurisés ! Tintin trouve le premier prétexte venu pour échapper aux charmes de Bianca Castafiore.

Sous les yeux d'Hergé

Comme Hitchcock

Hergé prenait plaisir à se représenter dans ses BD. Le maître de la ligne claire n'en fit jamais une habitude. Dans Le Sceptre d'Ottokar, Hergé s'est mis en scène à deux reprises : d'abord parmi les témoins de l'arrestation de Tintin par les gardes royaux.

Ensuite, parmi les hauts dignitaires devant lesquels Tintin s'avance pour se voir décerner l'ordre du Pélican d'or par le roi Muskar XII.

On l'a retrouvé !

Comme Hitchcock

Le Sceptre d'Ottokar existe, et Hergé ne le savait pas. En 1976 des travaux de restauration entrepris dans la Cathédrale Saint Vitus, au Château de Prague, ont permis la mise à jour des attributs royaux d'Ottokar II, roi de Bohème (1230-1278) et membre de la dynastie des premyslides.

Le sceptre se trouvait parmi ces attributs: un trésor vieux de cinq siècles.."( Numa Sadoul, Tintin et moi, Ed. Casterman, p.155 )

Vos contributions (22) Contribuer
jacqueshervelundi 15 juin 2015 à 12:53
Je regrette que Haddock ne soit pas dans ce numéro. Je sais qu'il n'apparait que dans le Crabe aux pinces d'or mais c'est dommage. A part ça le Sceptre d'Ottokar est un de mes numéros préfères.===> Où est l'intérêt ? Je trouve que l'aventure est palpitante et que les Dupondt en seconde partie sont très proches de Tintin. Je ne vois pas ce que le personnage aurait apporté de plus !
marcchaletlundi 2 mars 2015 à 16:03
Suite au message précédent de Nicnol, du 12 janvier 2015.

Bien vu le coup de la symétrie des vêtements des Dupondt gâtés par l'explosion de la bombe destinée à supprimer Tintin. Toutefois cet effet de miroir ne perdure pas jusqu'à la dernière image de la page 13, quand, désarçonnés, les deux policiers sont assis sur la chaussée : même posture, ils brandissent leurs cannes de leurs bras gauches, alors qu'en haut de la même page 13, tout fonctionne bien, Dupont tient sa canne (enfin, une demi-canne) de la main droite et Dupond de la main gauche ; le premier pose au sol, dans sa course, le pied gauche, Dupont le pied droit.

A remarquer, au passage, pour le plaisir de la curiosité : toujours à propos de cette page 13, à l'image 4, c'est Dupont qui remet son arme à Tintin ; à l'image 6, c'est l'autre, Dupond, qui utilise la sienne pour tirer sur l'Opel jaune des "scélérats" ; mais à l'image suivante, c'est Dupont qui tient l'arme de la main droite, arme qui, soudainement, sous l'effet du démarrage sec, se transforme en canne à l'image suivante ! De véritables prestidigitateurs les Dupondt (qui auraient sans doute leur place au cirque d'Hipparque, voir On a marché sur la lune). Voyez plutôt : où est la canne de Dupond ? Il porte Milou serré contre lui de sa dextre et se maintient contre son collègue grâce à sa senestre… Dans la manche ? La gauche alors, celle qui nous est cachée par le buste de son presque homonyme...
Curieux, soit dit en passant, du positionnement des deux Dupondt et de Milou en fin de chute. Les points exacts de leurs atterrissage respectifs semblent les sommets d'un triangle équilatéral. Je vous invite à essayer, quelle que soit la moto, quel que soit le chien et quels que soient les chauves utilisés pour l'expérience il est rarissime d'obtenir un triangle équilatéral. Eux, si ! Faudra en dire trois mots à une certaine émission télévisuelle d'expérimentation en tout genre…

Autre chose ? Les cheveux !
Quand ils ne portent pas leurs melons on découvre leurs crânes dégarnis. L'explosion a littéralement pulvérisé les couvre-chef (page 12, les traces noires aux murs et sur les rideaux en sont-elles les restes ?). Les trois cheveux qui se dressent, ébouriffés, sur chaque tête, s'enracinent sur les tempes gauches (images 2, 3 et 4), puis sur la tempe droite de Dupont (images 8 et 9). Dans la rue, il est très nettement visible que ces cheveux - fous - jaillissent des tempes droites (page 13, image 1). Nom de nom, fichus cheveux, les voilà, page 13, image 4, les uns fixés sur la tempe droite de Dupond et les autres sur la tempe gauche de Dupont ! Retour aux tempes droites aux images 6 et 7 ! Cette capillarité est sacrément rebelle, jugez sur pièce : à la page 15, image 4, enracinement à droite pour Dupond, enracinement à gauche pour Dupont.
Faudrait vérifier cette affaire sur les autres albums.
Faudrait surtout que j'en en parle à mon coiffeur.
+1
nicnollundi 12 janvier 2015 à 16:40
Extraordinaire illustration de la "gémellité" des Dupondt que celle des "effets" de la machine infernale destinée à Tintin et dont ils pâtissent ... "méritoirement" ... ayant eu l'indiscrétion de s'emparer du paquet des mains du gamin préposé à la commission des terroristes syldaves ("Il n'y a pas de mais ... ! Police !" - SO, 11-III-1, 2 -) et, disons-le, l'indélicatesse de prendre connaissance de la lettre adressée à "M. Tintin" !!! Ils se retrouvent les vêtements en loques ... offrant "une seule figure en miroir", la symétrie des lambeaux et déchirures apparaissant telle que le renverrait effectivement la réflexion d'un miroir : au bras droit sans manche de Dupond correspond pareillement le bras gauche de Dupont tandis que la jambe droite du pantalon dénudé de Dupont a pour corollaire la jambe gauche de Dupont, que les déchirures sont inversées ... sans omettre leurs cannes : respectivement main gauche pour Dupond et main droite pour Dupont (SO, 12-I-2) !!!

Explosion qui va se révéler "salutaire" à l'avenir dans les relations qu'ils entretiennent avec Tintin !!! C'est que, entre "Les Cigares du Pharaon" et "l'Île Noire", se tenant invariablement sur un constat de surface, sans cesse, ils ont été à la poursuite de Tintin !!! Il a suffi qu'une dénonciation anonyme leur fasse découvrir de la drogue dans sa cabine, qu'il soit ensuite surpris au milieu d'un arsenal d'armes pour qu'il fasse l'objet d'une double accusation de trafic de cocaïne et de contrebande d'armes (CDP, 19-IV-3). Si, ensuite, ils marquent un certaine gène "d'arrêter un ami" (LB, 46-I-3), ce sentiment n'entrave pas leur obéissance obtuse aux "ordres reçus" ... fût-ce à leur dépens, quand ils prennent (pour une fois de manière désynchronisée), une pelle de dimension sur le quai de la gare de Hou kou (LB, 50-II-1 et 50-IV-2) !!! Et c'est encore sur une dénonciation ... parce que "toutes les apparences sont contre vous" (IN, 3-IV-3 et 4-I-1 à 4) qu'ils arrêtent Tintin puis le poursuivent obstinément jusqu'à ce que l'appel radiotélégraphique de Tintin à la police britannique les fassent participer (enfin ... si l'on peut dire ... !) au débarquement salutaire sur l'Île Noire et permette l'arrestation des faux monnayeurs ...

A nouveau, leur soupçon pèse sur Tintin avec la découverte du corps de l'agent secret syldave frappé d'amnésie (SO, 9-II-1 à 3 et III-1) ... jusqu'à ce que survienne cette "providentielle" explosion ... "Les voilà débarrassés de leur col empesé ; ils perdent également une peu de leur lourdeur psychique, car chez eux, la roideur de l'habit enserre autant le corps que l'esprit. A l'occasion de cette explosion, ils comprennent définitivement que Tintin est innocent, et ils ne reviendront plus sur ce constat" (Jean-Marie Apostolidès - Les Métamorphoses de Tintin).

Désormais, ce sera à d'autres d'être les "sujets d'expérience" de leur si singulière "méthode" d'investigation (accuser ... "à tout hasard" !!!) : le capitaine Haddock (SDL, 28-IV-3 + 29-I et II) et Irma (BLC, 45-IV-2, 3 et 46-I et II) ... Tous deux les corrigeront d'importance !!! Et Nestor, pour sa part, souffrira longtemps d'avoir été l'inconscient "complice" des frères Loiseau (SDL 54-II-2 et 3 - notons qu'alors, pour la dernière fois soupçonneux, ils froncent les sourcils à destination de Tintin quand Nestor accuse "ce petit gredin, ce petit misérable qui s'est introduit dans le château et qui terrorisait mes maîtres : un véritable gangster, monsieur le policier" -) puisque les Dupondt y feront encore lointainement référence dans BLC, 38-I-2, 3 et 45-IV-2 ...
omri guezsamedi 20 décembre 2014 à 19:05
Gooooood job!!!! Add more language
jacqueshervelundi 14 octobre 2013 à 00:34
Très bon album engagé. Le personnage de Sprbodj servira plus tard de modèle pour réaliser le portrait du Général Tapioca dans "Tintin et les Picaros" (inspiré aussi de Mussolini).

+1
umrkfrmardi 13 août 2013 à 16:16
Mon premier album de Tintin ! J y suis donc attaché de façon particulière ... Cela ne semble pas être l opinion des érudits, mais pour moi la Syldavie c est l Albanie .....
fernandolionmardi 30 avril 2013 à 08:57
O meu álbum preferido ! Com amizade desde Portugal.
vava1samedi 9 mars 2013 à 00:38
Quand j'ai lu cet album pour la première fois, je me suis demandée si la Syldavie existait vraiment. Non. C'est un pays imaginaire. Mais il est tellement bien fait cet album, qu'on pourrait presque croire qu'il existe vraiment. C'est un de mes préférés !
tomtombmardi 6 novembre 2012 à 14:00
Ce livre est capital pour 3 choses: l'arrivée du super-méchant Boris, l'arrivée de la cantatrice Bianca Castafiore et l'imagination de Hergé avec les pays Syldavie et Bordurie.
seb501jeudi 30 août 2012 à 12:19
Je regrette que Haddock ne soit pas dans ce numéro. Je sais qu'il n'apparait que dans le Crabe aux pinces d'or mais c'est dommage. A part ça le Sceptre d'Ottokar est un de mes numéros préfères.
milou50700dimanche 6 mai 2012 à 11:21
Qu'est-ce-qu'il est intelligent tintin rien qu'en passant devant un magasin de jouet il deviné comment le voleur a fait pour jeter le sceptre d'ottokar !!
newebojeudi 22 décembre 2011 à 19:42
La vivacité d'esprit de Tintin m'étonnera toujours, particulièrement dans cet album :)
milou70dimanche 30 octobre 2011 à 22:50
Merveilleux album ! J'adore l'imagination tout au long de l'oeuvre d'Hergé d'avoir opposé la Bordurie et la Syldavie.
romain62700dimanche 30 octobre 2011 à 21:44
C'est mon album préféré car j'aime le contre la montre que doit faire Tintin pour récupérer le sceptre d Ottokar
ajauxerremardi 27 septembre 2011 à 13:00
C'est un de mes albums préférés.
merliahmardi 2 août 2011 à 22:20
Une de mes BD préférées... mais sans le Capitaine Daddock.
mimie62jeudi 21 octobre 2010 à 17:29
Bel épisode !!!
+1
tintinlolsamedi 12 juin 2010 à 15:37
Cette histoire est pas mal réalisée :)
+2
romaindu62vendredi 16 avril 2010 à 13:42
Histoire passionnante pleine de suspens qui nous append beaucoup sur la Syldavie. Ca nous fait vivre l'émotion jusqu'au bout et Milou qui joue un bon rôle dans cet épisode.
+3
momologovendredi 29 janvier 2010 à 07:08
Mon préféré car il se passe en Syldavie....
+4
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