Le Lotus bleu

Les sociétés primitives refusent de se laisser photographier. Tintin et Tchang transgressent ce tabou. Pourtant, le chassé-croisé des mots fait penser à une pratique mortifère, ne parle-t-on pas de mitraillage photographique, ou se faire tirer le portrait et encore user du terme "négatif" jusqu'au voile noir de l'opérateur, métaphorique linceul ?

Le Lotus bleu page 48 D2

1re action : En s'immortalisant grâce à la photo, Tintin et Tchang conjurent une inévitable séparation.

2e action : Aucun texte n'accompagne cette image tant l'instant représenté est tragique.

3e action : L'arbre en arrière plan peut signifier le clivage entre le méchant et les bons.

4e action : Les deux héros échappent à la mort pourtant préméditée par le faux photographe. Néanmoins dans l'inconscient collectif des lecteurs la photo impossible existe bel et bien.

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dilodilomardi 28 février 2017 à 17:58
Bonjour,
Cette question va peut être vous sembler bête si vous êtes tintinophiles avérés. Je souhaiteraissavoir pourquoi y'a t il une rupture aussi brusque dans la version contemporaine du Lotus Bleu, à la 5eme planche , dans les dessins? Je n'ai pas teouvé de réponse sur le net si ce n'est une différence d'époques dans l'écriture d'Hergé. Mais le graphisme de l'album ( hormis donc les 4 premeireres pages) ne se retrouve nulle part ailleurs ( je parle vien sûr des versions récentes). Se pourrait il donc, s'il s'agit du dessin primitif d'Hergé, qu'un seul album ait gardé son trait d'origine? Du reste, le dessin est egalement très différent de Tintin et les Soviets. S'agit il d'une transition entre "le trait Soviet" et "le trait récent" ?
Est ce ridicule d'imaginer sue c'est Tchang qui l'a dessiné? En un mot, je vous remercie d'avance d'éclairer la lanterne à la curieuse de Tintin que je suis.
moulinsartement,
Odile
philhubdmercredi 14 décembre 2016 à 09:02
Je possède depuis quelques années un album le lotus bleu dont je ne trouvais pas les références dans le BDM, il s'agit d'un album noir et blanc ,non pagine avec cinq grandes images couleur, donc idem première édition mais avec une couverture grande image et dos A18. J'ai cru qu'il s'agissait d'un montage mais tout est cohérent et n'a pas été bidouillé . Il m'est revenu que la fondation avait connaissance de quelques exemplaires de ce type, pouvez vous m'en dire plus?
WayneHuangsamedi 3 décembre 2016 à 01:37
Go 丁丁
jojo1184jeudi 31 mars 2016 à 08:54
Tintin c'est le top du top !!!
+2
colette07jeudi 17 mars 2016 à 07:34
J'adore TINTIN "Le Lotus Bleu", c'est mon préféré !
Grosses Bises à tous.
+1
boubou44mardi 29 décembre 2015 à 17:34
je suis en possession du LOTUS BLEU en chinois présenté en 2 tomes format 9 cm sur 12 cm en noir et blanc. Ces documents m'ont été rapporté ce mois-ci d'un marché aux livres de Shanghai..
Aucune inscription ne figure dans notre alphabet. Tout est en chinois, en assez bon état mais ayant été manipulé tout de même. Les planches sont parfaitement conformes aux dessins d'Hergé et; çà ne semble pas être une imitation.
Quelqu'un connait-il ce type d'oeuvre et me renseigner sur l'histoire de ces documents?
Merci
+1
jacqueshervemardi 15 décembre 2015 à 21:06
On se demande si Didi le fils de Wang n'aurait pas fait partie de la bande de trafiquants avant de changer de camp vu qu'il soit bien au courant des faits.

On remarquera la présence d'un Chinois lui ressemblant dans la version noir et blanc des Cigares du Pharaon dans les sous sols du palais du maharadjah de Rawajpoutalah.

Cependant Didi reste un personnage très attachant ...comme Tchang.
+2
jacqueshervemercredi 9 décembre 2015 à 20:21
S'il fallait citer les personnages préférés dsns ce récit je citerai :

Mitsuhirato qui pourrait avoir servi de modèle pour un personnage d'un manga japonais : Jeannot Kiochi dans le Collège fou fou fou en raison de sa moustache et sa dentition,

Wang jen Ghié qui symbolise une certaine sagesse,

Son fils Didi qui était au courant d'un gigantesque trafic de stupégiants. ...

Sans oublier Tchang.

On peut supposer que le méchant Fakir des Cigares du Pharaon ait bénéficié d'une aide de la part de Mitsuhirato pour s'échapper de la prison ou avoir eu des contacts avec lui durant sa détention.
+1
nicnolsamedi 12 septembre 2015 à 18:40
J'écoute distraitement, sur la chaîne "Histoire", une émission, au demeurant excellente, intitulée "Sur les traces de Tintin - Le Lotus bleu" ... Le narrateur vient de faire allusion à "l'argumentation" japonaise prétendant "expliquer" l'intervention de l'armée nippone du fait de l'explosion de la voie ferrée près de "la gare de Cheng Fou", au "km 123", attribuée aux "bandits chinois" (*) ... Cette explosion est en réalité le fait de Mitsuhirato (LB, p. 21), d'accord avec son supérieur des Services secrets japonais qu'il appelle respectueusement "Excellence", lequel lui promet qu'il sera "décoré de l'ordre du Fusi-Yama de première classe" (LB, 18-II-2, 3 et 4) ...

(*) métaphore de l'attentat, réel celui-là, qui fut perpétré à Moukden, le 18 septembre 1931, "alibi" agité par les Nippons pour envahir la Mandchourie, déclenchant alors en Asie, sans qu’on l'ait seulement pressenti en Occident, huit ans avant l'entrée des troupes allemandes en Pologne et ... la double déclaration de guerre anglo-française, la Seconde guerre mondiale !!! Éclairé à la fois par ses lectures du Crapouillot et son ami Tchang, Hergé prendra fait et cause pour la Chine ... à la différence de la presse quotidienne présentant le conflit sino-japonais avec un point de vue souvent favorable aux Japonais "défenseurs de la civilisation" ...

Distillées par "Radio Tokyo" en de fausses "informations" destinées à intoxiquer "l'opinion publique" mondiale, les pseudo conséquences humaines de l'attentat ("Il y a douze sujets japonais parmi les victimes" - LB, 22-II-2 -) "justifient" alors une foudroyante riposte politique et militaire suggérée par Hergé en un extraordinaire "accéléré" d'espèce cinématographique encore plus vertigineux que celui de cette ville surgissant de terre dans "Tintin en Amérique" en 29-III et IV !!!

Dès lors, sous le regard de "collègues" ahuris (à les considérer, on mesure le juste MÉPRIS qu'éprouvait Hergé pour ce genre d'assemblée de bavards), le délégué japonais à la tribune de la SDN peut se permettre de déclarer très exactement ceci :

"... et, une fois de plus, le Japon a rempli sa mission de gardien de l'Ordre et de la Civilisation en Extrême Orient ! ... Si nous avons dû, à notre grand regret, envoyer des troupes en Chine, c'est pour protéger la Chine elle-même" (LB, 22-IV-2) ...

En 2015, s'agissant de la Syrie (comme déjà naguère de la Serbie, de l'Afghanistan, de l'Irak ou de la Libye) les Etats-Unis (flanqués de leurs LARBINS occidentaux) ne se gênent aucunement de tenir pareil langage à la tribune d'une ONU ENCORE PLUS INUTILE et NÉFASTE que la défunte SDN en tant que son siège se trouve à New York, sur territoire américain, relayés qu'ils sont par la toute puissance de médias à LEURS ORDRES, "l'alibi" allégué en l'occurrence étant la pseudo lutte contre DAECH qu'ils ont EUX-MÊMES créés !!!
+1
nicnoldimanche 5 juillet 2015 à 16:23
@jacquesherve : gageons que, parmi ces personnes "bien pensantes", ces ... "Séraphin Lampion" du "correctisme" (*) qu'offusque la Vérité que peut précisément favoriser l'outrance dans l'expression, on trouverait assurément maints d'entre elles acharnées à taxer Hergé de "racisme" ...

(*) à la différence de l'euphémisme, jetant un voile de pudeur sur la réalité et demeurant relativement inoffensif, le "correctisme", néologisme TRES bienvenu, pousse à leur maximum la langue de bois (si chère aux "politiques") et la dérobade ...

C'est que l'influence spirituelle que Zhang Chongren (Tchang Tchong-Jen en transcription européenne) fut tellement décisive pour Hergé (elle lui a révélé entre autres l'extraordinaire richesse d'une civilisation chinoise plurimillénaire lors que l'Europe occidentale, sortant de la "barbarie", se mettait seulement à l'école de la civilisation romaine, soeur cadette de la civilisation grecque), qu'elle lui a assurément insufflé un sentiment de REVOLTE à l'encontre de la suffisance, du mépris et du racisme occidentaux !!!

D'où, la nécessaire création du personnage de "Gibbons", cet industriel américain concentrant en sa méprisable personne l'héritage d'IGNOMINIES dont les Occidentaux ont fait preuve en Chine, notamment en l'ABJECT commerce de l'opium qui a enrichi en tout premiers les Britanniques de la "City" ; authentique CRIME contre l'Humanité assorti de multiples CRIMES de guerre : les DEUX guerres de l'opium du XIXème siècle qu'aggravera encore, après le conflit sino-japonais de 1894-95, la tristement célèbre "guerre des Boxers" (1899-1901) à laquelle Hergé fait directement allusion (LB, 42-II-4) et dont la cause fut une révolte offrant de frappantes analogies avec celles donnant lieu, en guise de riposte, à ce que l'on appelle par chez nous, "guerre du Pauvre" et/ou "Terrorisme" !!!

Dussent le "jeunes" (à qui "ON" se garde bien désormais d'enseigner l'Histoire) s'identifier à la violence des propos de "Gibbons" ou que cela choque les "bonnes consciences - bien pensantes", aucune expression, aucune épithète, ne seront jamais assez fortes pour condamner les menées INNOMMABLES des Occidentaux, Britanniques et Etatsuniens en tête !!! Car des faits semblables ont plus que jamais lieu SOUS NOS YEUX, à l'occasion des prétendues "révolutions colorées" et autres pseudos "printemps" faisant florès depuis le début du XXIème siècle !!!
+1
jacqueshervelundi 15 juin 2015 à 12:49
" ... M'empêcher de battre un Chink, n'est-ce pas une chose intolérable ? ...
Où allons-nous si nous ne pouvons même plus inculquer à ces sales Jaunes quelques notions de politesse ? ... C'est à vous dégoûter de vouloir civiliser un peu ces barbares ! ... Nous n'aurions donc plus aucun droit sur eux, nous qui leur apportons les bienfaits ...
... de notre belle civilisation occidentale ? ..." (LB, 7-II-3 et III-1, 2).

Propos pas même caricaturaux que suit alors une vignette d'extrême violence où Gibbons joint le geste à la parole ;

"Tu l'as fait exprès sale Chink ! ... Je m'en vais t'apprendre, moi, à manquer de respect à un homme de race blanche ! ..." (LB, 7-IV-1)

Ils ne doivent SURTOUT PAS l'être !!!

====> Il est vrai que ces propos mettent bien en avant le côté antipathique du personnage. Malheureusement, certaines personnes "bien pensantes" sont choqués de voir de tels propos et auraient souhaité une "modération", même si le personnage en question est méchant, par crainte que les plus jeunes s'identifient à celui-ci.

Notons que le geste de Tintin vis à vis du tireur de pousse pousse lui rendra bien service plus tard pour contourner les gardes japonais.
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nicnoljeudi 11 juin 2015 à 12:46
Que NON les propos de Gibbons, citoyen américain, Directeur de l'American & Chinese Steel Company, ne doivent pas être modifiés !!! Il convient même de les rappeler ici tant ils apparaissent "ENORMES" non seulement en tant que tels mais au regard de la civilisation chinoise, PLURI millénariste, lors que la pseudo "civilisation" étatsunienne n'existait en 1934 que depuis 158 ans et dont les excès venaient de plonger l'Occident européen dans une catastrophe économique et politique telle qu'elle allait déboucher sur la seconde guerre mondiale (qui allait se révéler tout bénéfice pour les Etats-Unis) :

" ... M'empêcher de battre un Chink, n'est-ce pas une chose intolérable ? ...
Où allons-nous si nous ne pouvons même plus inculquer à ces sales Jaunes quelques notions de politesse ? ... C'est à vous dégoûter de vouloir civiliser un peu ces barbares ! ... Nous n'aurions donc plus aucun droit sur eux, nous qui leur apportons les bienfaits ...
... de notre belle civilisation occidentale ? ..." (LB, 7-II-3 et III-1, 2).

Propos pas même caricaturaux que suit alors une vignette d'extrême violence où Gibbons joint le geste à la parole ;

"Tu l'as fait exprès sale Chink ! ... Je m'en vais t'apprendre, moi, à manquer de respect à un homme de race blanche ! ..." (LB, 7-IV-1)

Ils ne doivent SURTOUT PAS l'être !!! Outre le fait qu'ils prouvent que Hergé, instruit par son ami Tchang de la dimension de la civilisation chinoise, loin d'être le "raciste" que d'aucuns ont prétendu, prétendent (et prétendront encore !), n'a pas craint de condamner les "certitudes" de tant et tant de ses contemporains à l'égard des "Jaunes", ils écœurent tout qui sait de quelle manière la Chine fut, au cours du XIXème siècle, contrainte par les Occidentaux européens et étasuniens à "s'ouvrir" à cette "admirable civilisation occidentale - LB, 7-III-3 -" et correspondent historiquement au RACISME pas même latent mais déclaré que tant et tant d'Etatsuniens et de Britanniques (et pas seulement les businessmen en col et cravate et aux mains "immaculées") éprouvaient à l'égard de ceux qu'ils appelaient "faces de citron", "Chinetoques", "sales Chinks" et autres "amabilités" du genre ... Outre plus : ils sont ENCORE et TOUJOURS d'actualité, le cynisme et les méthodes étatsuniennes, loin de s'être amendées, s'étant AU CONTRAIRE aggravées (que ce soit en Extrême Orient qu'ailleurs (Afrique, Moyen et Proche Orient et même Europe) dans des dimensions telles que même la guerre n'est plus crainte mais ENCOURAGEE, ESPEREE ... par exemple, par le biais de ces "révolutions colorées" ou de ces pseudo "printemps" qu'ils sèment partout où les appelle leur "géopolitique" ...

Ce cynisme étatsunien est pertinemment "illustré" dans une scène du fameux feuilleton "Dallas"- Saison 4 - Episode 23 - "Le piège" - 30'35'' à 31'35" où l'on voit "JR", quintessence du businesman "moderne", traduit devant une commission sénatoriale texane (composée, outre de "Bobby Ewing", frère de "JR", de politiciens aussi CORROMPUS les uns que les autres), par son ennemi juré Cliff Barnes, se tirer remarquablement d'affaire !!! Je ne résiste pas au "plaisir" de reproduire le script (tout particulièrement les répliques de "JR", d'un cynisme et d'une hypocrisie achevés), car il illustre pleinement les menées étatsuniennes PARTOUT dans le Monde :

Sénateur Harbin : "Alors à quels buts précis ces fonds en question devaient être utilisés ?"
JR : "À dissiper cette image qu'offrent certains Américains qui un beau matin arrivent dans un lointain pays et en siphonnent toutes les richesses sans rien laisser à ce pays en question."
Sénateur Harbin : "Comme la société Ewing avec ces gisements sous-marins ?"
JR : "Dans un certain sens, oui. J’ai su que des rumeurs commençaient à circuler dernièrement et c’est pourquoi j’ai pensé que si jamais une compagnie américaine leur faisait des dons, ils pourraient être plus favorables à l’avenir pour d’autres compagnies."
Sénateur Dickson : "Vous n’avez pas agi sans arrière-pensées ?!
JR : "Oui, bien sûr, si le gouvernement devait changer un jour ou l’autre, je supposais que les nouveaux membres seraient enclins à favoriser leurs amis."
Sénateur Arvilla: "Et pourquoi est-ce que vous supposiez que le gouvernement pouvait changer ? Pourquoi n’avez-vous pas fait ce geste pour le gouvernement qui était au pouvoir ?"
JR : "Disons que je pariais sur un avenir plus rose. Le gouvernement qui était au pouvoir avait une certaine aversion pour les Américains. Ne l’oubliez pas, il avait nationalisé les compagnies étrangères et je trouvais qu’il n’y avait aucun espoir de s’entendre avec lui."

Conjuguons cet échange au futur simple et nous serons à même de juger si ces mœurs que d'aucuns estimeront n'être que "de fiction", ne relèvent pas de la réalité ni s'il convient de les transposer aux temps présents ...

Pour le temps présent, précisément, remarquons que ce "siphonnage" étatsunien est à l'origine de la NOUVELLE "guerre froide", fomentée par eux contre la Russie de Vladimir Poutine (laquelle, entre 1991 et 2000, a été PILLEE par des "Russes", créatures des Etats-Unis) et ayant notamment pour objet la Volonté de faire de même, s'agissant de l'Ukraine ... En attendant le TTIP, "traité transatlantique" par lequel les Etats-Unis entendent bien "siphonner" l'Europe par le biais de leurs complice de l'UE ...

Quant à cette auto censure à laquelle Hergé, accusé de "racisme" ou de "kollaboration", a été contraint de procéder dans "Le crabe aux pinces d'or", "L'Etoile mystérieuse" ou "Coke en stock", j'ai déjà écrit ce qu'il convenait d'en penser ...
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jacqueshervevendredi 5 juin 2015 à 18:54
On se demande si les propos de Mr Gibbons page 7 de l'édition couleurs n'auraient pas mérité d'être modifiés. Lorsqu'on voit le personnage émettre des propos négatifs et péjoratifs à l'égard des autochtones, il y avait de quoi - à l'époque où on avait demandé à Hergé de corriger certains passages comme Coke en Stock - exiger des modifications comme modérer les propos de Gibbons.
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jacqueshervelundi 11 mai 2015 à 00:25
On se demande ce qu'avait imaginé Hergé comme aventure en Chine avant la rencontre de Tchang Tchong Jen. On note déjà des Asiatiques dans l'aventure soviétique et parmi les complices du bandit chargé de jeter à l'eau Tintin dans l'aventure américaine, ainsi qu'un complice de la bande du Fakir et de Rastapopoulos parmi les gens cagoulés dans les sous sols proches du palais du Maharadjah.
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jacqueshervemercredi 6 mai 2015 à 12:03
Le Lotus Bleu pourrait être une mission du "Petit XX°" confiée au Reporter en Chine dans le même style que celles confiées lors des trois premières aventures de Tintin. On note déjà des éléments dans "Les Cigares du Pharaon" comme le navire où Tintin est à bord au début du récit et qui doit l'emmener à Shanghaï, le personnage de Rastpopoulos et aussi à la fin l'énigme de l'homme tombé dans les rochers sans oublier le Radjaïjah qui donnent un avant goût du "Lotus Bleu" . L'arrivée du Messager envoyé par Wang et non par Mitsuhirato déclenche l'aventure la raison étant que les "Fils du Dragon" commençaient à s'impatienter en ne voyant pas venir le jeune Reporter, son départ pour la Chine ayant été retardé par le séjour chez le Maharadjah de Rawajpoutalah qui avait insisté avec son fils de rester quelques jours de plus. Hergé aura signé sa première diptyque avant les trois autres que sont Le secret de la Licorne et Le Trésor de Rackham Le rouge, les 7 boules de cristal et le Temple du soleil et l'aventure lunaire.
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nicnolsamedi 13 décembre 2014 à 11:56
Un chef d'oeuvre formel de technique picturale : la planche 31 de la version noir et blanc du "Lotus Bleu" !!!

Elle a pour cadre la nuit (Tintin et Milon, en route pour les Indes, viennent d'être enlevés sur le paquebot "Ranchi" et enfermés dans des caisses jetées à la mer) représentée non pas en noir mais en gris-blanc tandis que les ombres des éléments se détachent en noir, analogues à un négatif de photographie ... Moment de respiration avec les ingrédients d'une estampe (le bateau - le Ranchi s'éloignant -, la jonque recueillant les caisses, les reflets dans l'eau de la mer de Chine, à la fois gris-blanc et noire, les silhouettes des personnages, des arbres, de la voiture ... Moment de grâce dans la liaison du récit qui va reprendre par la suite dans la demeure de Wang Jen-Ghié, au mobilier typique de la Chine ancienne ...

Même maîtrise en la nudité glaciale des deux planches 41 et 42 ayant pour objet l'attentat de la voie ferrée ou l'évocation de la peinture traditionnelle Song, planche 67, peinture de montagne et d'eau destinée non pas à être exhibée indignement en musée mais à être contemplée dans l'intimité. L'attente de Tintin (du retour du professeur Fan Se-Yeng) est ainsi mise en symbiose avec la suggestion de cette contemplation tranquille et la cérémonie de la consommation du thé : une Paix souveraine émane de cette case ... lors que le récit va bientôt se dramatiser avec la capture de Tintin par les Japonais ... Aussi, dans la nuit "encre de Chine" des planches 102 à 107 ayant pour objet l'enlèvement de la famille Wang ...

Quant à la descente de Tintin et de Tchang vers Hou Kou (planches 88, en surplomb de la ville et 89, la descente, les deux héros se confondant presque avec la nature), elle relève du style "Shanshui", cet art du paysage dit "montagne et eau", empreint de la cosmologie chinoise où se fondent des concepts venus du Yi King et du taoïsme, il souligne l'insignifiance de l'humain au sein du cosmos ... Le paysage naturel shanshui est composé d'un ensemble de formes topographiques précises, la montagne correspondant au principe yang et l'eau au principe yin. Fleuves et mers sont vus comme des endroits sacrés, les montagnes, proche du Ciel, étant analogique avec la demeure des dieux. qui incarnent ces deux unités cosmogoniques.

Assurément, ces planches (reprises dans la version couleur qui en sauvegarde la poésie) se ressentent de l'influence artistique de Zhang Chongren (Tchang Tchong-Jen en transcription européenne), l'ami chinois d'Hergé, alors étudiant aux Beaux-arts de Bruxelles, auteur de la calligraphie chinoise de l'album, et qui joua une influence humaine et spirituelle DECISIVE non seulement dans la composition de cet album de rêve (un des DEUX SOMMETS ABSOLUS d'Hergé avec "Tintin au Tibet" - combien significatif le fait que "Le Lotus Bleu" n'ait pas été redessiné comme, plus tard, "Les Cigares du Pharaon" -), mais dans la suite de l'oeuvre hergéenne et sur Hergé lui-même, alors encore imbu du "réalisme" et des "ceritudes" occidentals !!! A ce point même qu'il lui rendra hommage en l'introduisant en tant que "personnage de papier" de bande dessinée dans la seconde partie de l'album, en tant que "frère cadet" de Tintin !!!
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nicnolmardi 14 octobre 2014 à 16:08
Combien singulier le fait que le thème de la folie, du dérangement mental ou de la névrose obsessionnelle apparaisse à ce point récurrent dans l’oeuve d’Hergé ! Il soulève la question de son enfance (qu’il avoua avoir été terne) et de ses rapports avec ses parents … Tout particulièrement avec sa mère dont on sait qu’atteinte de troubles psychiatriques au processus accéléré par le décès de sa mère Antoinette, âgée de quatre-vingt ans, en 1935, et la détention de son fils Paul, frère cadet d'Hergé, dans un camp de prisonniers de guerre en Allemagne, elle sombra progressivement dans la démence et fut internée à la fin de sa vie (elle mourra le 23 avril 1946) … Egalement de ses propres troubles psychologiques, de la fin de la guerre jusqu’à la composition de "Tintin au Tibet", troubles qu'il sublima par la création artistique …

La démence (réelle ou suggérée) rôde dans son œuvre, stigmate de l’inquiétude, de l'angoisse (significatif à cet égard, le fait qu'au grand scandale des milieux catholiques, il "osera" aborder le thème du suicide dans "On a marché sur la Lune"), de la détresse qu’il ressent relativement à la dérive mentale de sa mère … Faisons le compte ... il est édifiant :

1° le professeur Siclone, l’écrivain Zlotski, le père et les frères du Maharadjah de Rawhajpoutalah dans "Les Cigares du Pharaon", tous victimes du radjaïdjah, le "poison-qui-rend-fou" (invention d'espèce métaphorique particulièrement originale !), Siclone présentant un potentiel certain de démence, trait qui, à degré divers, constituera la "signature" de TOUS les savants ;
2° le messager chinois envoyé à Rawhajpoutalah et "Didi", le fils de Monsieur Wang, dans "Le Lotus Bleu" : même raison, Tintin (c'est significatif !) échappant de peu à un sort semblable … En outre, le thème de la dépendance à la drogue compose le décor de l’album jusqu'à promouvoir son titre ;
3° le professeur Euclide (le nom apparaît seulement dans la version noir et blanc), au début de "L’Oreille cassée" (lequel porte le signe sémiotique utilisé par Hergé pour suggérer la folie : la spirale, le tourbillon tracé au-dessus de sa tête ;
4° Kaviarovitch, agent secret de la police syldave, frappé d’amnésie (état pathologique offrant des analogies certaines avec la "folie") à la suite d’une agression, dans "Le sceptre d’Ottokar" … Hospitalisé, il est classé comme "liquidé" dans le carnet saisi sur le faux professeur Halambique ;
5° Philippulus, dont la schizophrénie se manifeste par Théomanie et Démonomanie, dans "L’Etoile Mystérieuse" ;
6° Aristide Filoselle, souffrant de kleptomanie, dans "Le Secret de la Licorne" … maladie mentale d’espèce maniaque ;
7° la double amnésie de Tournesol dans "Objectif Lune" et du Capitaine Haddock dans "Tintin et les Picaros" … Significatifs le fait que Tournesol, se situant dans la descendance "directe" du professeur Siclone, traverse l’aventure du "Soleil" dans un état d'inconscience totale et que le capitaine Haddock, outre son alcoolisme, présente maints traits dépressifs … ;

En outre, des faits ou des traits de caractère se rapportent au "thème" de la démence :

1° le Docteur Müller, dans "L’Île Noire", est directeur d’un asile d’aliénés … dans lequel il compte bien enfermer Tintin (substitut de Hergé ?) et le réduire à l’état de dément ;
2° la scène de convulsion des sept savants dans "Les Sept Boules de Cristal", album contemporain de la dérive mentale de sa mère et de son définitif effondrement comme de l'état moral de Hergé confronté aux IMBECILES persécutions de "l'Epuration" ;
3° l'état d'angoisse existentielle de l'ingénieur Frank Wolff, de plus en plus préhensible au fur et à mesure que s'avance l'aventure lunaire et qui le conduira à la dépression fatale conditionnant le suicide dans "On a marché sur la Lune" ;
4°les lévitations de Foudre Bénie dans "Tintin au Tibet" : lui aussi est représenté nanti de ces signes sémiotiques … ;
5° le Docteur Krollspell, dans "Vol 714 pour Sydney", est, lui aussi, directeur d’un asille d’aliénés à New Delhi … Il sera retrouvé "errant dans les environs de la ville et ayant complètement perdu la mémoire" (VPS, 62-II-2) ;
6° le "phénomène" social sectaire incarné par Andandinne Akass, gourou sectateur et animateur de "conférences" sur le "magnétisme" où se presse un "public" de gens supposés "normaux" et de "paumés" acheteurs des dérisoires "grigris" fabriqués par son complice, Ramo Nash, dans "Tintin et l’Alph Art" ;
7° les Dupondt, à l’intelligence se situant aux limites du crétinisme et la Castafiore qui apparaît bien offrir des traits hystériques (un certain public "féministe" l’a assez reproché à Hergé) … ;
8° Séraphin Lampion dont "l'exubérance" excessive, anormale, paraît bien s'apparenter à une névrose maniaque-dépressive ... ;

Il n'en demeure pas moins que cette angoisse existentielle, sublimée, a nourri une oeuvre GENIALE, témoignage d'un authentique pouvoir créateur et d'une personnalité de "chef d'école" !!!
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nicnolmercredi 8 octobre 2014 à 16:37
"Lao Tseu l'a dit : '' Il faut trouver la voie ! '' Moi je l'ai trouvée ! Il faut donc que vous la trouviez aussi ! ..."

Sous les espèces d'un syllogisme construit selon les règles (la "Majeure" - la "mineure" - la "Conclusion"), le "Fou de Shanghai" (dixit Tintin) exprime des fantasmes qui paraissent avoir tous les traits de la morbidité et que lui souffle une démence héritée du "radjaïdjah", le "poison-qui-rend-fou" en un mode d'application aussi "exemplaire" que définitif, la décapitation :

"Je vais d'abord vous couper la tête. Ensuite, vous connaîtrez la vérité !" !!! (LB, 13-IV-3,4).

Soit le mode de supplice frappant le siège de la volonté, de l'autorité, du commandement, du principe et de l'origine du corps et de son animation et que l'on pourrait croire prétendre séparer l'être du ciel, la tête étant reliée symboliquement au ciel dans toutes les traditions humaines ... En fait, la tête qui tombe est celle conditionnée par le corps, la tête individuelle, alors que la tête nouvelle porte un autre regard sur le monde. Soit, dès lors, une forme de rite de passage, la décapitation ouvrant l'accès à une dimension supérieure de l'Être (cette "voie" désignée par Lao Tseu) , et qu'illustrent certains faits historiques que l'on assure d'espèce "légendaire" (telles la décapitation de Sainte Cécile ou celle de Saint Denis à Paris dont les têtes décollées, continuant à vivre, démontrant l'autonomie, la supériorité de la tête et de l'esprit par rapport au corps) ... à l'opposition TOTALE de l'interprétation psychanalytique et sexuelle, "humaine trop humaine", qu'en fait Jean-Marie Apostolidès!!!

Sous couvert d'un gag ... morbide (et qui reviendra à trois reprises au cours de l'album, et en précipitera le dénouement), Hergé, bien qu'éclairé relativement à la richesse de la civilisation chinoise par la fréquentation de son ami Tchang, pourrait sembler basculer ici involontairement dans l'expression de ces "clichés" que l'Occident se repassait alors, de bouche à bouche et d'écrits en écrits, à propos de cette "Chine" et de ces Chinois "fourbes et cruels" qui "passent leur temps à inventer des supplices" ... ? Au contraire, il convient de distinguer plutôt un effet "miroir" déformant : après avoir été le protecteur de Tintin, devenu l'esclave d'un sadisme latent que révèle le radjaïdjah, il en devient le bourreau (et celui de Milou ... dont ce n'est pas la première occurrence - ni non plus la dernière - d'être ainsi l'objet du sadisme des hommes !) ... au lieu de protéger la Vie, il entend donner la Mort ... dans la dimension taoïste ci-dessus évoquée ...

C'est que, fils de Monsieur Wang, le "fou de Shanghai" fait partie de l'univers du Bien confronté à celui du Mal ... avant que d'être pour la cause victime du "radjaïdjah", le "poison qui rend fou" ... Ces actions efficaces, héroïques même de "Didi", cet authentique "frère aîné" de Tintin (son nom est formé deux syllabes jumelles comme celui de Tintin), Hergé les a présentées (comme déjà les filatures ... inquiétantes dans leur discrétion) à contresens de leur signification (là aussi, tel le reflet dans un miroir) : comme le héros, le lecteur ne pouvait les interpréter que comme actes d'agression directe ou tentatives de meurtre (LB 8-IV-3 et 9-III-1) ... avant que de comprendre comme lui, après coup, leur signification réelle ... Procédé narratif GENIAL qui, dans son efficacité, ne laisse pas de susciter l'admiration (comme sont également suggestifs les signes sémiotiques suggérant la folie : la spirale, le tourbillon tracés au-dessus de la tête du "fou" et - plus encore -, l'araignée ... renvoyant directement à l'expression populaire "il a une araignée dans le plafond" liée au graphisme du dessin) ...

Suspendant pour un temps son action contre Mitsuhirato, Tintin entreprendra l'impossible (fût-ce au risque de sa propre vie, recherché qu'il est par les Japonais comme "espion") pour lui "rendre la raison". Sa recherche du professeur Fan Se Yeng, cet "auteur de remarquables ouvrages sur la folie" kidnappé par Mitsuhirato assurément à l'instigation de Rastapopoulos qui l'a reconduit à pas même cent mètres de sa demeure (à nouveau, comme dans "Les Cigares du Pharaon", Tintin - de même d'ailleurs que le lecteur ! -, aveuglé par la "séduction" émanant du personnage, manque singulièrement de lucidité), conditionnant sa rencontre avec son "frère cadet" Tchang, le fera rebondir vers la résolution de l'intrigue du Lotus Bleu un instant suspendue (en apparence, du moins) ...
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jacqueshervesamedi 1 mars 2014 à 22:21
On ne sait pas ce que deviennent les victimes du Radjaïjah restés en Inde contrairement au fils de Wang qui est guéri. On peut supposer parmi ces derniers que Zwlotzk (Zlotsky dans la version couleur des Cigares du Pharaon) une fois guéri ait fini en prison pour complicité avec la bande de trafiquants de drogue.

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jacqueshervesamedi 1 mars 2014 à 22:07
Si on devait désigner un méchant parmi les Chinois, je citerai l'employé vêtu de noir du '' Lotus Bleu '' qui travaille pour Mr Mitsuhirato. A noter que dans la version noir et blanc, Rastapopoulos séjourne dans le même hôtel que celui où s'était rendu Tintin : l'"Européan Palace ", ce qui n'est pas mentionné dans la version couleurs. Je pense que le fait d'avoir placé les deux personnages dans le même établissement (version noir et blanc) était plus cohérent, vu que Tintin était à deux doigts de consommer du thé empoisonné....sans doute par l'intermédiaire de Rastapopoulos.
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