Les Cigares du Pharaon

Histoire

Ce quatrième épisode de la série, premier album paru exclusivement chez Casterman (les précédents étaient estampillés Éditions du Petit Vingtième) sous le titre Les aventures de Tintin reporter en Orient, Les Cigares du Pharaon, est sorti à l'automne 1934. Tintin part sur les traces de trafiquants d'opium à travers l'Égypte et l'Inde. Port-Saïd, Le Caire, les pyramides, les tombeaux des pharaons, la mer Rouge, la jungle et ses éléphants... Tintin va vivre des aventures peu banales : il tente d'échapper au poison qui rend fou, rencontre un archéologue extravagant, un Maharadja en danger de mort...

Différentes viariantes pour la première couverture et trois couvertures en tout

La première version était une couverture d'un blanc de neige sur laquelle était collé une petite image. Ensuite, il y eut 3 différentes variantes de la couverture de l'album noir et blanc.

En 1942, Hergé réalisa une des couvertures les plus admirables, qui se démarqua nettement de la première couverture. La première version couleur apparut en 1955 avec une nouvelle couverture.

Casterman

Cet album marque les débuts d'une collaboration qui va se poursuivre bien au delà des destins des protagonistes.

En 1934, Louis Casterman adresse à Hergé une proposition de collaboration qui fixe une redevance de trois francs par exemplaire vendu soit 15% sur le prix fort de vente  -  vingt francs belges  -  jusqu'au 10 000e exemplaire et de deux francs au delà.

Un album innovant

L'album marque un tournant dans la carrière du jeune illustrateur : désormais les histoires de Tintin répondront aux critères d'une intrigue policière baignée de mystère et de fantastique. Pour la première fois, Hergé joue avec le lecteur et l'emmène dans une vision onirique, où Tintin sous l'empire d'un narcotique, se voit en rêve accompagné de Milou. Ils sont momifiés l'un comme l'autre.

Sources documentaires et littéraires

Hergé est un aussi lecteur de romans et d'aventures. Pour alimenter son inspiration artistique, il trouve dans des récits vécus ou fictifs des bribes de scénario. Par exemple, Hergé se serait inspiré des ouvrages de l'illustre M. Jean-Francois-Désiré Capart, né à Bruxelles le 21 février 1877, égyptologue (alias le professeur Bergamotte dans Les 7 Boules de cristal). La scène des sarcophages où Tintin et Milou sont enfermés, flottant sur l'océan pourrait trouver sa source dans le roman de Paul d'Ivoi et Chabrillat, Les Cinq sous de Lavarède. Dans ce roman, le héros est confronté aux mêmes péripéties.

Le dialogue de la vignette A3 page 19 "Si c'est vous qui m'avez dénoncé, sachez que mon bateau est miné. Je le ferai sauter plutôt que de me rendre" s'inspire directement du récit autobiographique de Henry de Monfreid, Les Secrets de la mer Rouge, 1931.

Henry de Monfreid

Henry de Monfreid est l'une des figures marquantes de cette époque : trafiquant de drogue, contrebandier d'armes, pêcheur de perles, c'est un homme peu recommandable... mais qui jouit d'une popularité sans égale, comme en témoigne le succès de ses nombreux livres !

Photographie d'époque d'Henry de Monfreid - Planche 21 de la 1e édition
C03 13 B2 - Document photographique

S'étant embarqué pour Djibouti en 1911, Henry de Monfreid sillonna les mers pendant plus de vingt ans. Il se rendit rapidement compte de l'intérêt du trafic d'armes dans cette région ravagée par les guerres tribales. Il contribua ainsi malheureusement à l'instabilité du Moyen-Orient. Hergé s'inspire de personnages réels pour son casting de papier.

Apparition des agents X33 et X33 bis, mieux connus sous Dupont et Dupond

Dans la version noir et blanc de 1934, les agents X33 et X33 bis pourchassent sans relâche et sans discernement l'infortuné Tintin. Rebaptisés Dupont et Dupond, dans la version couleur reformatée pour l'occasion en 1955, les détectives à chapeau melon font ainsi leurs débuts. Hergé pourrait s'être inspiré d'une photographie de la couverture du numéro du 2 mars 1919 du Miroir . Et, sans doute, de son père et de son oncle, jumeaux parfaits !

Comment identifier Dupond et Dupont ? Dupont arbore une moustache dont les extrémités remontent légèrement, comme la base de la lettre " t ", et Dupond porte une moustache plutôt arrondie comme un " D ". 

Galerie des personnages

A côté des Dupondt, d'autres personnages participent à l'aventure et pour certains font aussi leur première apparition :

- Roberto Rastapopoulos, le plus méchant des méchants, revient après sa brève apparition au banquet à la fin de l'épisode américain.

- Oliveira da Figueira, commerçant portugais, qui dans les albums suivants, aidera à plusieurs reprises Tintin. Il incarne le génie commercial à l'échelle artisanale.

- Allan Thompson qui fait un retour dans l'édition en couleur de 1955, le marin malhonnête complice de Roberto Rastapopoulos.

Placement de produit

Le génie d'Hergé est de faire du placement de produit dans ses propres albums. Une façon originale pour l'époque de faire sa pub ! Dans la première version en noir et blanc, le Cheick Patrash Pasha exhibe un exemplaire de Tintin en Amérique, qui venait d'être mis en vente en 1934 !

On devine la stupéfaction de Tintin lorsque, dans la version couleur, un garde du Cheik Patrash Pasha lui présente une aventure de très loin postérieure à celle qu'il est en train de vivre. La nouvelle version de 1955 permet ce petit tour de passe-passe publicitaire.

Le signe du Kih-Oskh !

Ce signe est le trait d'union qui permet de lier des mondes différents - Égypte, Arabie et Inde- et de donner au récit une relative cohérence. Pour cette icône mémorable, Hergé se serait inspiré du Yin et du Yang.

Un parfum de cinéma

Dans l'édition en noir et blanc, la vedette masculine, idole du public féminin, dont l'entrée est gâchée par Tintin, est clairement inspirée de Rudolph Valentino qui joua dans le film Le Cheikh.

Dans la version couleur, la silhouette de l'acteur correspond plutôt aux canons masculins des années 1940 et 1950. Certains reconnaissent en lui l'acteur américain Gary Cooper.

L'Inde mythique et coloniale

On bascule en Inde à la faveur d'un crash d'avion. Poursuivi, l'avion de Tintin s'écrase en Inde alors que celui-ci tente de semer l'avion qui le suit. Il atterrit au beau milieu de la jungle indienne.

On découvre alors une végétation luxuriante, peuplée d'éléphants... mais aussi de tigres. Le Raj britannique est la dénomination non officielle de la période de domination britannique du sous-continent indien

Vos contributions (39) Contribuer
gavinmardi 18 octobre 2016 à 09:39
Je reprends la suite de mon exposé du 15 octobre mais,tout d'abord, il me faut signaler une erreur apparaissant à la fin du récir, ayant entraîné un disfonctionnement.
Il faut lire:....grâce à son esprit d'initiative il a réussi à éteindre la mèche des explosifs.
Ce passage est suivi de 16 images où l'on voit Tintin, la nuit,dans sa chambre aux prises avec un cobra dont Milou,toujours lui,réussit à détourner l'attention grace à un disque réservé aux charmeurs de serpents
Et je terminerai cette première analyse ensignalant une image très intéressante de la version originale parce qu'elle nous révèle que les deux policiers ne s'appelaient pas à l'époque Dupondt mais X33 et X33bis: ces derniers téléphonant à leurs supérieurs pour leur rendre compte du résultat de leur enquête sur la disparition de Tintin;"

La plupart des nouvelles images de la version en couleurs a servi à Hergé de traits d'union destinés à mieux comprendre le déroulement de l'histoire et remplace les textes par trop explicatifs figurant dans la version originale. Outre le fait que l'histoire a été très bien redessinée de très bons enchaînements apparaissent. C'est ainsi qu'Hergé fat entrer en scène Allan Thomson qui, en réalité, fait sa première apparition dans 'Le Crabe aux pinces d'Or".
Il faut également signaler l'oasis où Tintin et Milou vont se désaltérer avant de faire leur entrée dans une ville arabe qui ne s'appelle plus La Mecque!
"LePetit Infirmier" tombant de l'avion sur la tête de Tintin est également un passage qui ne figure pas dans la version originale. Je ne pense pas toutefois que cette idée soit heureuse.
Dans l'ensemble, l'album de 1954 est très réussi et les couleurs sont magnifiques; l'enchaînement est meilleur que dans l'album de 1934. Cependant il est regrettable que dans les 62 pages qui lui sont imposées par Casterman, Hergé ait crù bon de supprimer les importants passages qui se trouvent à la fin de la version originale et que j'ai cité plus haut tels que les aventures qui se déroulent dans le passage secret (seroents à lunettes, crocodiles,explosifs éteints grâce à l'initiative de Milou ) ainsi que l'attentat contre Tintin (cobras): il aurait mieux valu les faire apparaître, cela aurait augmenté l'impression de mystère des lieux et supprimer d'autres passages par trop enfantins tels que "Le Petit Infirmier"déjà cité ainsi que la conversation entre Tintin et les éléphants qui aurait pu, tout au moins être raccourc
ie. Hergé a, certes, beaucoup changé le texte car 1954 n'était plus 1933 et le monde a évolué depuis;Il y a eu la seconde guerre mondiale puis la décolonisation et certains passages pourraient actuellement choquer des lecteurs de pays qui étaient alors colonisés ou qui sont actuellement en voie de développement.. Puis des personnages ont changé de silhouette ou ont été modernisés. Cependant, personnellement je préférais la silhouette de Philémon Siclone de la version originale avec ses lunettes noires qui lui donnaient un air mystérieux et, toujours affublé de son caleçon à pois! Mais peut-être est-ce tout simplement , pour l'avoir connu comme tel dans ma jeunesse et, après tout,regarder en fil, comme d'ailleurs Tintin au" Congo"ou "Tintin en Amérique"était pour nous un moyen de nous évader et de ne plus entendre les bruits de bottes qui résonnaient dans la rue
Cependant il faut avouer que tout semblait mystérieux dans cette histoire et que c'est grace à la chronique "Le mystère Tintin"parue régulièrement à l'époque dans "Le petit vingtième" qu'Hergé a pu venir à bout de toute cette intrigue et mener ainsi à bien la fin de cette histoire.
Pour conclure je pense que les deux versions proposées par Hergé peuvent difficilement se remplacer et que tout fidèle "Tintinophile" doit s'efforcer de posséder le plus de documentation possible concernant "Tintin reporter en Orient sans oublier, évidemment,les magnifiques premières pages de couvertures du "Petit Vingtième"dont certaines sont de véritables œuvres d'art!
Quelle belle histoire et que de beaux albums!
Merci Hergé!
gavinsamedi 15 octobre 2016 à 20:50
"Réflexions sur ce que je pense etre la plus belle des aventures de Tintin"

Cette quatriéme aventure de Tintin esr parue pour la première fois dans "Le petit Vingtième",supplément pour la jeunesse du journal belge "Le Vingtième siècle du 8 décembre 1932. Elle fut, par la suite, reprise sur le périodique français "Cœurs Vaillants"pendant la période du 16 septembre 1934 au 22 décembre 1935. Enfin, l'histoire complète parut en 1934 sur un album " noir et blanc" de 127 pages, édité par Casterman.Vintent ensuite d'autres rééditions en 1938 avec l'adjonction de quatre magnifiques hors-textes en couleurs, en 1939 avec la signature d'Hergé au premier plat puis en 1941 où le tirage est justifié au vingtième mille.La dernière version en noir et blanc parut en 1942 avec un nouveau dessin en pleine page de couverture. Cet album est très recherché par les collectionneurs pour cette grande image qui n'a pas été reprise par la suite."Tintin en Orient" parut également en films fixes et en noir et blanc destinés aux patronages et projetés par lanternes magiques.
Dans "Le petit vingtième" cette histoire parut sous le titre "Les aventures de Tintin reporter en Orient du n 49 du 8 décembre 1932 au n° 6 du 6février 1934. Dans "Cœurs Vaillants" ce fut tout d'abord "Tintin et Milou en route vers l'Orient" du n° 38 du 16 septembre 1934 au n° 43 du 21 octobre 1934 puis à partir du n° 44 du 28 octobre 1934 le titre devient "Tintin et Milou en Orient" jusqu'au n° 51 du 22 décembre 1935.
Sur l'album en noir et blanc de 1934, le premier édité par Casterman,puisque les trois précédentes aventures le furent par les éditions du "Petit Vingtième"le titre "Les Cigares du Pharaon" apparaît pour la première fois avec en petits caractères en haut, "Les aventures de Tintin reporter en Orient.Cette édition originale comprend 780 images. Hergé, dans l'album couleurs que nous connaissons a complètement redessiné l'histoire appelée définitivement "Les Cigares du Pharaon et qui comprend 790 images..
Il faut toutefois noter que la parution dans "Cœurs Vaillants" de "Tintin en Orient"comprend 70 images supplémentaires par rapport au "Petit Vingtième". En effet l'histoire se poursuit jusqu'à la page 9 de "Tintin en Extrême-Orient"c'est à dire lorsque notre héros quitte Rawhajpoutalah en voiture en faisant ses adieux au Maharadjah et à son fils.Ces 70 images sont donc à ajouter aux 780 images de l'histoire des "Cigares du Pharaon"proprement dite ce qui donne une histoire de 135 pages.
Cependant et outre le fait que l'album ait été entièrement redessiné par Hergé en 1955, 122 images de la version originale n'ont pas été reprises et,inversement 132 images nouvelles apparaissent dans le dernier album.
Parmi les 132 images manquantes, la plupart étaient des images dont l'utilité n'a pas parue évidente à Hergé pour la compréhension de l'histoire.Cependant il faut citer plusieurs passages qui auraient d'etre insérés à nouveau dans la nouvelle version. Il s'agit tout d'abord de 16 images dont le thème se déroule dans le passage secret servant de Quartier Général à la bande de trafiquants après que Tintin eut descendu l'échelle de fer à l'intérieur du cocotier.Dans la version originale on le voit, tour à tour aux prises avec des serpents à lunettes sortis d'une statue de Vichnou émergeant d'une trappe, puis ensuite manquant de tomber dans un bassin souterrain au fond duquel apparaissent de redoutables crocodiles.
Il faut signaler également un autre passage de 7 images dont l'action se déroule toujours dans le passage secret après l'arrivée des deux Dupondt accompagnés du Maharadjah: le fakir s'échappe mais il annonce que dans trois minutes tout va sauter! Après que les deux policiers eurent réussi à ouvrir la porte, Milou entraine tout le monde à sa suite et, démontre que,grace à son esprit d'initiative , il a réussi à éteindre la mèche des explosifs grace à un disque destiné aux charmeurs de serpents.
Et je terminerai cette première analyse en signalant une image très intéressante parce qu'elle nous révèle la véritable identité des deux policiers::Dupont et Dupond au lieu de X33 et X33bis: ces derniers téléphonent à leur supérieur pour leur rendre compte des résultats de leur enquete sur la disparition de Tintin.
















































































































Ce passage est suivi de 16 images où l'on voit Tintin, la nuit,dans sa chambre,aux prises avec un cobra, dont Milou, toujours lui,réussit à détourner l'attention du reptile.
fifou2003mardi 2 février 2016 à 20:44
J'ai fait une vidéo sur " Les cigares du pharaon" utilisant pas mal d'informations sur ce site je voulais donc le remercier. Merci !
Voici le lien de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=3l1Jxbxq0Fk
jacqueshervevendredi 11 décembre 2015 à 20:53
Pardon : je voulais dire Hergé . Notons que dans la version noir et blanc un de la bande de cagoulés ressemble à Didi le fils de Wang. Reste à se demander si celui - ci n'avait pas cherché à s'infiltrer dans la bande pour bien être au courant des faits en vue de lutter contre le trafic de stupéfiants.

On s'interroge sur le fait que le chef tombé dans les rochers ait échappé à la mort.
+1
juliosmercredi 2 décembre 2015 à 09:09
J'aimerai trop l'avoir en ancien.
+2
Tintinislovejeudi 11 juin 2015 à 01:24
Classic graphic novel, my favorite since I was ten.
jacqueshervelundi 11 mai 2015 à 00:15
Peut-on préférer la version couleurs de 1955 à celle de 1932 ? Il est vrai que les dessins de la version couleurs sont plus élaborés. Cependant, l'ancienne édition semble être mieux en harmonie avec le Lotus Bleu où des dessins noir et blanc furent repris dans l'édition couleurs. A noter que dans la version noir et blanc, Hergé fait apparaître un Chinois parmi les gens qui visitent le secteur. Celui-ci en tant que figurant fait penser à Didi Jen Ghié. Tintin avait-il pensé à créer cet ange gardien avant de se lancer dans le récit du Lotus Bleu ?
+1
marcchaletmardi 10 mars 2015 à 11:53
Observons la couverture de l'album. Chacune et chacun sait reconnaître Jacobs dans l'égyptologue Jacobini figé dans le sarcophage n°14. Mais dans le suivant, le 15, qui est ce Trentin ? Dans la première version, en N&B, de 1932 (voir Archives, tome 3, page 27) le nom est Trentinati. La terminaison italienne dans la version en couleurs passe du sarcophage 15 au sarcophage 14. Jacobs devient Jacobini et Trentini (re)devient Trentin et change de visage. Cette curiosité est-elle l'amorce du scénario des Faussaires, album créé par Alep et Deloupy (Jarjille Editions) ? Qui est donc ce Trentin ? Un imprimeur, répondent Alep et Deloupy, un imprimeur croisant le chemin de Georges Rémi en 1940 quand ce dernier fuit l'avancée des Allemands en Belgique et avant son retour à Bruxelles peu de temps après. Les héros de Faussaires sont-ils sur une piste d'un album inédit ? En tout cas un bel hommage. Amis tintinophiles, lisez les deux tomes de Faussaires pour ne pas devenir tininomanes.
nicnolmardi 30 décembre 2014 à 16:35
Dans la conception primitive de "Les Cigares du Pharaon", Hergé est plus que jamais sous l'influence de ses lectures attentives du "Crapouillot" ... en l'occurrence, très certainement, le remarquable numéro paru en 1932 ayant pour objet "Les sociétés secrètes" et tout particulièrement l'article de Lucien Farnoux-Reynaud consacré à la franc maçonnerie ...

Concentré, dans "Tintin en Amérique" sur "Chicago" et ses groupes criminels rivaux (Bobby Smiles contre Al Capone, le "roi des bandits") ou coalisés dans le pseudo "Comité Central d'Aide et de Secours aux Gangsters Nécessiteux" (TEA, 57-II-1), parodie des "Syndicats", la franc maçonnerie, objet de "Les Cigares du Pharaon" mais aussi de l'album suivant, "Le Lotus Bleu", prend la dimension d'une Internationale du Crime, Univers du Mal INVERSANT la hiérarchie de l'Eglise catholique !!!
Qu'on en juge :

1° au signe de la Croix chrétien se substitue celui du pharaon Kih-Oskh, parodiant le "Yin" et le "Yan" bouddhiste, inscrit en tatouage dans la chair des adeptes et désignant le "Vénéré Maître" dans la version originelle ...

2° au Souverain pontife romain prenant à témoin le Ciel et s'adressant "urbi et orbi", à visage découvert, répond le "pape" NOIR, Rastapopoulos, "Grand Maître" siégeant dans le secret du tombeau du pharaon (lieu symboliquement en relation non seulement avec la Mort mais ... avec l'Enfer), ses disciples se réunissant masqués, également sous terre, à Rawhajpoutalah ...

3° à la parole d'Amour, de Vérité et de Vie se substitue la drogue qui endort, abrutit, contrôle les esprits et les corps des consommateurs "accrocs" comme on dit maintenant ...

4° à la miséricorde divine, au pardon du sacrement de la Confession s'opposent la condamnation sans appel en la destruction de l'esprit et de la raison par le terrible radjaïdjah, le "poison qui rend fou" ou l'élimination pure et simple de "rivaux" (le senhor Oliveira da Figueira, voyageur de commerce présenté comme trafiquant d'armes dans la version originelle, est assassiné avec son complice, le capitaine du boutre) !!!

5° aux prélats et évêques catholiques officiant en leurs diocèses font face des anti "ordinaires" tel le colonel arabe, depuis son poste de commandement (à La Mecque, dans la version primitive), le conseiller du Maharadjah à Rawhajpoutalah ou Mitshuhirato à Shanghai ...

6° chacun de ces "évêques" noirs commande à une hiérarchie inversée de "clercs" tels que le fakir '"la honte de notre corporation" dira de lui le fakir Cipaçalouvishni au début du "Lotus Bleu") , ou l'écrivain Zlotski aux Indes ... Yamato et ses sbires officiant au "Lotus Bleu" à Shanghai, en Chine ... En outre, la liaison entre les divers "évêchés" est assurée notamment par mer (Allan Thompson en mer Rouge ou la flottille de Mitsuhirato, de dimension quasi mondiale) ;

7° la puissance et l'efficacité de cette "franc maçonnerie du crime" sont d'autant plus dangereuses que ses membres les plus éminents ont leurs "entrées dans le Monde" qu'ils corrompent, considérés qu'ils sont comme des notables et sollicités en "haut lieu" :

a) ainsi de Rastapopoulos, milliardaire (à ce titre, d'autant plus "personna grata" dans un "monde" occidental révérant le "Veau d'or" et qui s'incline devant la puissance de l'argent !), propriétaire de l'opulente firme de cinéma "Cosmos Pictures", possédant de secrètes attaches dans des gouvernements ("On m'a demandé, en haut lieu, de profiter de mon séjour ici pour observer le plus possible" confie-t-il à Tintin dans la version originelle) ...
b) ainsi du colonel arabe, officier supérieur, assurément promis aux plus hautes fonctions de la hiérarchie militaire ...
c) ainsi des Snowball, quintessence des hommes d'affaire "British" de la "City", dans la version originelle, banquiers de la "India et India Bank Lmd" ...
d) ainsi aussi de Mitshuhirato, propriétaire d'une chaîne de magasin de prêt à porter qui lui sert de "couverture" à des activités beaucoup moins avouables ; en relation avec le monde politique, la bourgeoisie, l'armée et la police. Lié à Dawson (endetté auprès de lui et qu'il fait chanter pour la cause), le chef de police de la Concession Internationale de Shanghai (qu'on retrouvera tout aussi véreux dans "Coke en Stock"), lequel gravite dans un "Club" privé occidental où il est en relation d'affaires suivies avec l'industriel étatsunien Gibbons, infect individu, méprisable, type achevé de "l'Américain" siphonnant les biens des diverses nations qu'il rapine, directeur de "l'American and Chinese Steel Company" ...

Si, dans la version originelle, la franc maçonnerie n'est jamais nommément désignée, toute référence en est gommée dans la version définitive, "corrigée" et parue après 1945. Mais il n'est guère difficile de la reconnaître en les allusions aux rites et aux symboles empruntés à ceux du tombeau d'un pharaon égyptien, habile métaphore de l'éminent symbole maçonnique qu'est la pyramide, ou en les réunions secrètes des initiés se désignant par le titre de "Frère" et obéissant à un "Grand Maître" !!! De même en les rapports étroits avec la finance internationale JUIVE suggérée par le faciès de Rastapopoulos, stéréotype du Juif que n'efface pas son patronyme grec. Comme plus tard le banquier Blumenstein dans "L'Etoile mystérieuse", la structure première demeure sous-jacente à la révision et ne laisse pas d'être éclairante, analogiquement à notre époque actuelle de "mondialisation" ...
+1
jacqueshervesamedi 1 mars 2014 à 21:56
A noter toutefois deux petites erreurs:
-Tout d'abord, la dissymétrie entre l'itinéraire de la croisière à bord de l'Epoemo narrée par Tintin et celle tracée sur la carte en première page. En effet, selon la carte, la croisière fait le tour de la Méditerranée avant de croiser Gibraltar, tandis que selon Tintin, l'Epoemo passe le canal de Suez afin d'atteindre les Indes puis Shangai.

====> La carte dans la version couleurs a été reméniée à cause de la fermeture du Canal de Suez intervenu en 1956. Cependant, Hergé avait oublié de modifier le texte qui n'est autre que celui de l'édition de 1934 noir et blanc. Il y a deux versions de la version couleurs : celle avec la carte européenne sans traversée du Canal de Suez et une autre avec le tracé par Aden et l'Arabie.

Quant à Shanghaï, ce n'est autre que la ville où se déroulera Le Lotus Bleu, Hergé ayant envisagé d'envoyer son personnage en Chine après l'Amérique.
+2
jacqueshervedimanche 25 août 2013 à 12:50
Hergé avait déjà pensé à partir de cette aventure à créer un personnage marin qui allait devenir Allan dans Le Crabe aux Pinces d'Or. Le Cap'tain du City Of Doodlecastle dans la version noir et blanc a une façon de parler assez sèche proche de Allan. Un de ses employés ressemble d'ailleurs à son second Tom. Le Capitaine du Boutre aura aussi servi de modèle pour le méchant lieutenant et on peut comprendre pourquoi Hergé avait tenu à intégrer le personnage dans l'édition de 1955.
+1
jacqueshervedimanche 25 août 2013 à 12:46
A noter qu'une tentative de mise en couleurs avait été lancée pour ce récit durant les années 40 avec reprise ou remaniement des vignettes noir et blanc. Hergé avait même mis au point une page de titre spécifique. Il était question de reprendre la couverture plein cadre de 1942. Mais face à la surcharge de travail, Hergé a été amené à reporter la mise en couleurs du récit à 1955, après la parution des deux tomes de l'aventure lunaire.

On note cependant un aspect moderne qui rompt avec l'harmonisation des autres albums précédent le Crabe aux Pinces d'Or et surtout la suite "Le Lotus Bleu " où on a conservé pour réduire les pertes de temps le style d'origine pour les planches 5 à 62.
+2
jacqueshervedimanche 25 août 2013 à 12:04
Un album innovant, avec de nombreuses situations inattendues au fil d'un long voayge en direction de la Chine, ville du Lotus Bleu.
+1
vaisselledimanche 26 mai 2013 à 13:21
Moi j'aime Tintin et Milou , pour moi c'est un des meilleur album d' Hergé.
+1
vava1dimanche 10 février 2013 à 18:01
MON TINTIN PREFERE. Je le trouve vraiment génial. C'est vraiment à partir de cet album que l'on voit que Tintin aurait fait un excellent détective. C'est le premier album où Rastapopoulos apparaît. Il faut remarquer qu'il n'apparaît pas de façon récurrente dans la série. On ne le voit que dans quelques albums. Mais il est incontestablement le pire ennemi de Tintin. L'atmosphère est un petit peu plus étrange que celle des autres albums, je trouve. Mais il n'est pas effrayant.
tomtombmardi 6 novembre 2012 à 14:00
13/20: premiére apparition du monstre de la bd... Rastapopoulos. Tintin méne sa petite aventure en compagnie de mr Cyclone. Cet album marque la premiére apparition de Rastapopoulos mais aussi de Allan.
hellodeluvendredi 18 mai 2012 à 23:57
heu, facile, facile le quizz, ma dernière lecture des Cigares du Pharaon remonte bien à 20 ans et pour trouver les réponses...je tire la langue! Vite, il faut tous les relire!
tintindu1999mercredi 4 avril 2012 à 14:38
vous parler de quelle livre ??? moi je les est tous lu et j'ai regarder tout les film de tintin !!! il son super cool je les adore
abdeloumercredi 7 mars 2012 à 15:10
j'aurai voulu qui soit plus long parce que je l'ai lu en 30 min
asdewqvendredi 17 février 2012 à 00:54
quand je le lis je le trouve court
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