On a marché sur la Lune

Histoire

Cet album, d'une exactitude prophétique, poursuit l'aventure lunaire initiée dans Objectif Lune. Hergé repousse sans cesse les limites scénaristiques et envoie cette fois ses héros dans l'espace. Si aujourd'hui aller dans l'espace est presque une routine, au début des années cinquante, imaginer un tel récit relevait de la science-fiction. En effet, il est important de se rappeler que l'album fut publié en 1954 alors qu'Armstrong posa le premier pas sur la Lune qu'en 1969.

Dans la seconde partie de l'aventure, le côté pédagogique d'Objectif Lune s'atténue au profit d'un récit aux allures de thriller. L'expédition lunaire de nos héros est pleine de rebondissements et de surprises. Deux exemples marquants : l'arrivée des Dupondt, embarqués malgré eux dans le voyage vers notre satellite naturel, et le sort funeste de Frank Wolff. Sur le plan scientifique, Hergé réussit pleinement à nous faire goûter les mystères du moteur atomique ou des phénomènes d'apesanteur. De la même manière, il invite le lecteur à participer au pilotage d'une fusée interplanétaire tout en nous faisant voyager dans le monde spatial. Ce dernier double album d'une catégorie qui en compte trois (avec Le Secret de La Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge, Les Sept Boules de cristal et Le Temple du Soleil ) consacre le génie d'Hergé autant comme scénariste que dessinateur.

Les Studios Hergé  -  L'Union fait la Force

Les Studios Hergé furent créés le 6 avril 1950 et permirent d'alléger la charge de travail d'Hergé. Bob De Moor, exceptionnel dessinateur, rejoint l'équipe le 6 mars 1951 et allait devenir le pilier des nouveaux Studios.

Il dessina notamment les éléments importants de la fusée, les rampes de lancement de la base de Sbrodj, mais aussi les magnifiques paysages de l'espace et de la Lune, des interventions graphiques qui feront partie de ses plus belles réussites dans le domaine. La création des Studios a permis la poursuite de l'œuvre d'Hergé et cela jusqu'à sa mort ! Voyez aussi les volets 11 et 12 de l'album à la loupe Objectif Lune.

Le voyage spatial

Bien que l'histoire se passe dans un lieu confiné, l'incroyable talent d'Hergé a fait de cet album une aventure attrayante. Il a réussi admirablement à traiter l'aspect humain de la conquête de la Lune bien avant qu'elle se réalise : l'inquiétude des astronautes avant le grand départ, les conditions de leur alunissage, les transmissions entre nos héros et la terre, les intenses émotions provoquées par le premier pas posé sur la lune et, au même moment, la joie et le soulagement des techniciens restés sur terre, devant leurs postes de contrôle. Cerise sur le gâteau, l'histoire fut construite sur des bases scientifiques sérieuses.

Maquette de la fusée
Maquette du char lunaire

Haddock satellisé

Dans la mythologie grecque, Adonis est un mortel, amant de la déesse grecque Aphrodite. Mais Adonis est aussi le nom d'un astéroïde que rencontre le capitaine Haddock lors de sa sortie dans l'espace.

Il se trouve par mégarde entraîné par l'attraction de ce petit corps céleste, dessiné par Bob De Moor avec un certain réalisme. C'est ainsi qu'Haddock se retrouve satellisé autour de l'astéroïde, concept remarquable pour l'époque puisque le premier satellite artificiel ne sera lancé (autour de la Terre) que quelques années plus tard.

Hallucinant, un petit pas pour Tintin

Ce sera le point culminant de l'aventure de Tintin et de ses amis. L'alunissage se fait tout en délicatesse, le moment est venu pour Tintin de découvrir le plus incroyable des spectacles. Il descend solennellement les échelons le long de la fusée. Il pose le premier pied (apparemment le droit et non le gauche comme Armstrong) sur le sol lunaire, fait quelques pas.

Il prononce dès lors la phrase historique : « ...Pour la première fois sans doute dans l'histoire de l'humanité, on a marché sur la Lune ! ». Cette déclaration n'est pas sans rappeler celle prononcée par Neil Armstrong : " That's one small step for (a) man, one giant leap for mankind " (C'est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l'humanité).

Le cirque Hipparque pour se poser

Le professeur Tournesol aux commandes met le pilotage automatique pour se poser au centre du Cirque Hipparque. Hergé prend sa carte lunaire et pointe ce lieu - un cratère lunaire - situé près du méridien central de la face visible de la Lune pour engager la suite de son récit. Ce cratère porte le nom d'Hipparque, l'astronome et mathématicien grec. Armstrong et son coéquipier aluniront eux dans la mer de la Tranquillité (Mare Tranquillitatis) située plus au nord du Cirque d'Hipparque.

La découverte faite par Tintin dans une grotte de notre satellite a depuis été confirmée à la suite du lancement de la sonde Clémentine (1994), munie d'un radar passant au crible la surface de la Lune. Deux ans après, la Nasa annonçait la vraisemblance de la présence de glace sur la Lune. Le radar en avait détecté une masse qui était en réalité un lac de 5 kilomètres de diamètre.

Des bulles

Autre coup de génie d'Hergé, le Scotch du capitaine Haddock qui sous l'effet de l'apesanteur forme une « lentille » sphérique, parce que les molécules d'eau s'attirent et génèrent une force qui agit à la surface du liquide (tension superficielle).

Des traces de pas

Hergé manie l'absurde à merveille ! Les Dupondt tombent sur leurs propres traces de pas, un peu le même gag que celui de Tintin au pays de l'or noir ; et concluent merveilleusement : « Impossible que ce soit UN d'entre nous : il y a deux traces parallèles ... et nous sommes seuls ! » Dupond et Dupont ne font qu'une seule et même personne dans leur esprit !

Cette tension visant à minimiser l'énergie totale d'un corps considéré, va diminuer la surface de ce dernier ; la surface minimale pour un volume donné étant une sphère, on aura compris le choix effectué par le dessinateur pour représenter cette scène aux accents cocasses.

Casques

Beaucoup de lecteurs l'auront remarqué, les casques que portent Tintin et ses amis dans l'espace sont transparents. Loin d'être une erreur de la part d'Hergé, cette option fut choisie pour permettre d'avoir une visibilité sur les visages des personnages. Sur les casques des astronautes est disposé un filtre dont la fonction est de réduire l'intensité du rayonnement solaire qui frappe le visage de l'astronaute.

Le sacrifice de Wolff et la censure

Dès le début de l'histoire, le problème de l'oxygène demeure capital. Trop nombreux à être montés à bord, la question ne se pose plus pour les occupants de la fusée : une insuffisance d'oxygène est à prévoir. Plongé dans le remords, Wolff, l'ingénieur félon, est prêt à tout pour se racheter. Il désire sauver ses amis et mettre un terme à sa trop lourde culpabilité. Il prendra dès lors une grande décision, faire don de sa vie. Censurée par l'Église, la séquence doit être modifiée par le dessinateur. Hergé, bon gré mal gré, répond à cette demande en laissant croire à un éventuel miracle.

La lettre d'adieu de Wolff laisse supposer qu'il pourrait même échapper à cette mort, pourtant inéluctable. On atténue ainsi la portée suicidaire de l'action. Et voilà Frank Wolff œuvrant pour une fin rédemptrice de son existence.

Vos contributions (42) Contribuer
digorgozolavendredi 14 juillet 2017 à 09:24
Le capitaine est toujours prêt à tous faire pour boire du whisky !
Même si c'est parfois... suicidaire...
Comme dans le Crabe aux pinces d'Or.
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jacqueshervedimanche 9 juillet 2017 à 14:59
Très moyen le comportement du capitaine Haddock vis à vis des Dupondt.

Il se moque d'eux face à leur maladie capillaire et les traite de clowns lorsque le professeur Tournesol parle du lieu d'alunissage de la fusée. Un des policiers a eu raison de s'ennerver.

Plus tard quand même policier se fait gronder par le professeur Tournesol faute d'avoir compris qu'il faut s'allonger pour des raisons de sécurité, le capitaine une fois nos amis allongés en rajoute jusqu'à ce que le professeur arrive.

Ensuite, lorsque les policiers pensent que le squelette vu à travers un panneau de rayons X est celui de Wolff, le capitaine n'hésite pas à couper court à la conversation.

Et lorsque le capitaine s'ennivre et que les Dupondt le rappellent à l'ordre il n'hésite pas à les traîter de clowns.

On peut dire que durant le voyage le capitaine Haddock n'aura pas été sympa avec les deux policiers.
mcenroe37lundi 19 juin 2017 à 10:17
J’ai mis un peu de temps avant d’apprécier à sa juste valeur et pleinement ce diptyque, mais je dois dire que je le range désormais au sommet de mon panthéon personnel.
Plusieurs personnages font le show ici, de manière assez équilibrée : Tournesol bien sûr, qui nous apparaît sous un jour nouveau, celui d’un dirigeant énergique ! Loin de ses pendules, il paraît quinze ans de moins tout d’un coup ; Haddock, énorme, qu’Hergé a particulièrement soigné au niveau du dessin. Ses postures sont remarquables, qu’il plie un drap ou qu’il examine Tournesol en se demandant ce qui a bien pu changer chez ce dernier (réponse : l’appareil acoustique) ; les Dupondt, qui n’ont peut-être jamais été aussi stupides que dans cette aventure (« Qui est-ce Adonis ? Un de vos amis qui habite la région ? » Il faut quand même en tenir une bonne à ce niveau-là…) ; Tintin, légèrement en retrait des autres, mais premier homme à fouler le sol de la Lune tout de même.

Et il y a Wolff… On assiste au terrible spectacle de sa déchéance. Celui d’un homme pris dans un terrible engrenage, se battant contre lui-même, contre ses propres démons. Il est constamment sur la brèche, dépité, désespéré… Sa conscience en lutte fait peine à voir.
Brave garçon ? Cela se discute. Car il essaie par trois fois d’assassiner nos héros : en refermant la porte de la fusée et en faisant disparaître les échelons d’abord, puis en avançant vers Haddock pour le pousser dans le vide. Ces deux fois, il regrette, fait marche arrière, en tout cas ne va pas au bout de son geste. Troisième tentative : il cisaille la corde qui retient une lourde caisse tout près d'écraser Tournesol et Tintin. Ainsi, on aurait cru à l’accident… Dans quel but ? Se débarrasser de deux gêneurs, faciliter le travail de Jorgen, et le sien par la même occasion. En fait, Wolff veut bien tuer, à condition qu’il n’y ait pas de souffrance chez l’autre. Il faut que ce soit rapide (sinon, "ce serait une mort atroce", dit-il), et que nul ne le désigne jamais, même une seconde, comme l'assassin ou son complice. L’idée de laisser ses acolytes mourir d'asphyxie sur le satellite en regardant la fusée s'éloigner, bien que sadiquement amusante, lui est insupportable. Il n’aime pas faire souffrir. Mais lui, il souffre. Il ne veut pas faire vivre aux autres ce que lui-même est en train de vivre.
Passionnant personnage.

A la toute fin cependant, Wolff, cet être complexe et suant perclus de doutes, de contradictions et de culpabilité (l'anti-Lampion absolu), choisit le camp du Bien.
Mais il est trop tard, Herr Wolff, beaucoup trop tard ! A votre décharge, nous indiquerons deux derniers gestes que nous qualifierons de chevaleresques, la bagarre avec Jorgen et votre saut dans le vide... Une initiative destinée à sauver vos anciens amis en leur donnant votre part d'oxygène, ou peut-être surtout à vous éviter de passer le reste de votre vie entre quatre murs... après avoir tutoyé les étoiles.
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nicnolmercredi 26 avril 2017 à 13:25
Un échange dialogique absolument savoureux et désopilant au possible au sein d'un album terriblement sérieux, dramatique et même tragique a lieu quand Haddock estime que "le cirque Hipparque pourrait avoir trouvé les deux clowns dont il a besoin. Il est vrai que les Dupondt ont alors exactement la tête de l'emploi" (Thierry Groensteen) !!!

Cet échange résulte (une fois de plus) de leur ignorance crasse chaque fois qu'ils s'aventurent dans le labyrinthe de la Culture ... Il débute quand Tournesol révèle le lieu de l'alunissage de la fusée : le cirque Hipparque (ce faisant, Hergé, par la bouche du professeur, n'oublie jamais sa vocation de pédagogue auprès de ses jeunes lecteurs - OML, 18-III-3 et IV- 1 et 2 -) ...
Écoutons l'échange :

Dupond : Le cirque du Parc ? ... Tiens, çà c'est épatant ! Il y a longtemps que nous n'avons plus été au cirque, pas vrai, Dupont ?
Dupont : Oui, chic ... Mais j'ignorais qu'il y avait un cirque sur la Lune ! ... Vous le saviez, vous, capitaine ?
Haddock : Si je le savais ? ... Bien sûr. Tout le monde sait cela ! ... J'ai même appris qu'ils avaient besoin de deux clowns ... Vous feriez parfaitement l'affaire ! (OML, 18-III-1, 2)

Une de ces pointes dont Haddock a le secret et que les Dupondt ne s'avisent qu'avec un retard révélateur ... Mais, quand çà fait "TILT", Dupont se dresse, furibard, accuse cet "individu" de les avoir insulté et exige des excuses (OML, 18-IV-3 - 19-I-1). L'échange qui suit est alors à nouveau l'occasion d'une énième contrepèterie, Dupond, par un lapsus révélateur, à la place des excuses, exigeant des insultes !!!

Toutefois, quand Haddock s'exécute, assurant que "Le cirque Hipparque n'a pas besoin de deux clowns : vous ne pouvez donc pas faire l'affaire ! ..." (OML, 19-II-1), les Dupondt (bien que çà "chauffe" ferme sous la tignasse de Dupont !) ne perçoivent pas que ce "retrait" n'en est pas vraiment un : que "le cirque Hipparque" (ou "du Parc") n'ait pas besoin de "deux clowns", n'implique nullement qu'ils n'en soient pas ainsi que le suggère cette "perle" hergéenne quand Haddock les taxe de "Vercingétorix de carnaval" (OML, 20-III-2) ?!!!

"C'est dans l'aventure lunaire que le personnage des Dupondt apparaît le plus proche de celui de l'Auguste : pleurnichards, malpropres, avec au sommet du crâne une touffe de poils bariolés, leur scaphandre évoque irrésistiblement le costume trop large des clowns de cirque." (Jean-Marie Apostolidès).

Soyons juste ... cette nouvelle rechute des effets secondaires du N14 qui les fait ressembler comme jamais à des "clowns", les Dupondt la doivent en partie à la sortie de Haddock dans l'Espace ... Il n'empêche ... la manière qu'a le capitaine de dire les choses tout de go dénonce éloquemment ce qu'il pense des Dupondt : ce sont de parfaits imbéciles et il l'exprimera encore plus clairement au cours d'un autre échange, l'interrogatoire de Wolff :

Dupont : Un instant capitaine, nous avons, nous aussi, une question à poser au prévenu.
Dupond : Oui, une question CAPITALE. Et le squelette, Wolff, c'était vous ?
Dupont : Oui squelette, c'était vous, le Wolff ? Allons, répondez !
Haddock : Ceci est un interrogatoire SERIEUX, mille sabords ! Autrement dit, espèces d'anacoluthes, ne vous en mêlez pas !" (OML, 45-IV-4 - 46-I-1 et 2a)

Et le gag du cirque Hipparque reviendra une dernière fois mais cette fois dans le cadre d'angoisse tragique de la fin de l'aventure lunaire, Haddock se saoulant dans un mouvement d'auto destruction qui manquera de lui coûter la vie :

"Vous ... vous deux ... espèce d'ec ... d'ectoplasmes ... je ne vous demande pp ... pas si votre grand ... grand-mère fait du vélo ... Le cirque Hip .... Hipparque avait besoin ddde ... deux clowns. Vous auriez dû y ... y rester !" (OML, 56-II-3).
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ivannamercredi 15 février 2017 à 23:43
Merci pour toutes les découvertes et l'analyse de l'album. :)
jacqueshervemardi 7 juin 2016 à 21:40
On appréciera Wolff page 52 car c'est lui seul qui sauve l'équipage en empêchant Jorgen Boris de les liquider. Mais on devine que son sacrifice fut lié au fait qu'il ne veuille pas affronter monsieur Baxter pour avoir trahi l'équipage, même si Tintin aurait accordé quelques circonstances atténuantes. ... Contrairement au capitaine Haddock et aux Dupondt qui sont moins tolérants. On remarquera que Tournesol n'intervient pas quant aux décisions de Tintin.
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nicnoljeudi 3 mars 2016 à 15:15
La remarque d'anthony001, portant sur Tintin "pétant un câble" se rapporte au "thème de la corde", si présent dans l’œuvre hergéenne, par exemple dans cette épisode de "On a marché sur la Lune" par lequel on peut s'autoriser à imaginer Tintin, réputé "impénétrable" aux émotions humaines, possiblement en pleurs quand il est sur le point d'abandonner Milou qui a chu dans une crevasse lunaire (OML, 36-III-1b), ... Car il permet de prendre conscience de DEUX vertus du héros : l'AMOUR et l'HEROÏSME !!!

En effet, en dépit des objurgations de Haddock (à SIX reprises, tout au long de cette page 36 !), Tintin s'obstine à descendre le long du goulot de la crevasse et, arrivé à l'extrémité de la corde, versant peut-être des larmes (impossible de les voir, son visage demeure dans l'ombre mais on peut les deviner à la vue des gouttelettes ... "l'auréolant", en quelque sorte), il décide de s'élancer dans le vide ... malgré le risque (INCONNU) évident qu'il court : "A la grâce de Dieu ! (OML, 37-II-3b) !!! Comment l'imaginer, en effet, abandonner le compagnon de ses années de solitude ?!!! Ce risque ne sera que trop réel, Tintin (et Milou !) manquant de périr asphyxié(s) (OML, 37-IV-2b et 4) du fait de la lenteur de la remontée (OML, 37-IV-3 et 5 + 38-I-1 et 2)) !!! Situation qu'il avait déjà vécue dans le sous-marin de poche de Tournesol dont l'hélice s'était "emberlificotée dans les algues" (TRR, 34-II-1), le sauvetage ayant nécessité tout le "temps" des pages 34, 35, 36 et 37 !!!

Dans les deux situations, une corde salvatrice ... Le "thème de la corde" joue un tôle éminent dans les situations périlleuses ... Ainsi, dans "Le Temple du Soleil", tout au long de l'épisode de la chute d'eau (Pages 41 à 45) au cours duquel Tintin (et Milou !) paraissent s'être noyés (TDS, 42-IV-5 et 43-I-1 et 2) ... Ainsi, quand Tintin, au péril de sa vie et des autres passagers de la fusée, réussi à ramener Haddock, pris de whisky et devenu pour la cause, provisoire "satellite d'Adonis", dans cet "espèce de cigare volant" ... Ainsi - SURTOUT ! - dans "Tintin au Tibet", quand Haddock est prêt à "larguer les amarres" (TAT, 41-III-3) ... soit, se suicider (ou plutôt, se SACRIFIER pour sauver Tintin ... comme, précédemment, Wolff dans "On a marché sur la Lune" ... situation ANALOGIQUE au scénario du TRÈS BEAU film "Vertical limit"), tandis que Tintin s'efforce de tenir le plus longtemps possible ... malgré la douleur et le froid (TAT, 41-II-2b et 4a) et CONJURE Haddock de "ne pas faire cette folie" (TAT, 42-I-1) !!!

Le "thème de la corde" ... ? Soit le lien indéfectible, le "fil d'Ariane" unissant Tintin et Haddock ... sans qu'il faille, pour "l'expliquer" de manière "réaliste", "psychologique", "moderniste", en appeler (comme d'aucuns ne se privent pas de se le permettre !) au thème de l'homosexualité et de sa ... "justification" ... Parce que d'essence non point "humaine" mais ... spirituelle soit ... SUPÉRIEURE aux limites charnelles !!!
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antony001jeudi 10 décembre 2015 à 12:17
J'aime bien ce livre surtout quand tintin pète un câble ( quand il a fini de sauver le capitaine Haddock ).....!
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tintin789555lundi 12 octobre 2015 à 17:01
C'est un des meilleurs Tintin que j'ai lu
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nicnoljeudi 27 août 2015 à 15:05
Quels que soient les torts du capitaine Haddock en tant qu'ayant mis ses compagnons d'odyssée en péril de mort lors de sa "sortie dans l'Espace" (*), son REALISME, lui faisant lucidement estimer qu'une CRAPULE demeure viscéralement une CRAPULE et qu'il convient dès lors de la traiter comme telle (c'est-à-dire en ne lui accordant AUCUNE merci) va lui donner raison sur Tintin dont le candide idéalisme humanitaire générera un autre péril de mort, celui suscité par Jorgen, CRAPULE irrécupérable, se jouant du naïf Wolff.

(*) même si "solidement imbibé de whisky" (OML, 8-I-4), il est le premier homme à l’avoir fait (passons sur les impossibilités physiques de l'épisode) ... quelques douze années avant le russe Alexeï Leonov, le 18 mars 1965, précédant de dix semaines les Américains (c'est, forcément, INCONNU ... "à l'Ouest" !), au point de devenir, très provisoirement, "satellite d'Adonis" (OML, 8-IV-2 et 9-I-2) … et d’opérer une révolution complète autour de l’astéroïde (OML, 9-IV-2 et 10-I) !!!

Ainsi, quand Tintin propose, avant le départ de la Lune, de "fourrer ces lascars (Jorgen et Wolff) à fond de cale" et demande au capitaine de les "arrimer solidement", Haddock proteste, estime qu'il faut les abandonner sur la Lune ("c'est le sort qu'ils méritent eux-mêmes") et annonce à son ami : "Vous le regretterez, votre beau geste. Retenez bien çà : vous le regretterez" (OML, 47-II-2 et 3) ... Goûtons alors de quelle manière Hergé, "noyant le poisson", distrait aussitôt ses lecteurs avec la scène des postillons ... Pauvre Haddock !!!

Tournesol témoigne de la même candeur "humanitaire" quand il demande au capitaine "d'étendre nos deux prisonniers sur le ventre, de façon qu'ils ne souffrent pas trop lorsque ..." (sous-entendu lorsque la fusée s'élancera hors de la Lune - OML, 49-III-3 -) ce qui déclenche une nouvelle ire de ce dernier :

"Comment !!! Et avec çà, faut-il leur porter leur petit déjeuner au lit ? ... Les garder à bord c'est déjà de la folie ! Mais les dorloter comme des poupons, çà, mille sabords, c'est le comble ! ..." (OML, 49-III-3 et IV-1a) ...

Protestations haddockiennes qui, de nos jours, retentissent avec de plus en plus d'actualité (et de pertinence !), au regard de nos prisons ... "Club Med" et ... des libérations anticipées, pour "bonne conduite", de criminels endurcis, abstraction faite de la plus élémentaire prévoyance des risques de récidives ...

QUI aura raison ... ? Le capitaine ..., à l’heure où Jorgen (involontairement aidé par l’incroyable stupidité des Dupondt !) surgit, pistolet au poing (OML, 51-IV-3) ... ne reculant pas, LUI, devant la résolution de "liquider" le trio (OML, 52-II-2) !!! On assiste alors au début du "rachat" de Wolff, sauvant la situation en tuant involontairement Jorgen, au demeurant, un des PIRES bandits créé par Hergé (à mon avis, avec Tom, dans "Tintin au Congo") !!! Notons qu'ensuite Haddock aura tort de continuer à considérer Wolff, "ce pirate du ciel, cet astronaute d'eau douce" (!), comme un "serpent" (OML, 52-IV-3), un "scorpion" (OML, 53-I-2) et un "misérable ectoplasme" ayant été "mijoter" un "coup de Jarnac" (OML, 54-III-2) ... avant de se rendre compte que le malheureux ingénieur (pour qui j'éprouve une infinie pitié tant son personnage est pathétique !) se sera finalement sacrifié pour sauver ceux qu'il a trahi ... Car il est des gestes qui, authentiquement, sont rédempteurs ...

On retrouvera intacts le même propension à l’humanitarisme béat chez Tintin, "héros au grand cœur" (OML, 54-III-2) et la même lucidité chez Haddock, dans le dernier album, "Tintin et les Picaros", à l'heure où Tintin, en dépit d’une évidente déception et parce qu'il n'a jamais oublié qu'un jour Pablo lui a sauvé la vie (OC, p. 36 et 37), rendra la liberté à cette "espèce de cloporte" (TEP, 57-IV-3) qui pourtant, les a bassement trahi (TEP, 26-IV-3) ... Haddock lui assénera alors ces TERRIBLES paroles :

"Vous avez tort Tintin ! Et vous le regretterez un jour ! ... Souvenez-vous qu'un bienfait ne reste jamais impuni ! ..." (TEP, 58-I-2) ...

L'œuvre de Hergé étant désormais close, nous ne saurons jamais si Tintin aurait eu à regretter d'avoir ainsi, non point pardonné, mais laissé Pablo confronté à un dilemme manichéen : choisir entre le Bien et le Mal ... se racheter ou persister dans la trahison ... De la sentence de Haddock, on ne saurait cependant nier l'authentique leçon de vie ... C'est que, hélas, bien souvent, nous avons pu mesurer ce qu'il en coûte de faire confiance ... Par exemple, dans la relation amoureuse ... la vie nous apprenant que les serments les plus beaux, les plus émouvants, les plus passionnés se révèlent n'être bien souvent que du Vent ... !!!

Que nous apprend cet hiatus entre l'idéalisme et le réalisme lucide que Hergé prête aux deux héros essentiels de son œuvre sinon son propre conflit intérieur qui a surgi aux lendemains de la ... "Libération" quand, traîné dans la boue par des "résistants" qui, bien souvent, ne l'étaient ... que "de la veille", il a éprouvé dans son être la noirceur humaine et découvert de quelle ignominie les hommes sont capables !!! Et je pense qu’alors la vertu chrétienne du PARDON s'est trouvée, chez le catholique Hergé, en conflit frontal avec les réalités de la Vie ... Il en a conservé une blessure indélébile, ce dont témoignent les années de dépression et même, le retrait temporaire de la composition de l'album lunaire, de septembre 1950 au 09 avril 1952, précisément au moment où Tintin, blessé à la tête, se retrouve sur un lit d'hôpital (OL, p. 26) ...
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gael34600samedi 13 juin 2015 à 07:37
Je suis en train de le lire
jacqueshervesamedi 9 mai 2015 à 20:44
Bonne idée de Hergé de faire apparaître Tintin en colère après avoir sauvé le Capitaine de sa bêtise dans l'Espace !
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jacqueshervemardi 5 mai 2015 à 11:36
On se demande à quel moment on a modifié les radios et les arrivées d'oxygène dans les scaphandres entre ce qu'on peut voir sur Objectif Lune et On a marché sur la Lune
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nico87samedi 1 novembre 2014 à 08:10
Cool. Mais il se passe un peu tous le temps la meme chose.
paulaxelmercredi 11 juin 2014 à 21:12
Bravo !!! Ce livre est très bien
montaubansamedi 17 mai 2014 à 17:22
Belle contribution, nicnol. J'en réfererai à piqui qui (si je me réfère au"dépouillement du viel homme), travaille aux mêmes heures que nous
nicnolvendredi 31 janvier 2014 à 16:22
@jacquesherve : de fait, Tintin et Haddock renonce à la "combinaison réglementaire" (dixit Wolff dans OL 12-I-3) de l'usine de Sbrodj à partir de OML 11-IV-2, soit immédiatement après l'expérience de Haddock en tant que "satellite" d'Adonis, la mémorable engueulade (MÉRITÉE !) que lui administre Tintin (hormis son chien, c'est la SEULE fois où l'on "voit" et "entend" Tintin élever pareillement la voix !) et leur rentrée dans la fusée ... A ce moment, Haddock, "pénitent", lui adresse ces mots :

"Je... je suis un misérable... J'avais bu... Je... C'est affreux, ce que j'ai fait là... Je vous demande pardon."

On retrouve, avec pratiquement les mêmes mots, la même contrition que dans "Le Crabe aux pince d'Or" - "Pardon!... Pardon!... Je suis un misérable!... J'ai bu le rhum qui se trouvait dans le coffre!... Pardon!... (CPO, 20-III-3) ...

Mais cette contrition haddockienne se heurte à un "Çà va!... N'en parlons plus, mais..." de la part de Tintin ... "Absolution" qui n'en est pas une (ainsi que le souligne le "mais" suivi de points de "suspension") et qui implique une "pénitence" à consentir de la part de Haddock ...

Je verrais dès lors dans cet "abandon" des tenues réglementaires (symbolisant leur commune situation particulière de "cobayes humains" désignés "volontaires" par la Science incarnée par l'usine de Sbrodj et ses "règlements", Baxter et ... Tournesol) et le retour aux vêtements qui les distinguent si nettement, une énième forme du "dépouillement du vieil homme" ... Soit, se débarrasser de "l'uniforme" de l'usine de Sbrodj dont l’Épreuve imposée à leurs corps défendant (le voyage vers la Lune) a fait commettre à Haddock un si grand "péché" : le retour à la crise alcoolique qui a failli leur coûter la vie à tous et à laquelle il n'avait plus succombé depuis (si l'on excepte le récit dans "Le Secret de la Licorne" au cours duquel, sous l'emprise d'une crise d'identification avec l'Ancêtre, illustrant les faits et gestes héroïques de ce dernier, il casse tout dans son appartement). Manière symbolique pour le catholique Hergé d'exprimer le renouement des deux amis avec l'origine de la relation privilégiée qui les unit "à la vie - à la mort" : la promesse que Tintin a exigée de Haddock de ne plus boire, en appelant à "sa dignité et ... "à sa vieille mère" - CPO 16-I-1) ...

"Dépouiller le vieil homme" ... Expression d'origine biblique ... Soit l'abandon du pécheur et la transformation en un être meilleur ... Soit encore, pour Haddock, l'abandon réel et définitif de l'alcool ... Et c'est vrai que, hormis la crise de désespoir qui lui fait commencer à vider une bouteille de whisky dans la quasi certitude où il estime que tous vont finir "comme des morues dans un carton à chapeau" (OML, 56-II-1), Haddock ne boira désormais plus de l'alcool que modérément ...

Remarquons que la formule de contrition de Haddock en annonce une autre, bien plus tragique, celle-là ... celle de Wolff ... en son message d'adieu ...
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nicnolvendredi 31 janvier 2014 à 14:24
Le personnage de Wolff est, de tous ceux créés par Hergé, DE LOIN, le plus pathétique ... Car un Destin implacable s'attache à lui !!! "Heureux" - il le dira lui-même dans le long récit de son drame personnel (OML, p. 45 et 46) -, "épanoui", "ouvert" (dixit Tintin, OML, 39-II-2), en accueillant Tintin et le capitaine Haddock à leur arrivée dans l'usine atomique de Sbrodj au début d' "Objectif Lune" , les "pilotant" dans leur visite (interrompue par le gag de la pseudo disparition des plans de la fusée d'essai - OL, 15-I-1 à 3 -), le graphisme d'Hergé le présente progressivement et de plus en plus, tendu, inquiet, angoissé ... PLUS JAMAIS on ne le reverra sourire (voir, par exemple, le visage déchirant qu'il offre à Baxter - OL, 57-II-3 -) !!! Son auto interpellation, dans l'attente du départ de la fusée ("Qu'ai-je fait, mon Dieu, qu'ai-je fait ... ? Comment ai-je pu me laisser entraîner dans une telle aventure ... ?" - OL, 59-III-1 -), si elle paraît s'inscrire dans une commune attente angoissante (et angoissée) du départ, prendra tout son sens plus tard ... Elle participe aux "signaux" subtilement parsemés tout au long de l'album dont, précisément, la disparition de ce sourire ... à partir de l'intrusion des espions dans la zone interdite ... Un de ces signaux (absolument anodin en apparence), figure au début d'OML, en 2-IV-3, à l'heure où les Dupondt surgissent de l'étage inférieur de la fusée, sous la forme de ce signe graphique d'exclamation, ... le SEUL de la case, qui LE concerne SEUL et qui exprime ... on ne sait quoi dans l'instant ...

C'est qu'il a suffit à une mystérieuse organisation d'espions chapeautant savants et ingénieurs voués à sa dévotion et guignant la technologie occidentale (significatif le fait qu'Hergé ait récusé le scénario Heuvelmans-Van Melkebeke dirigeant nos héros aux Etats-Unis), d'obtenir la liste du personnel du "Grand Magasin" (OL, 8-IV-2) pour que son passé involontaire d'espion (à l'usine atomique de White Sands, aux USA, du fait de son addiction au jeu et des dettes contractées et accumulées) resurgisse et qu'un terrible chantage l'oblige à trahir à nouveau la confiance qu'on a mise en lui !!! Hergé, à ma connaissance du moins, ne nous dira jamais RIEN de cette organisation que l'on devine redoutable ni de "QUI" elle relève mais que l'on peut considérer comme associant subtilement Etats-Unis et URSS (la Guerre froide représente le cadre innommé quand il compose le double album) :

1) côté américain :
a) le grand patron du réseau d'espions répond au nom de "Miller", patronyme nettement anglo-saxon ou étatsunien (le vocable "miller", en anglais signifie "meunier"). En outre, il présente un faciès nettement étasunien ;
b) il donne du "mon cher baron" (OL, 8-IV-3b) à un second personnage, lequel, paraissant membre de la gentry, est peut-être aussi un aristocrate déclassé après la conspiration du "Sceptre d'Ottokar" ... se trouvant en relation avec un mystérieux "agent K 27" qui, lui, est un fonctionnaire de l'administration syldave ...
c) le second espion tirant sur Tintin se prénomme "Jim" (OL, 21-IV-3) ...
d) l'évocation du passé de Wolff, précisément aux Etats-Unis, à l'usine atomique de White Sands ;

2) côté soviétique :
a) le grand patron, pour présentant ce faciès étatsunien, peut très bien être un Américain "passé à l'Est" en tant qu'espion comme tant de ses pareils à cette époque ou le maccarthysme faisait rage aux Etats-Unis ;
b) la caisse truquée, abritant Jorgen (ex aide de camp du roi Muskar XII dans "Le Sceptre d'Ottokar", participant à la conspiration contre son souverain pour le compte de la Bordurie, cette métaphore de l'Allemagne nazie puis de l'URSS stalinienne ainsi qu'on l'apprendra dans "L'Affaire Tournesol"), provient de l'usine d'Iéna, alors dans l'ex RDA ;
c) la référence de l'usine américaine de White Sands, déjà espionnée au bénéfice de QUI sinon de l'URSS ...

Cet étrange balancement/synthèse entre les deux "Super Grands", vainqueurs d'une Seconde guerre mondiale au cours de laquelle l'Europe a achevé l'auto destruction commencée en 1914, peut signifier, de la part d'Hergé, un secret engagement politique et une revanche d'espèces métaphoriques de "l'Europe" (thème déjà abordé dans "L'Etoile mystérieuse") face aux deux nations qui lui ont dérobé SA Science et SA technique (tout particulièrement s'agissant de l'Allemagne dont les "vainqueurs" se sont "partagés" savants et techniciens, menacés de la "Justice" de Nuremberg ou d'un "séjour forcé" au Goulag) ...

La tragédie de Wolff se continue et s'aggrave quand Jorgen réussit à s'emparer de la fusée ...
Il va même jusqu'à céder à la volonté de ce dernier d'abandonner l'équipe sur la Lune ... Ici, il faut bien admettre que, par delà sa faiblesse (le démon du jeu à l'origine de son drame), il se révèle sur le moment on ne peut plus LÂCHE !!! Il avouera sa faute (piteusement, estimera-t-on) avec des accents ... chrétiens ("Je suis un Misérable ... Je suis un Misérable" - OML, 44-IV-2 -) !!! Dans cette perspective "chrétienne", Hergé lui réserve un rachat d'espèce RÉDEMPTEUR quand, d'une part, il empêche Jorgen de procéder à un triple meurtre (et le tue involontairement dans la bagarre qui s'ensuit), et d'autre part, décide de faire le sacrifice de sa vie (donc, de se "racheter" à ses yeux et aux yeux de ceux qu'il a trahi) pour sauver ces derniers ...

"Rachat RÉDEMPTEUR" ... un SUICIDE ... ? En dépit de sa condamnation par la religion (pour qui le suicide est impardonnable et voue celui qui y recourt à la damnation puisqu'il témoigne de sa part d'un refus de l'Espérance donc, d'un péché contre l'Esprit), un tel geste, s'inscrivant dans le tragique fondamental d'un destin, peut parfois se justifier en tant que justifiant une vie, dépassant les limites "humaines trop humaines" de la matière et rejoignant l'Esprit ... Car c'est non seulement pour se racheter que Wolff se suicide ("Pardonnez-moi le mal que je vous ai fait" - OML, 55-I-3 -) mais aussi par une forme ... d'AMOUR que dévoile l'Espoir ("Moi parti, j'espère que vous aurez assez d'oxygène pour arriver vivants jusqu'à la terre) ... C'est que ... "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" - Jean 15 - 13 ... !!!

De ce sacrifice en forme de rachat et d'amour (deux vertus chrétiennes parmi les plus éminentes), Hergé, sous la pression de l’Église catholique, se sera laissé convaincre d'autoriser que subsiste un "espoir" ... IMPOSSIBLE !!! Tellement impossible même qu'il regrettera cette concession ... Il le dira à Numa Sadoul : "Il fallait sortir de cette impasse et j'ai fini par céder, et par écrire cette sottise : "Peut-être un miracle me permettra-t-il d'en réchapper. (…)" Il N'Y A PAS de miracle possible : Wolff est condamné sans appel, et il le sait mieux que quiconque." Ce, d'autant plus qu'ingénieur en physique et en astronautique, il est pleinement à même de mesurer le danger mortel que recèle une "sortie" dans l'Espace !!! A travers ce suicide, ne faut-il pas cependant reconnaître un aveu implicite et une sublimation par l'Art des angoisses qu' Hergé éprouvait lui-même au cours de ces années de grande fragilité psychologique ... ?

Que dire, au terme de ce développement, sinon prier le "lecteur" d'éprouver infiniment de PITIÉ (une vertu également chrétienne et cependant si méprisée !) pour Wolff, à la fois condamné ... et "sauvé" par son Destin ("Pas possible, il n'a pas donné l'alarme ... ! C'est le destin qui veut que je réussisse" - OML, 53-IV-3 -) ... !!! Car TOUS, nous avons nos propres faiblesses, nos propres manques, nos propres insuffisances ... nos propres LÂCHETÉS !!! Et nul ne peut-être certain qu'il serait capable d'accomplir le geste RÉDEMPTEUR de Wolff ...
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jacqueshervevendredi 20 décembre 2013 à 15:34
On notera une particularité quant à la tenue vestimentaire de Tintin, du Capitaine Haddock qui sont les seuls de l'équipage à ne pas gardé leur combinaison...depuis le retour du voyage dans l'espace....contrairement aux autres membres de l'équipage. Etait-ce un choix de Hergé pour mettre en valeur les deux personnages ? Nos deux amis trouvaient -ils leur combinaison inconfortable ?
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jacqueshervelundi 16 décembre 2013 à 23:09
On se demande ce qui se serait passé si Wolff ne s'était pas sacrifié en supposant qu'après la mort de Jorgen il serait arrivé sur terre avec nos amis. Craignait-il d'avoir affaire à Monsieur Baxter pour avoir trahi l'équipage ?
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