Les 7 Boules de cristal

Hippolyte Bergamotte, qui semble annoncer le Doktor Grossgrabenstein du "Mystère de la Grande Pyramide", montre à nos héros la momie de l'Inca Rascar Capac. Cette dernière vient d'être rapportée du Pérou : à chacun son Égypte, en somme.

"Les 7 Boules de cristal" page 28 A2

1re action : Le cadavre desséché de l'indien, qui est exposé dans une vitrine, a fait peur à Milou, ce qui a déclenché le rire du chercheur. Faut-il voir ici un signe au lecteur, habitué à voir la joie des personnages se transformer en déconvenue ? On sait d'expérience, en effet, que le malheur est la condition du récit d'aventures.

2e action : Le matériel iconographique associe à la momie de Rascar Capac un fragment de codex aztèque. Si, pour sa part, Hergé sait très bien faire la part des choses et rendre à César ce qui lui appartient, le dessinateur prend plaisir à faire mine de mêler ces témoignages de civilisations pré-colombiennes souvent prises l'une pour l'autre, c.à.d. confondues dans un même halo d'inquiétant mystère.

3e action : Symptomatiquement, dans Le Temple du Soleil ( p. 57, case 8 ), Tournesol, qui n'a pas "compris le film", tombe dans une approximation analogue à celle qui a peut être été la nôtre : "ces gens-là sont costumés comme des Aztèques, dirait-on... Ou plutôt, non, comme des Incas !"

4e action : La momie, les orbites creuses, génère de l'angoisse. Nous savons qu'elle n'est qu'une dépouille en position fœtale et, qu'à jamais immobile, celui qui fut "Celui-qui déchaîne-le-feu-du ciel" a rejoint l'éternité. Il n'empêche, Milou jette un œil suspicieux sur les restes de l'Inca. Est-il, à ce propos, exagéré de dire que la vitre, qui sépare le mort des vivants, apparaît soudain dangereusement fragile ?

5e action : La momie, dans sa cage de verre, illustre bien ce que peuvent être la confrontation entre deux mondes et le terrible malentendu, surtout (qui ne s'est jamais dissipé) entre l'Europe rationaliste et les Amérindiens. Ceux-ci n'ont pas oublié le génocide dont ils furent victimes, sans parler du saccage de leur culture. De ce point de vue, Rascar, plus qu'un objet exotique, préfigure ce que, depuis quelques années, on appelle le Retour de L'Indien.

6e action : Bergamotte est donc insouciant. Il a tort, cet anthropologue, qui devrait savoir que le domaine du sacré doit être tenu à bonne distance des profanes, et qu'il est des transgressions de frontières catastrophiques.

7e action : Hergé, qui a réfléchi sur cette magie particulière consistant à faire se rencontrer sur le papier des êtres participant de niveaux de réalité différents, nous prévient discrètement. Et nos héros, d'ailleurs, de signifier qu'il y va, ici, beaucoup plus que d'une curiosité. Voyez l'air stupéfait de Haddock et de Tournesol.

8e action : Au vrai, nous comprenons à mi-mots que le trait et la couleur, de chaque côté de la vitre, sont de nature identique ; que, dès lors, tout peut arriver.

Vos contributions (62) Contribuer
jacqueshervemercredi 31 juillet 2019 à 11:56
Concernant le ''look'' du capitaine Haddock on le retrouve un peu sur le professeur Smith/Müller page 37 de Tintin au pays de l'or noir quand il sort de l'entretien qu'il a eu avec l'Emir avec une cravache à la main et une tenue proche de celle du capitaine Haddock avec son pantalon spécifique et sa veste.

Quant à la garde robe du Capitaine, on retrouve certains vêtements dans l'Affaire Tournesol et Les bijoux de la Castafiore (ex : la tenue portée chez Mr Bergamotte hormis le monocle). Il en est de même pour le pyjama et son peignoir.

N'oublions pas qu'on note une tenue élégante dans d'autres récits comme dans l'Etoile mystérieuse le jour du départ de l'expédition et à l'inauguration de la salle de la Marine à la fin du Trésor de Rackham le Rouge.....sans oublier le passage où on vient d'enlever le plâtre au capitaine dans les bijoux de la Castafiore. Notons que face aux évolutions de mode on peut comprendre que la garde robe change.
nicnolmardi 30 juillet 2019 à 13:05
Notre ami "roumi" introduit une considération très intéressante, à laquelle, assurément, personne n'a jamais pensé, relativement à la loi du 30 mai 1892 sur l'hypnotisme, entrée en vigueur le 14 juin suivant, par laquelle tout spectacle utilisant l'hypnose est interdit et ... sévèrement sanctionné !!! L'article 1 de cette loi dispose en effet que :

"Quiconque aura donné en spectacle une personne hypnotisée par lui-même ou par autrui, sera puni d'un emprisonnement de quinze jours à six mois et d'une amende de vingt-six francs à mille francs."

"Quiconque" ... pronom relatif qui n'a pas d'antécédent et signifie « toute personne qui, qui que ce soit qui » ...

Dès lors, "roumi" estime en un clin d’œil malicieux que Hergé s'est mis ... "hors la loi" en créant dans "Les 7 boules de cristal" le personnage de "Ragdalam le fakir", hypnotiseur de son assistante, "Mme Yamilah", voyante extra lucide ...

Toutefois, l'article 2 § 1 et 2 de ladite loi, tel que rédigé, ouvre des "horizons" dérogatoires ... tout en préservant le ... "monopole" scientiste en le § 3 :

"Sera puni d'un emprisonnement de quinze jours à un an et d'une amende de vingt-six francs à mille francs, quiconque aura hypnotisé une personne n'ayant pas atteint l'âge de vingt et un ans accomplis ou n'étant pas saine d'esprit, s'il n'est docteur en médecine ou muni d'une autorisation du gouvernement.
L'autorisation ne sera valable que pour une année; elle sera révocable et pourra, toujours, être suspendue.
En cas de concours avec les infractions punies par les dispositions légales concernant l'art de guérir, la peine prononcée par le présent article sera seule appliquée."

S'agissant de cette situation ... "fictive" (par laquelle Hergé, à la suite de l'article du journal relatif au retour de l'expédition Sanders-Hardmuth et la prescience pessimiste de voisin de train de Tintin (7BC, page 1), introduit subtilement le premier élément de l'intrigue en la sinistre prédiction de la voyante touchant le cinéaste Clairmont *-7BC, 8-IV-4 et 9-I-2 -), convenons que "Mme Yamilah" a manifestement plus de 21 ans ... Elle se situe dès lors en dehors de "l'âge limite" ... D'autre part, on peut s'autoriser à penser que le fakir "Ragdalam" dispose de cette "autorisation" ... en tant que se prévalant publiquement de la reconnaissance officielle du "Maharadjah d'Hambalapur" l'ayant décoré de "l'ordre du Grand Naja rose" (7BC, 7-IV-2) ...

Maintenant ... pourquoi une telle mesure coercitive ... ? Il faudrait, pour y répondre, disposer des travaux préparatoires à cette loi mais on peut estimer qu'elle reflète l'esprit du préjugé scientiste de l'époque, alors tout puissant, à l'encontre de ce qui, pour tout scientiste, scientifique et "rationaliste" qui se respectait, relevait de la "superstition" et de "l'obscurantisme" ...

Hergé a pertinemment illustré ce préjugé (et, disons-le tout net, ce MEPRIS) de la "Science" à l'égard de tout ce qui était "mystérieux" et "inexplicable" (selon sa "Méthode" et ses "critères") en le personnage de "l'américaniste" Bergamotte, auteur d'un mémoire sur les sciences occultes de l'ancien Pérou (7BC, 30-I-3) donc, averti de la malédiction qui planait sur les Sept profanateurs mais, à ce point animé d'un "doute" ... scientiste qu'il l'aveuglera jusqu'au ... "Coup de foudre" fatal (7BC, 31-IV -1) ... Alors, les yeux enfin dessillés, il s'abimera dans une prostration catastrophiste (7BC, 32-I et II) anticipant les terribles effets de l'envoûtement dont lui et ses compagnons ne seront rachetés que par l'intercession de Tintin ... Soit, l'évidente dimension supérieure du Religieux et de l'Occulte sur le scientisme et le rationalisme !!!
+1
nicnollundi 22 juillet 2019 à 15:10
@jacquesherve : dans le très divertissant (et cependant fort bien conçu) "Colloque de Moulinsart" de Henry van Lierde et Gustave de Fontbare), nous trouvons les réflexions suivantes, relativement à la (très provisoire !) "métamorphose" de Haddock en châtelain/aristo de Moulinsart (p. 74 et 75) :

"Mais au début, dans "Les 7 Boules de cristal", çà lui va comme un pet" ... Ce capitaine, ce soiffard, ce patron-pêcheur, propriétaire d'un château ! C'est bizarre non ? Alors, pour donner le change, Haddock joue et se joue le personnage de châtelain. Il pète plus haut que son cul ...
Quand Tintin vient lui rendre visite, c'est tout juste si Haddock le reconnaît. Et Tintin en est tout interloqué. Haddock porte monocle et asservit Nestor. Pourtant quelque chose ne colle pas. Et la meilleure preuve, c'est, au début de l'album, sa chute de cheval. Haddock monte à cheval mais rentre à pied. On sent qu'Hergé cherche son personnage. Il serait même à deux doigts de le lâcher parce que tel quel il ne convient plus à Tintin. Haddock paralyse l'aventure. Seul un événement radical aura raison de la rigidité de son nouveau statut social : l'enlèvement de Tournesol par les Incas. Hergé alors s'y retrouve et rend à Haddock sa mobilité. En un clin d’œil, Haddock évacue sa garde-robe, quitte monocle, pantoufles, habit, chapeau, foulard, cravache, robe de chambre et veston de tweed pour endosser sa bonne vieille tenue de capitaine."

Dans une longue sous-section intitulée "Le travestissement" (p. 172 à 176) du chapitre "Le Temple du Soleil" en son livre "Les Métamorphoses de Tintin", Jean-Marie Apostolidès oppose les valeurs du "bâtard" (*) Haddock (dont il critique très justement et très sévèrement le comportement de "nouveau-riche" - ainsi, il donne du « mon cher » (7BC, 3-II-1) à celui qui l’a sauvé de la déchéance absolue du Karaboudjan - !) à celles de "l'enfant trouvé" (*) Tintin aux fins d'introduire l'opposition entre le "theatrum mundi" de la société occidentale dégénérée, pour qui tout est mesurable, et l'univers religieux, en le voyage initiatique et d'essence spirituelle que représentera la quête inlassable de Tournesol, enlevé par Chiquito/Huascar accomplissant la mission sacrée de la vengeance de l'Inca, par Tintin et Haddock (ce dernier, débarrassé de sa panoplie de faux aristo et retrouvant la "pureté" originelle de son "pull bleu marine" et son "uniforme de gros drap" !), tous deux effectuant "le chemin de retour jusqu'à l'univers religieux, pour saisir le secret de la vie et de la mort" ...

(*) concepts d'espèce psychanalytique essentiels de sa vision de l’œuvre d'Hergé que personnellement je ne partage pas !

Reconnaissons toutefois que, pour profondément irritante que soit l'attitude (*) du chatelain/aristo Haddock à l'égard de Tintin en leurs retrouvailles (comparons-là avec celle pleine de chaleur dans « Le Secret de la Licorne » - SDL, 5-II-2 - !), cela nous vaut ensuite la désopilante page 6 à la lecture de laquelle on ne peut se retenir de se bidoner intérieurement à la vision et à la lecture des HAHAHAHAHA ! HAHAHAHA ! HAHAHAHAHA ! ... HAHAHAHAHA ! HOHOHOHO ! HAHAHAHA ! ... HAHAHAHA ! HOHOHOHO ... HAHAHAHAHA ! d'un capitaine pleurant de rire à s'en tenir les côtes, se tapant sur le ventre et les cuisses ... et que suit une saisissante expectoration d'eau (dont écope Milou !) ponctuée par un "Mille millions de mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest" de la plus belle facture : c'est la SEULE fois de TOUS les albums qu'il apparaît !!!
On le reverra rire d'aussi bon cœur dans "Objectif Lune" à l'annonce des projets de Tournesol (OL, 9-III-3 et IV-1, 2, 3) ...

(*) elle sera incomparablement plus chaleureuse en 7BC, 26-I-1 …
+1
jacqueshervesamedi 6 juillet 2019 à 11:22
On appréciera l'idée de Hergé d'avoir créé un nouveau style pour le capitaine Haddock qui adopte un nouveau mode de vie avec des vêtements haut de gamme, les monocles, les séances d'équitation, la Lincoln sport et aussi des vêtements de luxe pour Nestor comme pour lui lors de la soirée au Music Hall Palace.

S'il fallait modifier en partie la page 54 on pourrait concevoir comme texte :

- puis-je prendre le volant svp Capitaine ?
- Non !
- vous avez abîmé une aile de carrosserie en manœuvrant chez Monsieur Bergamotte...et on résumerait grosso modo les raisons qui ont amené nos amis à se rendre à Saint-Nazaire.
jacqueshervelundi 3 juin 2019 à 21:42
Il est vrai que cet album soit très réussi en tout :

Un récit poignant, des décors très accrocheurs avec une météo instable mise en valeur de même que la saison.

J'aime beaucoup l'intelligence de Tintin suite à l'enlèvement du professeur Tournesol quand il est le premier à découvrir que les ravisseurs avaient changé de véhicule.
+1
paul2005dimanche 9 décembre 2018 à 17:27
C'est un de mes albums préfèrés !!!
J'adore ! À relire plusieurs fois...
+2
jacqueshervejeudi 4 janvier 2018 à 10:56
À digorgonzola : effectivement les autres membres de l'expédition Sanders Harmuth jouent un rôle assez effacé. Hergé dans les sept boules de cristal oublie aussi de dire que le professeur Cantoneau était présent dans une autre aventure : l'Etoile mystérieuse. Notons que seul personnage non inca à être complice identifié est le conducteur péruvien de l'auto beige qui avait pris le relais de l'Opel noire sans doute conduite par Chiquito. Notons qu'avant la mise en album ce personnage avait un nom Fernando Ramirez.

Remarquons aussi dans le récit un excellent travail au niveau des décors à partir de cet album et le fait que les membres de l'expédition Sanders Hardmuth comme les savants de l'Etoile Mystérieuse font partie des pays de l'Axe ou de stricte neutralité, le récit ayant été conçu sous l'Occupation allemande. Notons que le décor au music-hall a été très critiqué lors de la scéance de magie.

Quant au voyageur du train il est loin d'être un méchant et émet des propos très justes quant à l'attitude des sept savants.
+3
jacqueshervejeudi 4 janvier 2018 à 10:46
Je citerai pour la marque du chapeau de Lazlo carreidas une célèbre marque de conserve alimentaire spécialisée dans les potages et Rino Rossi dans le Trésor de Rackham le rouge en référence à un célèbre chanteur corse !
+2
campierrotmardi 22 août 2017 à 07:47
Une interrogation personnelle par rapport à des noms utilisés par Hergé pour ses personnages. Il raffolait des jeux de mots, l'utilisation du bruxellois dans certains albums, les noms de ses personnages (Haddock = aiglefin séché et fumé, Tournesol (chez qui cela tourne un peu dans la tête) Séraphin Lampion (qui était tout sauf un ange et tout sauf une lumière ) et d'autres (le sheik Bab el Ehr) etc....)
Le nom du général RAMON ZARATE , utilisé dans "Les 7 Boules de Cristal" sorti en 1948: n'est-il pas, pour Hergé qui raffolait des voitures de course,une transformation de "ratera Monza",car il n'appréciait pas le futur vainqueur du Grand Prix de Monza, désigné par toute la presse ?
Et le gorille RANCO (ou Ranko) , dans l'Ile noire, n'est-il pas, suivant la même technique, une déformation du mot "Coran" ?
En cherchant bien, vous, un grand spécialiste, Jacques Hervé, devriez en trouver d'autres.
Salutations.
+4
jacqueshervelundi 21 août 2017 à 23:15
Monsieur Bergamotte est l'ami d'enfance du pr Tournesol d'où son choix de mettre celui-ci en avant. Bien dommage que le pr Cantonneau déjà apparu dans l'Etoile mystérieuse ait encore un rôle effacé. Mais on voit qu'au téléphone il se souvient de Tintin. Autre davantage Hergé avait un peu mis en valeur : Marc Charlet et la décoration de sa salle de séjour faisant référence au Congo et qu'on pourrait aujourd'hui ne pas apprécier. On notera un air de Tintin avec sa culotte golf'
+2
digorgozolavendredi 14 juillet 2017 à 09:42
Bergamotte est l'un des seul de l'expédition Sanders-Hardmouth dont on voit la maison (ou le manoir). Mais remplacer l'américaniste Bergamotte par le professeur Cantonneau aurais peut-être été mieux, car on voit Paul Cantonneau dans 3 albums et Hergé aurait pu le mettre plus en valeur...

Au tout début de l'histoire, un monsieur dit a Tintin que tout se finira mal... Est-il neutre? Où méchant...
+3
nicnolmardi 27 juin 2017 à 17:37
Dans mon intervention du 12 octobre 2015 ayant pour objet le conflit fondamental entre les valeurs occidentales, d'espèce scientifiques, et celles, religieuses, de la société quechua repliée dans les montagnes du Pérou, je dénonçais sans ambages l'attitude rationaliste qu'il faut bien qualifier "d'obscurantiste" de Bergamotte, totalement fermé à tout ce qui ne relève pas de la "Science positive" ... Dans la version finale, publiée en 1948, nous le voyons accueillir de la sorte le questionnement de Tintin s'agissant du mystère des boules de cristal :

"Ce que j'en pense ? ... Pas grand'chose ... A vrai dire, j'ai rédigé un mémoire sur les sciences occultes de l'ancien Pérou qui semblent en jeu ici, mais je doute qu'il apporte une explication au mystère qui nous occupe ..." (7BC, 30-I-2 et 3).

"Pas grand'chose" ... "semblent"... "je doute" ... Soit, une exemplaire profession de foi scientiste dans l'expression de ce scepticisme !!! L'américaniste Bergamotte, pourtant "expert" en sciences humaines comme en langues anciennes de l'ancien Pérou (donc, averti de ses coutumes ET de ses traditions religieuses), mais imbu d'un "positivisme" issu en droite ligne d'un Auguste Comte ou d'un Claude Bernard, ne saurait pas même concevoir la possibilité, "l'hypothèse" (pour parler le langage de l'espèce) que l'occulte puisse effectivement ÊTRE "en jeu" !!!

Et cependant, dans la version originelle, la pensée de Bergamotte (donc d'Hergé) se situait à l'exact opposé de ce scientisme positiviste. Dans le strip du 05 avril 1944, il lui fait dire :

"Pour ma part, tout ce que je sais, je l'ai consigné dans un rapport que je termine en ce moment et qui contribuera, je pense, à élucider ce mystère" ...

Est-ce le summum d'HORREUR d'espèce scientifique perpétré à la fin de la Seconde guerre mondiale (les bombardements au phosphore et au napalm de Dresde et Tokyo ... les deux holocaustes atomiques d'Hiroshima et Nagasaki) qui ont déterminé Hergé à changer d'avis du tout au tout ... ? Faut-il estimer que dès lors, il s'est situé dans le même sillon de pensée qu'Albert Camus, un des rarissimes intellectuels à avoir osé dénoncer le bombardement atomique en son éditorial de "Combat" du 08 août 1945 (*) ?

(*) "La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques."

Quoiqu'il en soit, le moins que l'on puise dire et écrire est que le scepticisme de Bergamotte en la version finale de "Sept boules de cristal" "sonne" juste (ce n'est nullement un compliment !) de la part d'un scientifique !!!
+3
jacqueshervejeudi 18 mai 2017 à 21:02
On se demande comment Tintin à pu manoeuvré le véhicule du capitaine Haddock (Lincoln Zéphyr) avec les deux pneus éclatés ? Tintin n'aurait il pas changé une roue à l'avant pour pouvoir la placer au garage de la Villa du professeur Bergamotte sachant que la Lincoln est une propulsion ?
+2
jacqueshervejeudi 11 mai 2017 à 20:16
On se demande si le capitaine Haddock n'aurait pas vendu son cheval pour rembourser les dégâts causés au music Hall palace ! N'aurait il pas vendu sa belle tenue noire ?
+2
campierrotmardi 14 février 2017 à 09:04
j'ai fait une découverte étrange : dans les 7 Boules de Cristal on voit, à la page 48, Tintin prendre son petit déjeuner dans son appartement (album datant de 1948).
j'ai découvert le même dessin (l'original, identique) à la première page de l'Oreille Cassée (album qui date de 1937)
Pour la petite histoire, c’est la seule fois où Hergé a repris à l’identique (copie conforme) une de ses planches (première page de l’Oreille Cassée), dans les 7 Boules de Cristal. Autre chose bizarre, ces deux BD distantes de 11 années, démarrent chacune une aventure qui se passe en Amérique du Sud : l’Oreille Cassée qui se passe dans un pays imaginaire (le San Theodoros) et les 7 Boules de Cristal dont le premier tome démarre une aventure qui se passe au Pérou.
+3
campierrotmardi 14 février 2017 à 08:47
absolument exact. Christophe Colomb a vécu une éclipse totale à la Jamaïque lors de son 3ième voyage et c'est alors qu'il a vécu l'œuf qui tenait debout pendant la durée de l'éclipse. J'ai vécu la même expérience lors de l'éclipse totale que nous avons vécu en France en août 1999. Je me trouvais au Chemin des Dames avec des scientifiques et j'ai vécu le même phénomène en direct. C'était hallucinant.
Alors, l'œuf de Colomb et la vérité ?
+3
jacqueshervelundi 13 février 2017 à 15:01
L'erreur concernera l'éclipse car la trajectoire n'est pas celle qu'on peut observer dans l'hémisphère sud et les Incas étaient capables de prévoir le phénomène ! La scène de l'éclipse fait plutôt allusion à l'époque où Christophe Colomb découvrait la population du nouveau Monde qui n'était pas inca.
+2
campierrotmardi 7 février 2017 à 22:43
ce n'étaient certainement pas des écrits portugais, car ces derniers ne sont jamais allés au Pérou et je ne crois pas non plus aux Espagnols. Hergé a tout simplement mal été renseigné. Faire une erreur n'est pas un crime et ne remet pas en cause la qualité de son œuvre.
+3
jacqueshervemardi 7 février 2017 à 20:29
Magnifique la Villa du pr Bergamotte ! Je trouve cette partie très réussie et la présence d'un orage met bien le passage en valeur...un peu comme dans les dessins animés japonais.
+2
jacqueshervemardi 7 février 2017 à 20:26
En effet, l'écriture n'existait pas chez les Incas. Reste à savoir si les écrits n'étaient pas ceux des colons espagnols ou portugais.
+2
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