Le Trésor de Rackham le Rouge

Histoire

Dans Le Secret de La Licorne (1943) et Le Trésor de Rackham le Rouge (1944) qui en est la suite, Tintin accompagne le capitaine Haddock sur les traces de son glorieux ancêtre, le chevalier François de Hadoque. Inventeur d'un sous-marin de poche en forme de requin, un certain Tryphon Tournesol contribue à la découverte du trésor, avant d'offrir au Capitaine le château de ses aïeux : Moulinsart. Tintin, Haddock et les Dupondt s'embarquent, munis des parchemins laissés par l'illustre ancêtre du Capitaine, à la recherche du Trésor de Rackham Le Rouge. L'aventure n'ira pas sans aléas ni surprises, d'autant plus que le professeur Tournesol a présenté à Tintin et au Capitaine un nouvel appareil d'exploration sous-marine...

Un diptyque mythique

La double aventure du Secret de La Licorne et du Trésor de Rackham le Rouge reste l'une des préférées de la série.

Exotisme coloré, rebondissements, imprévus, idées neuves, gags très savoureux, nouveaux personnages et au final, nouvelle résidence pour la « famille » de Tintin !

Le petit nouveau - Tryphon Tournesol

Une entrée en matière aussi chaotique que les échanges verbaux qu'il aura avec le capitaine Haddock. Tryphon Tournesol ne serait-il qu'un joyeux farfelu ? La suite des événements nous prouvera le contraire et de page en page, on assistera à la mise en place d'une authentique personnalité, reconnue comme un expert scientifique de haut vol dans le monde entier.

D'un professeur à l'autre

Plusieurs figures emblématiques que l'on rencontre dans les aventures de Tintin sont inspirées par des personnalités ayant réellement existé. Le cas le plus célèbre est certainement celui de Tryphon Tournesol. Mis à part une sérieuse différence de taille, son modèle de référence est le professeur Auguste Piccard qui battra en 1953 les records de plongée avec son bathyscaphe.

Le prénom du petit savant barbichu est par contre emprunté à un menuisier de Boitsfort, localité habitée par Hergé dans les années quarante. Sa surdité aurait encore une autre origine : celle d'un employé du Vingtième Siècle , le quotidien où le dessinateur fit ses premières armes.

Une des préférées d'hergé

Encore une case muette, mais à propos de laquelle Hergé ne tarissait pas d'éloges. Elle faisait partie de ses vignettes préférées, celles qu'il estimait particulièrement réussies. Un dessin qui se voit investi d'une mission : celle de résumer dans un seul cadre trois moments récents de l'action, le mouillage du chalutier, la traversée en canot jusqu'au rivage et l'exploration des lieux.

La ligne d'horizon et le Sirius, le plan médian avec Tintin et les Dupondt et la bande de sable sur laquelle Haddock commence sa progression. Des bandes contrastées qui font référence à des événements différents. Tout ça dans un carré de quelques centimètres...

Vue panoramique

La largeur de la case est maximale, une option dictée par une raison toute simple : faire voir au lecteur la plus grande partie possible de cette île que nos héros s'apprêtent à explorer. La priorité absolue a été donnée au dessin.

Un château pour un marin

Soyons chauvins : si le nom de « Moulinsart » est issu des deux parties inversées du toponyme « Sart-Moulin » (hameau de la localité belge de Braine-L'Alleud, près de Waterloo), le château qui fait la fierté de ce charmant village de fiction n'est autre que celui de Cheverny, l'un des plus beaux châteaux de la Loire.

Toutefois, lorsqu'Hergé a dessiné la résidence du capitaine Haddock, il l'a amputée de ses deux ailes extérieures, ne gardant que la partie centrale du bâtiment. Que le meilleur ami de Tintin hérite d'une belle demeure était une chose, qu'il se retrouve le propriétaire d'une propriété aussi vaste que Cheverny lui parut excessif, voire déplacé.

Plein les oreilles - le perroquet bavard

À peine arrivés sur l' île, nos héros vont de surprise en surprise : butant d'abord sur les restes d'un canot enfoui dans le sable de la plage, ils découvrent bientôt des ossements humains et le totem du chevalier François de Hadoque, dans un environnement de forêt vierge à la végétation luxuriante, avec ses plantes gigantesques, ses impressionnantes lianes, ses herbes folles et son atmosphère oppressante.

Une jungle bruyante où résonnent les cris, les clameurs et les fureurs d'une nature en tous points extravagante. La version animée exploite généreusement cette ambiance : des perroquets multicolores insultent copieusement les visiteurs de passage. Leur répertoire est directement inspiré par celui de l'ancêtre du capitaine Haddock.

Que le grand cric me croque

En parlant du répertoire des anathèmes, une exclamation frappe plus l'imaginaire du lecteur à savoir que le grand cric me croque !

Cette exclamation du Chevalier de Hadoque avidement transmises de génération en génération de perroquets est une locution interjective voulant dire que je sois pendu ou que le diable m'emporte si... Cette locution témoigne de la richesse sonore des Aventures de Tintin.

Tout est bien qui finit bien - cas désespéré

Pauvre capitaine ! Le sourire et l'enthousiasme n'en viendront pas à bout, le problème auditif du professeur Tournesol est vraiment sérieux. Ni la périphrase ni l'augmentation du volume sonore n'auront raison d'oreilles aussi défaillantes.

Du noir et blanc à la couleur

La prépublication de l'album Le Trésor de Rackham le Rouge est réalisée sous forme de strips en noir et blanc parus dans le journal Le Soir. Au total cent quatre-vingt-trois strips seront prépubliés.

Hergé lui-même les découpe et les colle sur un cahier pour se constituer un « album » personnel qui lui servira pour le découpage de l'album couleur publié en 1944. Il coupe certaines cases, étoffe de nombreux décors, corrige les dialogues et édulcore certains phylactères qui paraissent trop populaires à ses yeux.

Vos contributions (41) Contribuer
capitaine67vendredi 25 novembre 2016 à 00:57
Mon préféré, je l' ai lu tellement souvent.
cordeilloudimanche 4 septembre 2016 à 13:37
C'est un pur bonheur pour moi de relire ce livre qui est un de mes préférés
claudeomarilundi 15 août 2016 à 11:49
Un must, toujours un immense bonheur à relire
capitaine67lundi 22 février 2016 à 02:55
J'adore ce livre je ne peux m'en passer
+4
nicnoldimanche 26 juillet 2015 à 15:32
D’entrée d’album, Hergé, en contrepoint d’une énième utilisation du comique haddockien, administre de manière savante deux discrets et apparemment anodins coups de patte exprimant en substance deux antipathies voire même deux aversions personnelles :

1° une GENIALE contrepèterie en cette quasi homonymie entre Tino Rossi et l’annonce d’un certain "Rino Tossi" tenant le rôle de Boris Godounov (allusion à l'opéra "Boris Godounov" de Modeste Moussorgski), mentionné ironiquement par le biais d'une publicité affichée sur une colonne Morris ... En fait, ladite affiche figurant en biais, n'est offerte qu'à la vue du SEUL lecteur (TRR, 2-II-3 et III-1, 2), l'attention du capitaine étant tellement absorbé par l’article du journal (on apprend en 2-IV-2 qu’il s’agit de l’annonce de l’expédition) qu’il s’en va heurter de plein fouet la colonne … significativement UNE case après la présentation de la contrepèterie. L'expression du comique hergéen se continue alors, en forme de "point d'orgue", par le choc émotionnel répondant au choc physique éprouvé : la lecture du slogan publicitaire "Les informations de la Dépêche sont des informations qui frappent" ... Convocation et expression de deux formes d'humour hergéen (direct - La Dépêche" - et indirect - "Rino Tossi" -), le second anticipant et contrepointant le premier !!!

Le burlesque convoqué par cette contrepèterie est TRIPLE :

a) en la différence, fondamentale, existant, artistiquement parlant, entre ce prétendu "Rino Tossi", artiste lyrique de son état, et Tino Rossi, "chanteur de charme" qui, certes, ne devait pas son succès à la puissance de son organe (c'est plus que jamais le cas de nos jours, pour des milliers de pseudo "artistes", "Stars" dérisoires aux "voix" fluettes ou éraillées et qui ne seraient RIEN si leurs ... "prestations" n'étaient répercutées par de formidables moyens électroniques d'amplification !) ;
b) en la tessiture des voix (basse profonde pour le supposé "Rino Tossi" et ténor très léger pour Tino Rossi) ;
c) en le contraste suggéré par la voix "chaude", méditerranéenne, de Tino Rossi et, en dépit d'un patronyme à consonance italienne, ce "Rino Tossi" censé assumer le rôle terriblement exigeant de Boris Godounov, nécessitant une sonorité et une couleur de "basse russe" ;

Cette mécanique du burlesque hergéen pourrait bien signifier une allusion secrète au peu de cas que faisait Hergé (à l'instar de Montherlant parlant, dans son article "L'équinoxe de Septembre", d'une "France rendue à la belote et à Tino Rossi" après "Munich 1938") pour le "chanteur de charme" en question ...

2° en contrebas de cette colonne Morris figure la TRÈS CLAIRE allusion en forme de clin d’œil "négatif" (elle aussi adressé au SEUL lecteur) au narcissisme et à la mégalomanie de Sacha Guitry (auteur d’une célèbre "profession de foi" : Si les gens qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d'eux, ils en diraient deux fois plus"), soit :

l'affiche en forme de vraie-fausse réclame au "Théâtre des Galeries" de Bruxelles d'une pièce intitulée "MOI" (en très GROS caractères) surmontant la triple mention du nom du célèbre auteur de théâtre et de cinéma. C'est que, outre que Hergé, si attentif à la création cinématographique, ne pouvait ignorer que les détracteurs de Sacha Guitry l'avaient impitoyablement affublé du sobriquet "Monsieur MOÂ, il semble bien qu'un antagonisme et une détestation certains aient opposé ces deux créateurs ... Le "piquant" du fait est que Sacha Guitry réalisera le film "Donne-moi tes yeux", sorti à Paris le 24 novembre 1943, quelques mois après la publication, le mardi 23 février 1943, du 4ème des 183 strips de "Le Trésor de Rackham le Rouge" (paru dans "Le Soir", du 19 février au 23 septembre 1943) ayant pour objet ces ANTI publicités ...
nicnolmardi 23 juin 2015 à 12:14
Tintin et Haddock, partis à la recherche du trésor de Rackham le Rouge là où, à l’expérience et au final, il s’avérera qu’il ne se trouve pas …Comment se justifie cet apparent illogisme ... hormis le fait qu'il fournisse le thème d'un album parmi les plus poétiques de ce cycle du refuge de l'artiste et créateur Hergé durant la Seconde guerre mondiale (à moins que de se porter "volontaire" à se retrouver dans un camp de concentration, il ne pouvait montrer Tintin, à la suite des albums "politiques" évoquant métaphoriquement la montée du nazisme, entrant dans la Résistance !) ?!!! Car enfin, comment expliquer le fait que pas une fois, Hergé ne nous présente les deux héros s’avisant que très logiquement, très ... "normalement", le chevalier de Hadoque dut mettre à profit la mort du chef des pirates (SDL, 25-III-1 et 2) et le fait que ces derniers s'enivrassent "abominablement" (SDL, 22-III-1, 2, 3 et 25-IV-3) pour emporter avec lui le trésor de Rackham (dont les fameux diamants exhibés en SDL, 21-IV-3) qui devaient, lui et eux, se trouver dans sa propre cabine que le chef des flibustiers s’était assurément appropriée ...

Hergé (par le biais du chevalier) s’y est pris de telle façon que, manifestement, il a tout fait pour semer les fausses pistes où sont entraînés ses héros (et les justifier scénaristiquement) … La prise de connaissance au premier degré du texte des parchemins et surtout des chiffres et signes va les conduire sur la fausse piste du déplacement vers l’île (qui ne sera certes pas celle "au trésor" saluée comme telle par Haddock - TRR, 24-II-3 -) … Aveuglés (c'est le cas de le dire !) par la première phrase - "Car c'est de la lumière que viendra la lumière" -, la superposition des trois parchemins devant une lampe (SDL, 61-II-3) leur révélant l'endroit "géographique" exact où la LICORNE a été sabordée (SDL, 61-III), outre qu’elle les induira en une première erreur, celle du calcul de longitude par méconnaissance du méridien de Paris pris bien évidemment comme méridien d'origine par le chevalier, serviteur d'un monarque français (TRR, 23-IV-2), concourra à ce qu’ils négligent l’énigme fondamentale enclose en la seconde phrase - "Et resplendira la Croix de l'Aigle" (qui leur fera commettre une nouvelle erreur en le second et INUTILE déplacement sur l'île - TRR, p. 50 à 54 -) !!!

Car, de cette seconde phrase sciemment divisée en deux membres, la césure opérée offre à la vue immédiate des deux héros (et des lecteurs !) les fameux chiffres de latitude et de longitude et concourt dès lors à ce que soit négligée cette énigmatique et pourtant si essentielle référence à la "Croix de l’Aigle" (Tintin l’avait constaté : "la suite est moins claire" - SDL, 27-II-3 et III-1 -) soit, Saint Jean l’Evangéliste, l’Aigle de Patmos, auteur de deux écrits ésotériques aussi fondamentaux du Nouveau Testament que sont le 4ème Evangile et l’Apocalypse … Saint Jean l’Evangéliste, signifié par le signe, lui-même ésotérique, du Scorpion, significateur des richesses secrètes MAIS AUSSI spirituelles que symbolise l’aigle, animal emblématique supérieur dont l’envol l’arrache à la matière …

L’odyssée en mer des Antilles, occupant pas moins des deux tiers de l’album (TRR, p. 13 à 55), représente, à partir d’une épreuve d’espèce initiatique (la vaine quête du trésor sur les lieux du naufrage de LA LICORNE), l’expression d’un rite de passage, d’une purification rachetant … l’origine triplement ignoble, triplement sanglante du trésor … Acquis illégitimement par les Espagnols au prix du travail (et du sang !) des Amérindiens, volé par Rackham lors de l’attaque d’un vaisseau espagnol que l’on devine sans peine avoir été sans pitié, il a finalement été escamoté par le chevalier de Hadoque (qui, symboliquement, a "vengé" les Amérindiens en tuant un Espagnol, "Diego le Navarrais" - SDL, 20-I et II -, le "fidèle lieutenant" de Rackham : il en ricane dans sa barbe ! - SDL, 21-III-2 - ), procédant au passage à une double exécution : le chef des pirates d’abord (au cours d’un duel sans merci, la légitime défense, manifeste, revenant au chevalier), l’équipage de forbans ensuite, déjà réduit de moitié par sa main lors de l’assaut de LA LICORNE (SDL, 21-III-2) et voué sans appel à la mort !!! Duel et exécution relèvent d’une double ordalie médiévale : à chaque fois, "le Jugement de Dieu" est invoqué par "l’Ange exterminateur-chevalier" en guise de justification : "Et voilà ! … Dieu lui pardonne tous ses crimes …" et "Justice est faite" - SDL, 25-III-2 et 26-II-1 -) …
+1
nicnolmercredi 3 juin 2015 à 12:51
Je me suis longtemps demandé ce que pouvait bien signifier cette obnubilation de Tournesol relativement à sa certitude - "LA LICORNE ne se trouve pas ici, hélas" - que suit la "démonstration" radiesthésique faite devant un Haddock médusé et sceptique (TRR, 38-IV et 39-I) et que concentre la locution répétitive : "A L’OUEST" ... Participait-elle seulement au comique hergéen touchant à la figure, pour le moins originale, de ce nouveau venu dans la saga tintinienne ou dissimulait-elle quelque ressort secret participant au scénario de l’album ?

Pauvre Tournesol ! Car enfin, l’ERREUR où le fourvoie sa conviction d’espèce scientifique est, sitôt formulée (et confirmée : "L'ouest ... Toujours l'ouest ..." TRR, 39-II-2 -), démontrée "matériellement" par Tintin : "Oui, j'ai découvert LA LICORNE !" (TRR, 39-II-3) !!! Dès lors, que valent (pour Haddock comme pous nous, lecteurs) les étonnements de Tryphon - "Puisque LA LICORNE ne se trouve pas ici, pourquoi Tintin est-il descendu ?" (TRR, 41-II-2) - et les oscillations de son pendule d'est en ouest ? Son assurance ne saurait désormais plus rencontrer aucun écho favorable (si jamais il y en eut, d’ailleurs) …

Cette "profession de foi" tournesolienne reviendra à quatre reprises (41-II-2 - 51-IV-3 - 52-III-1 - 55-III-1) ... Tellement même que, exaspéré, le capitaine passera (à ses dépens !) sa "rage" sur un cocotier (53-III et IV) et finira par lui administrer la PREUVE "de visu" que l'épave de LA LICORNE était bel et bien "LA" en le mettant face à la figure de proue du vaisseau ramenée à la surface : "Et çà, hein ? ... Et çà ? ... C'est sans doute la figure de proue du TITANIC" (TRR, 55-III-3) !!! Dès lors, Tournesol ne comprend plus (et nous non plus !) : "Ma parole c'est une licorne ! ... Mais alors, mon pendule, qui indiquait l'ouest ? ... C'est extraordinaire ..." (TRR, 55-IV-1) ...

Le mystère paraît devoir demeurer entier tout en fin d'album quand Tournesol, ayant de lui-même trouvé le trésor par le biais du pendule (TRR, 61-IV-2), rappelle à un Haddock rayonnant, présidant la réception inaugurale de la "Salle de Marine" : "C'est ce que j'ai toujours dit : à l'ouest" (TRR, 62-I) ... Pourtant, Moulinsart (et le trésor) se situent … "à l’est" de l'épave de LA LICORNE … Du reste, un proverbe chinois, absolument logique en l'espèce, assure sentencieusement que : “Si tu vas trop à l’ouest, tu te retrouveras à l’est” !!!

L'explication se trouve dans une des significations de cette expression "être à l'ouest" soit :

"Être déphasé.
Avoir la tête ailleurs, présenter un manque d’attention anormal et se tromper.
Être dans un état excessif de fatigue."

La "réputation" première de "rêveur", d’éternel étourdi de Tournesol, cette obnubilation, ont concourru grâce à Hergé, à populariser l’expression “être à l’ouest” pour désigner quelqu’un qui, non seulement a "la tête ailleurs" mais ... est “à côté de la plaque” !!!

Mais est-ce vraiment certain dans le cas du professeur … ? Car si Tournesol, s'agissant de la situation de LA LICORNE, était, de fait, "à côté de la plaque", Tintin et Haddock ne l’étaient pas moins quand ils s’acharnaient à chercher un trésor … là où il ne se trouvait pas !!! Néanmoins, leur quête, de plus en plus désespérée, leur aura permis de ramener du fond des eaux le coffret révélant la donation de Moulinsart, "château de mes ancêtres" (TRR, 58-I-3) dira Haddock ... Découverte essentielle qui s'avérera décisive pour la découverte du trésor !!! La SEULE erreur de Tryphon relève du fait qu'ayant mal apprécié les signaux que lui renvoyaient son pendule, il en a interprété erronément, "en scientifique" (c’est-à-dire en homme qui ne croit que ce qu’il voit) la symbolique de leur signification : en fait, les oscillations de son pendule lui révélaient à la fois l’ERREUR fondamentale de ses compagnons relativement à la situation du trésor ET sa VRAIE situation, à "l’ouest occulte" signifié dans les parchemins du chevalier de Hadoque par cette allusion mystérieuse à la "croix de l’Aigle" … si longtemps incomprise par Tintin et Haddock !!!

Il convient en effet de savoir que Saint Jean l’Evangéliste, "l’Aigle de Patmos", cette île grecque de l'archipel du Dodécanèse, lieu d’exil et de déportation où lui fut révélé (c’est le cas de le dire !) "l’Apocalypse", et toujours représenté pour la cause accompagné d’un aigle, relève, dans la symbolique astrologique, du signe du Scorpion gouvernant (entre "mille" autres significations et symboles) l’ésotérisme, l’aigle (un des animaux emblématiques du signe) et exprimant … "l’ouest" de la roue zodiacale (très exactement, "l’ouest-sud-ouest") !!!

Hergé avait-il quelque connaissance de la symbolique astrologique ? Une de "clés" de son thème est signifiée par la conjonction Soleil-Pluton (ce dernier, maître par domicile du signe du Scorpion) en Gémeaux (les écrits et les dessins) de laquelle relèvent pleinement les deux phrases énigmatiques des parchemins : "Car c’est de la lumière que viendra la lumière. Et resplendira la Croix de l’Aigle" …

Il reste que l’"obnubilation" tournesolienne, relevant pleinement de l’humour hergéen touchant au personnage nouvellement créé de Tournesol, ridicule et déphasé en apparence, se situant dans la suite des savants maladivement "distraits" voire déments, apparaît dès lors aussi plus que jamais comme un moyen employé par Hergé de "brouiller les pistes" !!! Tendance qui ne fera que s’accentuer dans les deux albums suivants ("Les Sept boules de cristal" et "Le Temple du Soleil") exprimant plus encore le conflit et l’incompatibilité entre le rationalisme (les sept savants violant le sacré) et l’ésotérisme (le Sacré enclos en le Temple perpétuant le culte du Soleil) !!!
+2
capitaine67samedi 28 février 2015 à 01:37
l' album que j' ai lu le plus souvent, j' adore l' eau et je fais de la plongé sous marine , voila le lien
+1
nicnolmardi 23 décembre 2014 à 14:24
S'agissant de l'incommunicabilité entre un Haddock tonitruant et Tournesol emmuré dans sa surdité (bien qu'il ne cesse de prétendre, en dépit de l'évidence, n'être que "dur d'une oreille"), voici le commentaire de Jean-Marie Apostolidès dans "Les Métamorphoses de Tintin" :

" ... la surdité du professeur fait en sorte que la communication ne fonctionne que dans un seul sens, du Père au fils. Ainsi, une fois encore, Archibald ne peut jamais répliquer, même lorsqu'il s'époumone. Avec Tournesol, la voix formidable de Haddock est frappée d'impuissance. Pis, il est condamné à demeurer l'écho du Père, sa répétition. Très souvent, le capitaine formule une remarque que Tournesol ne saisit pas. Cinq secondes après, le professeur fait la même remarque, ce qui enlève au marin toute originalité, toute personnalité. Son invention verbale est réduite à rien, il est toujours le perroquet de l'autre. Pour se défendre de ce symptôme de répétition, Haddock tourne en dérision les propos de Tournesol. Il pousse l'écholalie jusqu'à l'excès, afin d'en amoindrir le danger par un phénomène d'inflation :

Tournesol : Vous voyez ? ... C'est bien ce que je vous disais ... Des algues ...
Haddock : Ah tiens ? ... Je croyais que c'était des algues ... (TRR, 38-II-3)"

L'écholalie trouve son accomplissement - si l'on peut dire - dans "l'inflation" finale de l'aphorisme "tout est bien qui finit bien" (TRR, 62-I,II et III) par laquelle, décidément, Tournesol ôte toute originalité à ce pauvre Archibald qui s'est efforcé - et pour une fois, patiemment - de se faire comprendre !!! Si elle participe pleinement à la technique humoristique hergéenne, cette écholalie a un nom : la FOLIE, ainsi que se le sont avisés Henry van Lierde et Gustave du Fontbare dans "Le Colloque de Moulinsart" :

"C'est sur un énorme malentendu que commence la relation de Tournesol avec Haddock et Tintin dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Tintin et Haddock ont beau lui dire : "Votre appareil ne nous intéresse pas" (TRR, 8-IV-3 - 9-I-1 - 11-IV-2 et "culminant" en 12-II-2), Tournesol n'en démord pas. Plus ils persistent dans leur résistance, plus Tournesol est convaincu de leur accord. Ceci appelle une remarque. La surdité de Tournesol n'est que l'expression d'une incompréhension pathologique. Sa surdité est le symptôme de sa folie. Si Tournesol était seulement sourd, les mimiques de Tintin et surtout celles de Haddock qui sont très expressives, devraient le mettre sur la piste des sentiments éprouvés par ses interlocuteurs. Or celles-là non plus il ne les comprend pas. Non seulement les mots et le sens des mots lui échappent mais aussi la gestuelle qui soutient le discours. Tournesol pratique une dangereuse inversion. La colère pour lui signifie l'enthousiasme, l'agacement, l'intérêt, le refus, l’acquiescement. On est en plein délire d'interprétation." (p. 105-106).

On retrouve la même communication à "sens unique", le même symptôme de démence dans "Les 7 Boules de Cristal", quand Tournesol fait la lecture d'un article à un Haddock qui vient précisément de s'efforcer d'y initier le professeur !!! Et l'expression renfrognée du capitaine en dit alors long sur son agacement (7BC, 25-II-1,2,3 et 25-III-1,2) !!!

A ce propos, il convient cependant de noter la TOUTE PREMIERE manifestation d'irritabilité chez le professeur ! On la trouve dans le strip du 18 mars 1944 (non reprise - et c'est fort dommage ! - dans l'album) : alors que le capitaine l'écoute, agacé, sans piper mot, Tournesol lève soudainement la tête du journal et, sourcils froncés (des gouttelettes soulignant l'événement l'encadrent), lance à un Haddock interloqué, en guise d'avertissement :

"Oui, mais si vous m'interrompez à tout instant, je vous préviens que je ne continue plus ..." !!!

Dieu sait de quelle acouphène ou de quelle hallucination auditive procède ce mouvement d'humeur inattendu ... lors que, dans le moment suivant, il n'entend nullement le tintement de sonnerie à la porte d'entrée du château !!! Faut-il dès lors déduire une secrète angoisse de la part d'Hergé dans son élimination de la version finale ... ?

Toutefois, Jean-Marie Apostolidès est dans le vrai quand il ajoute :

"Les manifestations fréquentes d'énervement chez le capitaine ne doivent pas tromper sur les sentiments qu'il porte à Tournesol, il l'aime profondément, au point de retomber dans la dépression lorsque le savant est enlevé par les Indiens, dans l'aventure des Sept boules."
+1
nico87samedi 1 novembre 2014 à 08:14
Il ya vraimant rien a craindre a aller sous leau avec le soumarim requin
ainghamdimanche 12 octobre 2014 à 16:31
Brilliant.

Can we also have it in English please?
charlesvonsvendredi 12 septembre 2014 à 19:36
Tordant : attitude de prière -Capitaine qu'est-ce que cela signifie ?
-chhhhhhut. (recueillement)
-Cela signifie, messieurs que selon vos calculs, nous sommes actuellement dans la basilique Saint Pierre à Rome ! XD
chigirldimanche 31 août 2014 à 13:06
Je ne me lasse jamais de lire et relire les livres de Tintin :)
+1
peacocksamedi 10 mai 2014 à 07:04
Petite erreur : ce n'est pas sur l'île, mais dans l'épave (au fond de la mer) que le capitaine découvre des vieilles bouteilles de rhum.
Il sera beaucoup pardonné à l'auteur de ce quiz ... ;-)
cptcavernelundi 17 mars 2014 à 09:43
mes albums preferes
tintin07parilundi 23 décembre 2013 à 11:21
super
degimbedoriamardi 26 novembre 2013 à 22:19
J'adore les livres Tintins ainsi que celui de le Licorne !!!!!!!!
michkesamedi 16 novembre 2013 à 06:49
J,adore le duo Capitaine HAddock et Tournesol.
Sans oublier les 2 Dupond.
+1
jacqueshervelundi 14 octobre 2013 à 00:46
Un sous marin qui aura un second rôle dans le film d'animation "Le Lac aux Requins".
+1
guydayensamedi 14 septembre 2013 à 05:43
Un des meilleurs albums de Tintin, et une des aventures les mieux réalisées. Le sous-marin de Tournesol restera toujours une des ses inventions les plus époustouflantes.

Il existe même une très belle maquette de Tintin assis au commande du sous-matin requin, accompagné par son fidèle Milou. Une joie pour un Tintinophile comme moi !
+1
Choisissez un pseudo
Entrez votre email
Entrez un mot de passe
Choisissez un pseudo entre 5 et 12 caratères.
Valider mon inscription
Dans quelques secondes vous allez recevoir un email de confirmation.
 
Vous pouvez dès à présent vous connecter avec vos identifiants.

OK