L'Étoile mystérieuse
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jacqueshervemercredi 5 septembre 2018 à 16:16
À noter que Mr Blumenstein Bohlwinkel fait penser à Rastapopoulos et au personnage de maître Barrow, le méchant homme de loi et notaire dans la série japonaise Princesse Sarah épisodes 11 - 12 et 19. On remarquera que Rastapopoulos dans Coke en stock prend un peu le look de Monsieur Bohlwinkel.
jacqueshervemardi 4 septembre 2018 à 11:59
Concernant les savants du FERS on remarquera des savants de stricte neutralité. On se demande que viennent il faire avec ceux des pays de l'axe dont un Allemand ? Il me semble que l'Allemagne se méfiait des savants issus de pays de stricte neutralité.

Notons que parmi les savants il n'y a aucun Italien et ni de Japonais ce qui aurait accentué la notion de pays de l'axe.

N'oublions pas le choix d'un modèle allemand pour l'hydravion : l'Arado 196 qui malgré le lieu de conception fit partie des meilleurs appareils en service à l'époque avec sa belle baie vitrée. Ce choix très controversé aujourd'hui était justifié en raison de la parution de l'album en 1942 sous l'occupation allemande.

Quant à considérer les adversaires comme des méchants on remarquera page 47 l'intervention du capitaine du Peary en faveur de Tintin empêchant un de ses hommes d'abattre le jeune reporter.

On se demande ce qui se serait passé si les hommes du Peary avaient pris malgré tout un bloc de calystene ou s'il y avait eu une micro particule de l'aerolythe tombée dans leur barque ou incrustée sous les semelles de leurs chaussures.

On appréciera :

- la mise en valeur de l'intrigue par un ciel noir étoilé,

- l'architecture de l'observatoire

- le personnage de Philipulus

- le statut de capitaine responsable pour Haddock

- la gourmandise sans limites de Milou

- les décors lorsque Tintin séjourne sur l'aerolythe où les couleurs des pommiers et celles des champignons contrastent avec un décor sobre des zones polaires

.... sans oublier le chef de la ligue des marins antialcooliques qui se fait trahir par une livraison de whisky même si celui-ci n'est plus celui du crabe aux pinces d'or.
nicnolvendredi 24 août 2018 à 16:53
Il semble qu’on ne se soit jamais avisé que « L’Etoile mystérieuse », album si souvent décrié en tant que censé administrer LA "preuve" des "liaisons dangereuses" de Hergé avec la "Kollaboration", pourrait bien receler une très secrète, très ... "mystérieuse" et d’autant plus géniale dénonciation du nazisme suggéré métaphoriquement par … « l’ARAIGNEE » … Considérons en effet que son symbolisme a été très tôt associé au nazisme : ainsi, François Mauriac, stigmatisant dès 1941 l'attitude du maréchal Pétain et des Français qui acceptent de collaborer avec l'ennemi, compare la "croix gammée" nazie à "une araignée repue, gonflée de sang" (in "Le cahier Noir", publié en 1943 sous le pseudonyme « Forez », p. 364). Aussi, Michel Angebert, notant dans son "Eros en chemise brune" - Tome 2 - "Hitler prédateur" que, "sous son aspect maléfique, de couleur noire, la croix gammée est semblable à une araignée vénéneuse au centre de sa toile, occupée à ligoter ses proies dans ses filets mortels". De par son symbolisme, la "croix gammée revêt une signification absolument négative et, par sa noirceur, ressemble à une araignée dont les pattes s’étendent pour tisser une toile emprisonnant l’Allemagne dans un piège mortel". De cette perspective arachnéenne, rappelons-nous qu’en allemand le svastika se dit "Kakenkreuz" ou "croix à crochets" …

A trois reprises, en un crescendo d’effrayeur, Tintin est confronté à cette "expérience" arachnéenne … en singulière synergie avec "l’Etoile" à ce point "mystérieuse" que le fait même ne paraît avoir questionné les commentateurs que dans la limite de la présence du seul "calystène", cette métaphore des recherches atomiques auxquels se livraient savants au service du judéo-étatsunisme et savants allemands au service du nazisme :

1° la première fois (EM, 4-II-3), elle est vécue comme une vision d’épouvante (c’est la première et seule manifestation d’arachnophobie de la part de Tintin qu’à la différence de Milou, on le croyait prémuni), à ce point même que, paraissant symbiotique avec l’Etoile ("En tout cas, c’est une araignée ! … Brrr … Quel monstre ! Et çà voyage en plein ciel ! …"), il semble bien plus traumatisé par les dimensions monstrueuses de l’arachnide que par l’imminence de la catastrophe stellaire avant que de réaliser que cette apparition résulte de la présence d’une petite araignée commune et inoffensive grossie démesurément par la lentille du télescope. Ayant fui l’objectif, l’Etoile paraît alors dans toute sa dimension menaçante (EM, 5-II-3) … Répandant sur Terre une "obscure clarté" (Jean-Marie Apostolidès), elle sera bientôt qualifiée de "Maudite Etoile" (EM, 7-III-2), sa chaleur, épouvantant les rats, faisant faire s’éclater les pneus, fondre l’asphalte et sortir les humains dans les rues, anticipant les chaudrons incandescents de plus de 1.000 ° C résultant des bombardements incendiaires (voir mon commentaire du 02 juillet 2015 …) ;

2° le second "face-à-face", d’espèce onirique, résulte à la fois de la toute récente expérience traumatisante et la confrontation avec "Philippulus le Prophète", qui a couvert de malédictions le "valet de Satan"/Tintin avant de s’en faire copieusement compisser. Cette fois, la perspective apocalyptique de l’Etoile déclamée par le "Prophète" se cristallise dans l’araignée géante considérée comme "châtiment" … manière pour Hergé d’acter définitivement, par dérision ou par bravade, sa rupture avec Philippe Gérard, cet ancien camarade du scoutisme qui l’a violemment accusé de complaisance avec l’Occupant et menacé de représailles "quand le temps serait venu" ! Ce rêve - ce cauchemar, plutôt - détient une valeur prémonitoire qui se réalisera à son heure … dans l’album comme dans la vie d’Hergé ;

3° cette "heure", dans l’Aventure en cours, advient quand la confusion et/ou le délire onirique se muent en réalité : isolé sur l’aérolite, ce morceau d’Etoile ayant chu dans l’océan Arctique, Tintin se trouve aux prises avec une araignée échappée de la boîte à biscuit et dont le gigantisme monstrueux résulte, comme du papillon et des pommiers, des effets inconnus du "calystène" … Il ne devra son salut qu’à la chute d’une énorme pomme, écrasant providentiellement le monstre qui allait le dévorer … A nouveau, le double maléfice de l’araignée et de l’Etoile, étroitement associés, sont mis en évidence aux dépens du héros …

Cette case EM, 4-II-3 où l’ARAIGNEE, apparaissant à ce point dans toute l'épouvante de son expression qu'elle "épouvante" Tintin lui-même et épousant le cercle de l’Etoile, le tout sur fond de ciel NOIR … inscrit en filigrane l’emblème du nazisme dans toute sa "noirceur". Ainsi s’explique l’insistance de l’utilisation, apparemment puérile et à ce point "enfantine" que psychiatres et psychanalystes n’ont pas manqué de s’en emparer pour dénoncer la "Mauvaise Mère" et/ou la "peur" de la "castration", de cette "petite araignée de rien du tout … qui leur fait si peur" dont se rit Milou avant qu’il ne se trouve lui-même "nez à nez" en présence de l’épeire (EM, 5-I- 3 et 4) …

Quant à "l’ETOILE" elle-même, à ce point en synergie avec l'ARAIGNEE, considérons le fait qu'ayant "délégué" sur Terre l’aérolite ayant provoqué le tremblement de terre, le lieu de la chute de ce dernier se soit situé dans l’océan arctique ... très proche du Pôle Nord symboliquement associé au mythe des Hyperboréens ayant résidé en une île appelé "Thulé" dont le mythe a été utilisé (et détourné) par les nazis pour exalter la supériorité des races nordiques aryennes qui en seraient les héritières … Tel auteur a estimé que, par la "victoire" de Tintin sur le Peary, si manifestement étatsunien en la version originale de 1942, Hergé avait mis "les Etats-Unis (*) en échec de débarquement". Dans la mesure où, cet album prétendument favorable au nazisme fourmille de symboles exprimant le contraire, que l’aérolite finisse englouti dans les flots de l’océan arctique relativise fortement cette prétendue "victoire" (en péril, Tintin manque d’y laisser la vie !) et pourrait au contraire exprimer l'Espoir que périra pareillement le nazisme … Ce d'autant plus que l'emblème du "Fonds Européen de Recherche Scientifique (F.E.R.S), de couleur verte, celle, liturgique, de l'Espérance, est RIEN MOINS qu'associé au nazisme !!!

(*) rappelons que Hergé n'a pas attendu le nazisme, l'Occupation et la "Kollaboration" pour dénoncer en les Etats-Unis, le prétendu "pays de la Liberté" : ses lectures (Georges Duhamel ... "Le Crapouillot") l'ont à ce point édifié relativement à l'inhumanité du "Système" étatsunien qu'elles lui ont inspiré "Tintin en Amérique", DIX ans avant "L'Etoile mystérieuse" ...
jacqueshervelundi 13 août 2018 à 19:29
On se demande si les auteurs italiens de BD Disney des années cinquante n'auraient pas lu Hergé vu qu'on note quelques ressemblances au niveau scénario des BD de Mickey dont le récit Mickey et le Dingo Tarzan (Topolino e il Pippotarzan 1957 publié en France en septembre 1980 dans un Mickey Parade). Si le minerai à des propriétés explosives on note aussi dans la BD de Mickey un métal étrange.
nicnolmercredi 10 janvier 2018 à 15:11
QUI est VRAIMENT "Philippulus le Prophète" ... ? Le "double de Calys" (Jean-Marie Apostolidès) que la découverte conjointe de "l'Etoile" a précipité dans la démence (tel, jadis, le professeur Siclone dont la folie latente a été hâtée par l'administration du "poison qui rend fou") ... ? "Une des plus hautes figures paranoïaques de la BD franco-belge" ... le "scientifique repenti" (Albert Algoud) dont le délire théomaniaque (*) conduit à "se référer si fortement au divin" (Ibid) que, basculant dans la démence, il s'oppose au "rationnel" Calys si inconsciemment imbu de lui-même qu'il se réjouit de sa toute prochaine "célébrité" ... laquelle se confondrait avec la Fin du Monde ... ? L'équivalent bruxellois de "Merlin l'Enchanteur" ou de "Nostradamus" (dont le nom rime avec Philippulus)" (Pierre-Louis Augereau) clamant des "prophéties" d'Apocalypse ... ? Anticipe-t-il, en son délire catastrophiste, "les militants de l'écologie radicale ... secrètement ravis à l'idée de démontrer les catastrophes à venir" (Luc Ferry) ... ?

(*) il est le SEUL savant créé par Hergé à "dépouiller le vieil homme au sens littéral du mot" (Jean-Marie Apostolidès ...

Il apparaît que, possiblement écho du désarroi éprouvé par Hergé confronté à la démence de sa mère, le savant fou a SURTOUT été prétexte à brocarder un ancien camarade du scoutisme, Philippe Gérard (*) (d'où le patronyme "Philippulus"), lequel, au cours d'une violente dispute devant témoins, le 30 juin 1941 (*), reprochera à Hergé son attitude jugée "accommodante" avec l'Occupant allemand et le menaçant de "représailles" ... "quand le temps serait venu" ... La rupture sera définitive après un échange épistolaire les 02 et 05 juillet : les deux anciens amis ne se reverront jamais ...

(*) il convient de noter que ce Philippe Gérard, ayant "prédit" la future gloire de Hergé dans un article dithyrambique, avait participé à la conception première de l'intrigue du "Sceptre d'Ottokar" (il était notamment question de "Syldurie", d'un certain "prince Karramelovitch (!) exilé en Bordurie, revendiquant le trône "syldure" et d'un métal appelé "Kalistène") ...
(*) "L’Étoile mystérieuse" paraîtra dans "Le Soir" à partir du 20 octobre suivant ...

Personnellement, je verrais aussi, en la sinistre logorrhée du pseudo "prophète" et les "malédictions" dont, prenant la foule pour témoin, il agonit littéralement Tintin, cet "envoyé du Diable !", ce "suppôt de Satan !", cet "infâme serviteur de Belzébuth !" '(EM, 8-I-2), outre une traduction de cette violente dispute, une secrète, très subtile (et très critique !) dénonciation, par le prétendu "collaborateur" Hergé, du ... maréchal Pétain (prénommé lui aussi Philippe !), en les sévères "leçons" de "père" qu'il adressait aux Français soumis quotidiennement à l'éreintement de la "douche écossaise" ... Ainsi du discours du 25 juin 1940 où il dénonçait les "paroles trompeuses", les "mensonges qui (...) ont fait tant de mal" et condamnait les "relâchements" et "l'esprit de jouissance" qui ont conduit la France à son désastre ... Ainsi aussi des termes de celui du 30 octobre 1940 par lequel il annonçait l'adoption de la politique de collaboration ... Je ne sache point qu'à la même époque, le roi Léopold III, s'étant constitué prisonnier à la suite de la bataille de la Lys (décampant vers Dunkerque, les Britanniques ont abandonné l'armée belge) et que, par delà la "Question royale", Hergé a toujours admiré, adoptait pareille attitude ...

Maintenant, que l'intrigue originale de "L'Etoile mystérieuse" soit teintée d'anti américanisme ne me gène nullement : Hergé, édifié par ses lectures du "Crapouillot" (le "Médiapart" de l'époque mais en incomparablement plus cultivé et savant !), avait déjà dénoncé dans "Tintin en Amérique" les fausses valeurs émanant des Etats-Unis, le capitalisme sauvage, le racisme éhonté du prétendu "pays de la liberté" auxquels participaient maints banquiers et financiers juifs sans scrupules ... Le moins que l'on puisse dire est que ce que nous voyons des Etats-Unis d'à présent donne raison à un Hergé décidément visionnaire !!!
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nicnolmercredi 10 janvier 2018 à 10:06
@campierrot et springbok : on doit considérer le geste, à priori anodin, de Tintin, étanchant la soif de ce pauvre Milou ... comme celle de "cette malheureuse petite fleur ... toute fanée" (EM, 8-III-1) comme la symbolisation que, malgré la menace d'une "FIN du MONDE" (EM, 8-III-2) apparemment toute proche, la Vie (règne animal comme règne végétal) est supposée devoir malgré tout se continuer !!!

De même apparaît "positivement" vivant .... "positivement" de "l'ordre terrestre" ... apparemment menacé de définitive extinction, le fait que, poursuivi par les "malédictions" du "prophète" Philippulus ("DONG DONG" ... "Va chez le Prince des Ténèbres, ton maître ..." - EM, 8-III-3 et 4 -), Tintin le compisse superbement (EM, 8-IV-1) en lui versant sur la tête le reste de la cruche d'eau !!!

En seulement CINQ vignettes, Hergé exprime positivement (Milou - la plante) et négativement ("l'outrage" fait au pseudo "prophète" !) que la VIE qui NE DOIT PAS s'éteindre ...
campierrotmercredi 27 décembre 2017 à 06:05
merci Springbok pour votre réponse très satisfaisante
springbokmardi 26 décembre 2017 à 14:43
En réponse à campierrot :

Juste avant que l'aérolithe ne percute la terre, les températures augmentent considérablement avec de nombreux effets visibles (goudron qui fond, pneus qui éclatent, rats qui quittent les égouts...). En rentrant chez lui, Tintin sert de l'eau à un Milou assoiffé à l'aide de cette grande cruche.
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tara093lundi 10 juillet 2017 à 21:08
trop bien!
jacqueshervemardi 4 octobre 2016 à 20:58
C'est bien dommage que Hergé n'ait pas rendu plus présents les autres savants dont deux ressemblant à Auguste Picard que sont le Suédois et le Portugais. Cependant je trouve au niveau des vignettes un travail très réussi, que ce soit la première page dont les magnifiques cases mettant en valeur la nuit étoilée, le dessin de l'observatoire, le mal de mer du côté des savants ou le séjour de Tintin dur l'aerolithe avec les changements de décors où les pommiers colorés apportent de la couleur contrastant avec le décor des régions polaires. Hergé brosse en plus dans cet album un portrait assez audacieux de Milou qui provoquera la colère du cuisinier Van Damme puis celle du Capitaine Haddock qui après être privé de garniture pour la choucroute se voit plus tard privé de spaghettis.
campierrotmercredi 7 septembre 2016 à 09:04
merci pour la représentation de l'appartement de Tintin au 26 rue du Labrador, méconnu. Je me demande ce que peut bien faire cette grande cruche à eau située près de la fenêtre. Quelqu'un aurait-il une idée ? Merci.
ivannalundi 4 juillet 2016 à 23:03
Toujours plaisant de lire vos textes, on découvre des choses, merci :) .
nicnolmercredi 30 décembre 2015 à 17:15
On sait qu'Hergé, à ce point sévère avec lui-même que, pratiquant l'auto-critique, il se censurait impitoyablement, s'est particulièrement félicité de la valeur de deux dessins :

1° dans "Le crabe aux pinces d'or" , en la case CPO, 38-I-2, véritable condensé de la décomposition d'un mouvement d'espèce cinématographique concentré dans une seule image fixe ... Apparemment "interpellés" par l'inexorable avancée d'un Haddock fou de rage, chaque Beraber abandonne sa position de tir, du premier pillard, à gauche, paraissant interloqué à celui, tout à droite, déjà en pleine fuite !!! Image d'espèce filmique que sonorise la bordée d'insultes du capitaine (c'est la première fois mais certes pas la dernière !) emplissant le ciel . Le comique de la scène, on ne l'apprend qu'ensuite : ce n'est pas le capitaine qui a provoqué la fuite des Berabers mais ... l'arrivée de la patrouille du lieutenant Delcourt ;

2° dans "Le trésor de Rackham le Rouge" (en la case TRR, 25-I-1), celui de même espèce cinématographique (on sait qu'Hergé a été très tôt un passionné du cinéma, alors muet), où, sur fond du cargo Sirius au mouillage, deux moments d'action sont concentrés dans un même espace temporel : d'une part, Haddock, prenant pied sur "l'île au trésor" quelques 250 années après son ancêtre, s'avance "en explorateur", de l'autre, Tintin et les Dupont joignant leurs forces pour tirer le canot à terre ...

Personnellement, j'ajouterai la TRES BELLE case remplissant tout le bas de la page 20 de "Coke en Stock", où l'on voit, sur fond de ciel, Tintin, Haddock et Milou, fuyant clandestinement les lieux du DC3 qui a fait explosion, longeant les rivages de la mer Rouge au sein de l'univers hostile du "Djebel Kadheih" où ils avaient été promis à la mort par les sbires de "Mull Pacha" alias le Dr Müller ...

Comment ne pas être saisi également d'admiration devant le même effet "cinématographique" appliqué à la bande dessinée dans "L'Etoile mystérieuse", en la scène du mal de mer s'emparant progressivement des savants de l'expédition du F.E.R.S. en train de déjeuner d'une choucroute (un met dont, le moins que l'on puisse dire, est qu'il est par nature très pesant) "non garnie" (Milou a commis son premier larcin de l'album en "s'appropriant" les saucisses - EM, 23-II-3 et IV-2 -) ?!!!

Cette fois, il ne s'agit pas de la concentration en UNE SEULE case mais d'un authentique "déroulé cinématographique" que double une technique visuelle par laquelle Hergé semble vouloir "initier" ses lecteurs aux effets de la montée de la naupathie :

a) d'une part, en la partie supérieure de la première bande, quatre cases développent le tangage de "l'Aurore" (mouvement d'oscillation d'avant en arrière et vice-versa) ...
b) de l'autre, cinq images inscrivant les "effets" du tangage sur chaque savant : regards qui louchent, teint de plus en plus verdâtre avec, en guise de "suggestion", spirales de vertige et "gouttelettes" d'émotion, le lecteur continuant pour sa part à percevoir "en arrière-plan", sur les boiseries, les mêmes effets de tangage du navire (EM, 24-I-a et b) !!!

Le résultat, en forme de "synthèse de "a" et "b", c'est la sortie des malheureux savants déjà bien mal en point (EM, 24-II-1) ...

Scène à ce point "réaliste" que l'on peut s'autoriser à se demander si Hergé n'en a pas lui-même fait quelque jour l'expérience ...

Le comique réside, là aussi immédiatement, à la vue de Tintin et Haddock continuant leur repas sans aucune gène, comme si de rien n'était : "Dans quelques jours, ils seront habitués ..." assure un Haddock hilare (EM, 24-II-2) ... Comique que renforcera par la suite la bordée d'un paquet de mer que Calys se prend en plein visage en ouvrant le hublot de sa cabine - "un peu d'air frais nous ferait tant de bien" ... - lors que Cantonneau, dans la couchette du dessous, est tellement malade qu'il en appelle à la mort (!) ... (EM, 26-II-1 et 3) !!! C'est que la tempête s'est aggravée, tangage et roulis se succédant à un point tel que même Tintin, sauvant Milou en passe d'être aspiré hors du bateau, en est effrayé ... "Un simple coup de tabac", assure Haddock qui, "dieu Neptune" à la barre du navire (qui "tient admirablement la mer" - texte du strip du 31 décembre 1941 -), se retrouve dans SON élément - EM, p. 25 - (combien elle est "loin" l'épave humaine rongée d'alcool, proche de la crise de delirium, que nous avions sous les yeux dans l'album précédent) !!!

Je n'invite personne à trop fixer son attention sur ces cases "naupathiques" ... On ne sait jamais !!!
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jacqueshervesamedi 11 juillet 2015 à 19:16
On remarquera dans la première mise en couleur lors de la première apparition du navire Aurore un arrière plan grisâtre (page 14 troisième strip avant refonte des couleurs dans les années 50
+1
jacqueshervesamedi 11 juillet 2015 à 19:13
On se demande comment les choses se seraient passées si les hommes du Peary avaient pris un peu de Calystène malgré le drapeau du FERS déjà planté au sommet de l'aérolithe ! Ils auraient eu certainement une bonne surprise !

Notons que dans la rubrique on met en avant la référence à Auguste Piccard à travers le savant suédois . Or il y a aussi le savant portugais qui ressemble au savant suédois , à Auguste Piccard et ...au professeur Tournesol !!!
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nicnoljeudi 2 juillet 2015 à 17:04
@marcchalet et jacquesherve : cet homme représenté, habillé de manière sinon élégante, du moins soignée (à la différence des autres témoins, tirés de leurs lits - voire de leur sommeil - ou noctambules plus ou moins dépenaillés -, par la chaleur extrême dégagée par l'approche de l'étoile), figurant à l'extrême gauche de la vignette EM, 7-III-3, est manifestement Hergé lui-même dont on sait quel soin il avait de sa personne, ainsi que l’attestent maints témoignages ... C’était déjà lui, en authentiquement élégant cette fois (le contexte est évidemment fondamentalement différent que ayant pour cadre cette nuit de Terreur), qui figurait, "d’entrée de jeu", "d’aventure" et de la "saga de Tintin", sur la toute première vignette de "Tintin au Congo" …

Cette manifestation d'angoisse sous les espèces cumulées d'une chaleur de plus en plus insupportable et de la lugubre clarté dispensée par "l'Etoile" ("prélude à l’Apocalypse", écrit Jean-Marie Apostolidès), éclaire d’un "jour" nouveau - si l’on peut dire ! - cette GENIALE métaphore hergéenne exactement contemporaine aux recherches technico-scientifiques alors en cours en Grande Bretagne et aux Etats-Unis aux fins de l'acquisition de la "maîtrise du ciel" par l'aviation de chasse et - SURTOUT ! - de bombardement, appelée à devenir "stratégique" ... en les premiers MASSACRES de populations civiles des premiers raids de la future stratégie de TERREUR !!!

"L'Etoile mystérieuse" dont la publication originale en scripts dans "Le Soir" s'étend du 20 octobre 1941 au 22 mai 1942, suggère métaphoriquement en son début la MORT fondant du ciel sur les cités humaines ... Stratégie initiée NON PAS (comme on le croit toujours) par les Allemands en Espagne (1936), les Italiens en Ethiopie (1935) ou les Japonais en Chine (1937) mais ... par les Anglais (déjà "inventeurs" des "camps de concentration" durant la guerre des Boers), à la "faveur" de la guerre civile russe (1917-1922) ce, DES septembre 1918 à Obozerskaïa, près d’Arkhangelsk puis, le 27 août 1919, à Yemtsa et en d’autres localités contrôlées par les "Rouges", en des bombardements au gaz de combat à base d'adamsite !!! Le fait, inconnu des "masses", est, bien évidemment, soigneusement caché par l’historiquement "correct" ... C'est que, son initiateur enthousiaste n'était autre que ... Winston CHURCHILL lui-même ainsi que le PROUVE la référence suivante :

www.courrierinternational.com/.../quand-winston-churchill-approuvait-les-gaz-de-combat.

Catastrophe pressentie, par delà Guernica, par le "Blitz" en 1940 mais dont Hergé, en ces premières pages de "L’Etoile Mystérieuse", anticipe les effets DECUPLES, à partir de 1942, par la stratégie britannique du "Moral Bombing", par de saisissantes analogies :

a) chaleur de fournaise, fuite des rats s'évadant de leurs abris ... soit ces caves emplies de dizaines de milliers de civils qui, menacés d'asphyxie, sont contraints d'en sortir pour ... se trouver en proie à la lutte pour la vie au sein de la fournaise d’un océan de flammes : le "choix" entre mourir ASPHYXIES ou BRÛLES VIFS !!!
b) les rues se liquéfiant (Milou, paralysé, est secouru par Tintin qui s’y embourbe lui-même,
- "Maudite Etoile" lance-t-il significativement ! -) ... soit le goudron enflammé des rues coulant jusque dans les précaires abris où se terrent les civils ou, PIRE, transformant en TORCHES VIVANTES tout qui, fuyant ces "abris", s'y est aventuré ... ;
c) tremblement de terre ... destruction des canalisations ... soit, l'anticipation de multiples bâtiments s'effondrant et l'action des bombes à retardement interdisant au personnel de la "Défense civile" de procéder à l'annihilation des premiers incendies ...

Catastrophe pressentie et, devenue réalité à partir du bombardement de Lübeck (28 mars 1942, un dimanche des Rameaux !) et de Cologne ("Opération Millenium", dans la nuit du 30 au 31 mai 1942, huit jours après l'achèvement de "l'Etoile mystérieuse" !), culminant en les Tempêtes de feu de Hambourg (juillet 1943), de Dresde (13 et 14 février 1945) ou de Tokyo (09 et 10 mars 1945), autant de nuits d’abomination que surpasseront les raids atomiques, d’Hiroshima et de Nagasaki, les Américains, pseudo "libérateurs", pseudo dispensateurs de la "démocratie", étant à ce jour les seuls à n’avoir pas craint de faire fondre le Feu du Ciel (de l’Enfer, plutôt !) sur la Terre !!!

Dans "L'Etoile mystérieuse", la catastrophe n’aura pas lieu, les sinistres prophéties du "prophète" Philippulus étant renvoyées, ainsi que le célèbre un Tintin enthousiaste, à "une date ultérieure" … C’est que l’album, en son développement, entend surtout suggérer en une énième métaphore les recherches sur la fission de l’atome tant chez les Alliés que chez les Allemands qu'illustre la compétition que se livrent l’équipe composée significativement de savants européens et celle du "Peary", missionnée, en la version originelle, par les Etats-Unis, et que Hergé DEVRA "neutraliser" après 1945 du fait du "verdict" de l'Histoire …

A l'écoute de "voix" intérieures, l'Artiste, s'il a du GENIE, a le privilège d'anticiper son Temps ... C'est ce que Hergé a fait dans "L'Etoile mystérieuse", surpassant en cela en dimension tragique comme en anticipation, "Le Lotus bleu" et "Le Sceptre d'Ottokar" !!!
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jacqueshervelundi 8 juin 2015 à 13:13
Une note précédente indique la présence, page 7 image 9, de Hergé lui-même. Cela reste à prouver, le personnage le plus à gauche en chemise, portant une cravate rouge et rayée, est de tous les personnages dessinées ici celui qui pourrait le plus évoquer l'auteur, mais il ne faut pas vouloir le reconnaître trop vite, non ?===> Et pourtant il s'agit bien de l'auteur . La case fut agrandie et Hergé avait profité du remaniement pour se représenter parmi les gens qui observent l'arrivée de la météorite. On retrouve d'ailleurs Hergé dans une des cases du Musée Ethnographique dans l'Oreille Cassée près des sculptures polychromes. Hergé apparaît aussi dans Tintin au Congo, dans le Sceptre d'Ottokar (éditions couleurs) et dans l'Affaire Tournesol.
+1
jacqueshervelundi 11 mai 2015 à 00:36
Notons que Mr Blumenstein / Bohlwinkel sera puni aux USA / à Sao Rico et non pas par les européens. On peut supposer à part un certain Douglas et Mr Bohlwinkel que les membres de l'expédition ne souhaitaient pas recourir à la violence. On se demande si les hommes du Peary n'auraient pas emporté avec eux quelques fragments de Calystène même en ayant perdu la partie.
+1
marcchaletlundi 2 mars 2015 à 14:54
Une note précédente indique la présence, page 7 image 9, de Hergé lui-même. Cela reste à prouver, le personnage le plus à gauche en chemise, portant une cravate rouge et rayée, est de tous les personnages dessinées ici celui qui pourrait le plus évoquer l'auteur, mais il ne faut pas vouloir le reconnaître trop vite, non ?
En revanche, remarquons, page 2, comment le concierge, en claquant la porte de l'Observatoire au nez du jeune reporter et sur le derrière de Milou, réussit à modifier la graphie de la plaque ! En effet, à l'image 6 on lit "Observatoire" (minuscules italiques) puis, à l'image 12 "OBSERVATOIRE" (majuscules droites). On se saura jamais l'effet du second claquement de porte à l'image finale, ni comment le concierge chauve a réintégré sa loge. Car il est toujours là, le lendemain, toujours aussi grognon et impuissant, voir page 10 (il ouvre au cinquième coup de sonnette) et page 13 (il ouvre au troisième coup ; un petit tortillon de célérité accompagne son pied gauche, le bonhomme s'active !).
nicnolmardi 23 décembre 2014 à 16:12
Dans la première conception (parue en strips dans "Le Soir" du 20 octobre 1941 au 22 mai 1942), Hergé, lecteur assidu du "Crapouillot", condamnant sans ambages le capitalisme sauvage (déjà stigmatisé dans "Tintin en Amérique" et "Les Cigares du Pharaon"), élève "L'Etoile mystérieuse" à la dimension de l'allégorie politique, exprimant ce dont il était alors question (par delà la lutte à MORT opposant le nazisme à l'alliance contre-nature entre les "démocraties" occidentales et l'URSS communiste) : le conflit entre les valeurs européennes traditionnelles et l'alliance (et les intérêts !) judéo-anglo-américains. Rien que la réussite de cette traduction allégorique fait de "L'Etoile mystérieuse" un CHEF d'OEUVRE !!!

Aux savants européens animés par un idéal commun désintéressé de l'expédition "l'Aurore" financée par le "Fonds européen de recherche scientifique", s'opposent depuis New York, cette citadelle du capitalisme, la figure crapuleuse du banquier juif Blumenstein, quintessence du capitalisme étatsunien, propriétaire de la banque finançant l'expédition rivale du "Peary" (du nom de l'explorateur américain qui aurait le premier atteint le Pôle Nord (*) ), son secrétaire Johnson et toute une anti hiérarchie d'hommes de mains à leur solde (le dynamiteur de "l'Aurore" ... l'équipage du "Kentucky Star", navire pirate missionné pour éperonner "l'Aurore" ... Smith, l'Agent Général pour l'Islande de la "Golden Oil", propriété de la banque Blumenstein, exerçant le monopole de la livraison des carburants en Islande et tous ses subordonnés incarnés par ... le préposé, à Akureyri, arguant très maladroitement d'une prétendue carence de réserve de mazout). L'enjeu ? La recherche (et la conquête) du "calystène", métaphore des travaux atomiques auxquels se livraient, à l'époque de la composition de l'album, savants allemands et américains, évoquant immanquablement, en les propriétés explosives du "nouveau métal" découvert par le professeur Calys , la fission atomique et, dans le raccourcissement du Temps et de l'Espace sur l'aérolite, la relativité d'Einstein ... Quête d'espèce manichéenne clairement exprimée par le fait que le camp du Bien, incarné par l'équipe de savants de nationalité belge, suédoise, suisse, allemande, espagnole et portugaise, est rehaussé par la présence de Tintin et du capitaine Haddock !!!

(*) en fait, il semble bien que NI lui NI son rival Cook n'aient JAMAIS atteint le Pôle EXACT ...

Allégorie et manichéisme qui furent considéré à la "Libération" comme on ne peut plus "suspects" ... attendu le verdict politico-militaire de 1945 déterminant un nouveau "sens de l'Histoire" absolvant en quelque sorte le ... "Système Blumenstein" !!! Attitude perdurant de nos jours (*) en des avatars d'espèce ne craignant pas l'anachronisme !!! D'où ... la refonte "obligée" de l'album, qui, dépolitisée, si elle respecte la même unité européenne, anonymise le camp adverse : New-York se transforme en l'imaginaire "Sao Rico", "Blumenstein" devient "Bohlwinkel" ("boutique de confiserie" en langage marollien mais, ô ironie !, relevant cependant encore d'un patronyme israélite) tandis que le pavillon étatsunien de l'expédition Peary, se mue en un emblème on ne peut plus respectablement "neutre" ...

(*) un article du "Figaro" en date du 09 décembre 2014 titre "Raciste, antisémite, sexiste : Tintin sur le banc des accusés" tandis que le même jour, "Egalité & Réconciliation" dénonce les Inquisiteurs du "CRAN" accusant "Tintin" de "raciste", "toxique" et "subtilement négationniste" !!!

Cette "dépolitisation" ne saurait faire disparaître la réalité du conflit sous-jacent, objet de la démonstration originelle : Hergé l'exprime encore dans l'interview avec Numa Sadoul : une "rivalité pour le progrès entre l'Europe et les États-Unis" !!! Et il n'est que de considérer la forme que prend l'Union Européenne actuelle, devenue l'humble auxiliaire (et la complice !) des Etats-Unis jusque dans une politique sanctionniste violant le Droit International et les lois du Commerce mondial (politique qui ne nuit qu'à elle-même) pour se dire que, décidément, Hergé avait pleinement raison de dénoncer véhémentement, à travers le "capitalisme sauvage" incarné par le banquier Blumenstein, l'impérialisme judéo-américain ...
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